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Quand il arrive dans une ferme, le révérend Cotton Marcus s’attend à réaliser un simple exorcisme sur un fanatique religieux troublé. Cependant, il est contacté en dernier recours pour aider une adolescente, Nell, possédée par un démon. En arrivant à la ferme, l’exorciste se rend vite compte que rien n’aurait pu le préparer au mal qu’il va affronter alors qu’il s’apprête à filmer un documentaire avec toute une équipe de tournage. Il est cependant trop tard pour faire marche arrière, les croyances du révérend seront ébranlées quand lui et son équipe devront trouver un moyen de sauver Nell ainsi qu’eux même avant qu’il ne soit trop tard...



Le diable peut être représenté de manières différentes selon chacun. Une bête à cornes pour les croyants, Tokyo Hotel pour les fans de rock, le Rock pour Christine Boutin, Christine Boutin pour les hétéros et l’eau pour les alcooliques. Même les religions n’arrivent pas à se mettre d’accord sur son apparence, sa couleur, son nombre de piercings ou carrément sur son nom. Comme une stripteaseuse hongroise de 17 ans, satan possède énormément de pseudos : Lucifer, Azazel, Mastéma, Le Maufé ou encore Iblis.

Bref, vous l’aurez compris, représenter l’ennemi public numéro 1 depuis en gros 3000 ans, bravo la police, n’est pas une chose vraiment facile. De plus, va trouver un acteur avec une queue pointue… C’est pourquoi au cinéma on préfère le représenter sous d’autres formes, pas la queue, satan. Dans "Amityville 4", il apparaît en objet du quotidien : Lucifer est une lampe halogène, un des seuls rôles qui l’a vraiment mis en lumière. L’autre aspect que prend le Diable dans les films, c’est celui d’une petite fille, peut-être par orientation sexuelle, par désir de se sentir femme ou parce qu’une petite fille possédée c’est assez inquiétant, voire totalement flippant, en plus, les filles ça donne des maladies. C’est sous cette forme là que satan a décroché le rôle dans Le Dernier Exorcisme.



Alors évidemment, dès qu’on voit le mot exorcisme dans un titre ou même dans un pitch de film, on ne peut pas s’empêcher de dire : "Tiens encore un réalisateur qui a été traumatisé par le vomi vert et les fellations maternelles quand il était petit et qui veut donner sa version du film". Concrètement, on ne peut pas s’en vouloir de penser ça au vu du nombre pharamineux de sous-Exorciste qui sont sortis depuis 1973 dont le fabuleux "L’exorciste Chinois 2". C’est donc avec cet a priori tirant du côté négatif que je suis allé voir Le Dernier Exorcisme. Il faut savoir reconnaitre quand on a tort, disons que je n’avais pas raison, ça m’arrange. Dès les 5 premières minutes du film de Daniel Stamm, je me suis rendu compte qu’en fait ça allait être différent.

Différent sur deux points : la réalisation et l’histoire en elle-même. Par quoi on commence ? Un verre ? Non ce n’était pas dans les propositions.
Commençons par l’histoire : ce n’est pas bêtement 90 minutes de prières en latin, de grande laxité de la nuque ou de voix estampillée Jack Daniel’s. Le film est plus axé sur Cotton Marcus, un prêcheur renommé qui ne croit plus vraiment en Dieu et qui prêche ou exorcise pour l’argent, un homme moderne quoi. Il accepte d’être filmé pour un reportage afin de montrer l’arnaque que représente son métier et la stupidité des gens venus l’écouter. Conseil aux cuistots en herbe, thym ou romarin au choix, écoutez bien ses sermons, vous pourriez apprendre des trucs. Pour pousser plus loin le reportage, il accepte que l’équipe le suive dans ce qui doit être son tout dernier exorcisme. Ils partent donc tous dans le trou du cul de l’anus de la Louisiane, dans la ferme des Sweetzer, Nell, la petite de la famille, s’amusant à éventrer des chevaux la nuit, rappelons que la Playstation n’est pas encore arrivée là-bas, faut bien s’occuper. Après avoir fait son cinéma d’exorciste, notre ami Marcus se rend compte que cela ne va pas être aussi coton que prévu… Un duel va alors avoir lieu entre la foi inébranlable du père de Nell, la rationalité du prêcheur et le courage exceptionnel du cameraman, qui à part se barrer ne veut pas grand chose !
Ce n’est donc pas un film sur l’exorcisme à proprement parler, mais sur la foi en elle-même, sur les dérives de la religion, l’extrémisme religieux, la spiritualité religieuse et la perte de la foi. Et non pas la perte du foie, ne pas confondre spirituelle et spiritueux. Au final, la grande question du film est : est-ce que Nell est vraiment possédée ? Non parce que ok elle sait faire le grand écart et plein de figure de GRS, elle tue des animaux et aime le sang, mais le film laisse le spectateur se faire sa propre interprétation, ce qui vraiment renouvelle le genre.



Autre révolution dans ce genre de film, film à caractère sataniste et juvénile : la réalisation. Comme je l’ai dit plus tôt, ce film est un reportage sur Cotton Marcus et donc tout est filmé comme un reportage, à savoir camera à l’épaule. Même si la méthode est aujourd’hui affiliée à "REC", voire "Le Projet Blair Witch", le faire dans un film d’exorcisme rend la chose très réaliste, chose qui manque cruellement à ce genre. Cela apporte tellement de réalisme que, dans certains moments de faiblesse, on y croit à mort, c’est le cas de le dire ! Je vous rassure c’est une référence au film, personne n’étant mort dans la salle, ou en tout cas je n’ai pas été éclaboussé. Le réalisme du Dernier Exorcisme est également dû à l’absence totale d’effets spéciaux : pas de vomi avec 17 barres de pression, pas de vol au-dessus du lit, de cou(cou) qui tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Quasiment tout ce qu’on voit à l’écran pourrait réellement arriver ! Ce manque d’effets spéciaux est une bonne chose tant ceux de "L’exorciste" font ridicules aujourd’hui, passant d’un film classé X à déconseiller aux moins de 12 ans et passant en première partie de soirée, il faut dire que depuis que Ribery est en équipe de France, plus personne n’est choqué par le visage plein de cicatrices à 20H50.

L’autre point qui renforce le pur réalisme du film est le jeu des acteurs. Daniel Stamm voulait plus que du jeu, il voulait du vrai. Il faisait donc refaire plus de 20 fois chaque scène pour placer les acteurs dans un état de stress et d’envie de meurtre pour que chaque émotion soit réelle. De plus, la plupart des répliques, pour ne pas dire toutes, sont improvisées et donc sonnent justes, sinon c’est qu’on a un problème dans la vie, sonner faux quand on demande une baguette peut être handicapant ! Mention spéciale à Ashley Bell, la possédée, qui joue à la perfection passant de sa possession à son retour à la normale et quelques secondes, bluffante !



Maintenant à la question est-ce que le film fait peur ? OUI ! Mais pas la peur qui fait sursauter, pour ce film se sera celle qui part du bas du dos et qui remonte jusque dans la nuque, ce qu’on voit à l’écran est très dérangeant même si au final rien n’est effrayant… C’est paradoxal ! En tout cas, j’ai pu vérifier que mes poils savaient tenir debout, comme les caniches ! Un très bon film d’exorcisme, meilleur que j’ai vu. Il révolutionne le genre tout en gardant les codes : une petite fille, une nuisette et une grande souplesse !

La fin est incroyable, on "Satan" pas du tout à ça ! Même si, je dois l’avouer, je n’ai pas vraiment compris ce que je voyais : était-ce réel ou vraiment maléfique ? A vous de vous faire votre propre opinion ! Et dites après s’il vous plait, parce que je me sens con là !



4/6 - Anonymous





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