RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4.1
(10 votes)
Embarqué par la police, Krug voit ses deux acolytes Francis et Sadie lui venir en aide : un véritable carnage nocturne. Les tueurs repartent alors, tous parqués dans un motel de la région. Attirées par la promesse de drogue, Marie et sa copine Paige auront la mauvaise surprise de constater que le petit dealer avec qui elles partagent un après-midi est le fils du terrible Krug : cernées, les deux adolescentes deviennent de la viande pour animaux sauvages. Et c'est parti pour un tour en forêt..



On ne peut pas dire que l'annonce du remake du film de Craven ai vraiment bouleversé le quotidien des cinéphages : malgré quelques bonnes surprises dans le sillon des remakes, le projet parrainé par papy Craven (dont la carrière doublonne sérieux sur les écrans actuels !) semblait s'apparenter vaguement à un dtv sans envergure, tombant alors pile dans un revival torture/vengeance. Pas vraiment séduisant donc...



On gardait du film original une œuvre à la fois imparfaite et sordide, pas tout à fait révolutionnaire puisque puisant son inspiration dans La source de Bergman, et en même temps dévastatrice dans son propos et son concept, repris par la suite jusqu'à la nausée dans des productions arrivant parfois à le dépasser d'une tête ou deux (quite à être franc !). En puisant dans les tréfonds de l'âme humaine, en renversant les barrières, Craven comblait les lacunes d'une réalisation amatrice et parfois maladroite (l'humour volontaire en particulier) : il est donc clair qu'Iliadis ne bouleverse pas la donne, surtout pour un film terriblement ancré dans le malaise de son époque. Mais ça ne l'empêche en aucun cas de signer, à la surprise générale, un calque assez convaincant !



Les personnages n'ont pas bougé, ni la structure générale (enfin presque...) : on pourrait avoir peur de s'ennuyer, emporté par la routine d'un sous-genre quasiment usé jusqu'à la corde. Même si cette dernière maison sur la gauche là n'a pas la rugosité snuff de son prédécesseur, elle dévoile pas mal d'éléments inattendus...
Le Craven garde pour lui ses oripeaux trash (les humiliations sexuelles, la torture au couteau, la castration buccale, la tronçonneuse), Iliadis brodant alors une brutalité parfois supérieure à l'opus original : si elle n'est pas vraiment gore (en a t-elle besoin ?), la version 2009 sait taquiner le spectateur avec sa violence tendance radicale, comme avec le calvaire vécu par Francis (nez cassé maintes fois, coup de bouteille, mains broyées, noyade...ça ne rigole pas !). Et le sérieux de l'entreprise contribue largement à la bonne impression générale.



Pas vraiment attiré par les sirènes du racolage facile, Dennis Iliadis cède quelques fois à la tentation élégiaque lorsque le personnage de la douce Marie entre en contact avec l'eau (la piscine, puis le fameux lac), symbole ultime de sa survie (une concession faite vis à vis du film de Craven). Quant au score de John Murphy, il a clairement quelque chose de magique. Vraiment étonnant.
Pas de mauvaise surprise non plus pour le casting : face aux "bons", Krug, Francis et Sadie sont aussi impitoyables que dans l'original (et Junior davantage inoffensif) ; Garret Dillahunt compose d'ailleurs un Krug bien plus ténébreux, terrifiant et imposant que l'original, loin du loubard rigolard et sadique du film de Craven.
Un bien beau remake certes, mais une conclusion ruinant quelque peu les efforts mis en place : dans un ultime sursaut, Iliadis se vautre dans tout ce qu'il a pu éviter en terme graphique et scénaristique. Selon le bonhomme en personne, la scène fut conservée pour sa bonne réception côté public. Bon ben, merci les bouffeurs de pop-corn...








Du même réalisateur :