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Un groupe de jeunes gens décide de passer des vacances dans un chalet de montagne. Bien décidés à faire la fête, du sport et plus si affinités, ces jeunes personnes ignorent tout du passé attaché à ces lieux. L'arrivée impromptue d'un mystérieux visiteur va les informer qu'en 1945 une armée de nazis dirigée par le colonel Herzog a commis des pillages et des viols, jusqu'au jour où les habitants excédés finissent par les faire partir. Les nazis vont alors dans les montagnes où ils sont morts de froid. Prisonniers de cet endroit, ils s'en prennent aux vivants...



L'entrée en matière de ce film norvégien se place dans ce qui se fait de plus courant en matière de longs-métrages horrifiques. A savoir, qu'une bande de jeunes étudiants décide de prendre du bon temps dans l'endroit le plus isolé possible de tout endroit habité. On les voit ainsi débarquer en voiture, filles et garçons séparément, mais toujours aussi obsédés sexuellement. Même en Norvège, les préoccupations libidineuses l'emportent mais les filles sont pas mal du tout…euh, je m'égare.
En plus d'avoir à l'esprit tout un tas de films (tous les slashers qui vous viennent en tête), le réalisateur Wirkola appuie pas mal de clins d' œil à ces bandes horrifiques des années 80 auquelles Dead Snow rend un hommage : "Vendredi 13", "Evil Dead" bien entendu, mais aussi de manière plus surprenante, le slasher bas de gamme "Week-end de terreur", ou même "Braindead" dont un t-shirt à son nom est porté par le cinéphile du groupe. Comme si ce type de personnage était un passage obligé de tout film mettant en scènes des adolescents. Mais rassurez-vous, une fois débarrassé de ces références, le film fonce sans temps mort.



Les Pays scandinaves semblent vouloir se faire une place au soleil ténébreux du monde de l'horreur, comme le démontrent, les slashers norvégiens "Cold Prey" et sa suite, mais aussi le survival d'origine norvégienne "Manhunt", le film finlandais "Sauna", etc. Une vitalité étonnante qui montre que l'horreur connaît un regain important dans de nombreux pays européens, la France n'étant pas en reste ("Mutants", "Vertige"). Mais recentrons-nous plus précisément sur l'objet de notre délit, un film qui se veut déjanté et qui n'est pas à prendre au premier degré, bien au contraire. Loin du sérieux beaucoup trop classique d'un "Cold Prey", Dead Snow marche plutôt sur les plates bandes de films potaches comme "Bienvenue au cottage". C'est donc à un mélange d'humour et d'un gore mesuré – à cause d'un budget restreint- qu'il faut s'attendre. Le spectacle est assez amusant, arrivant à alterner les moments de tension (un passage par des WC qui ne se termine pas comme il se doit normalement) et d'autres privilégiant l'aspect décalé. Comme lorsqu'on voit un combat entre deux survivants et une armée de zombies nazis. Un d'eux ira même jusqu'à se couper un bras pour éviter la contamination qu'il suppose se produire après avoir été mordu. Il n'osera pas aller jusqu'à se couper les couilles au grand soulagement de son camarade. Dommage, pour la prochaine fois peut-être...



Le suivi de l'action est par contre plutôt délicat à cause de la multiplicité des protagonistes et de leur dispersion géographique. Le réalisateur a apparemment du mal dans son découpage des scènes, ce qui demande un effort plus soutenu pour comprendre qu'un tel est tombé dans un précipice, qu'une autre est perchée sur un arbre, que d'autres brûlent leur abri. En effet, passé la période d'introduction classique dans la cabane, tout ce joli monde se disperse dans la nature dans un joyeux bordel. Leur fuite est freinée par les attaques de nazis sortant de dessous la neige. D'abord parcimonieux, leur nombre devient un peu plus important et arrive à faire illusion si on ne s'attarde pas trop sur les effets spéciaux (peu de plans rapprochés, préférant insister sur celui du colonel Herzog). La bonne humeur emporte finalement toutes les réserves, et même si on a déjà eut droit à des bandes comico-horrifiques réussies (Cf. "Shaun of the dead"). Le vaste espace montagnard recouvert d'un blanc manteau de neige est mis à contribution et donne une grande bouffée d'air, ce qui nous change des huis clos. Conférant un paysage original pour ce type de films.



Le parti pris de l'équilibre fragile entre humour et sérieux (voir des nazis même morts, ça fout la pétoche) est réussi. A l'exception du récent "Outpost" et du chef d'œuvre "La forteresse noire" [Appel au nom de toute la rédaction : le dvd c'est pour quel siècle??] le thème des soldats morts nazis n'a que rarement été aussi bien traité à l'écran. En ne se prenant pas au sérieux une seconde, le film de Tommy Wirkola remplit son contrat de divertissement sans sombrer dans la zéderie à l'instar des nanars infréquentables : "Le lac des morts-vivants", "Le commando des morts-vivants". Un film fait entre potes hautement recommandable, transpirant la sincérité et l'amour du genre, ce qui nous change des films ultra formatés. Donc n'hésitez pas à partir à la neige cette année, vous ne serez pas déçus du voyage !