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L’écosse est frappé par un terrible fléau, emportant sur lui un nombre considérable de vies : on ne sait d’où il vient, ni comment l’arrêter. Un mur est donc dressé entre l’Ecosse et le reste de l’Angleterre : les habitants au-delà de la frontière sont alors condamnés à être décimés par le virus, sans rien y faire. Sur de nombreuses années, l’Ecosse se décompose, pour ne finir qu’à ressembler à une terre sauvage et hostile. 30 ans plus tard, le même virus refait surface à Londres. Pour l’enrayer, on envoie la belle et farouche Eden Sinclair à la tête d’un commando, histoire d’aller chercher un espoir du côté du no man’s land. Car selon certaines sources, il y a bien des signes de vies dans cet enfer qu’on imaginait depuis longtemps inhabité…



Avec son troisième opus, Neil Marshall nous prouve non seulement qu’il est une valeur sûre du cinéma de genre actuel, mais qu’également, le bis est revenu en force sur nos grands écrans.
Témoins de cette tendance ? Déjà l’année dernière, avec le projet Grindhouse, dont on retiendra le tonitruant "planete terreur" (au contraire d’un "boulevard de la mort" trop bavard pour rentrer dans la catégorie de l’hommage bisseux qui tâche) et les fameuses bandes-annonces plus ou moins inédites chez nous, et en début de cette année 2008 avec le particulièrement barbare John Rambo, confirmant aussi un retour à une violence sauvage, décomplexée et nauséeuse comme au bon vieux temps.



Livrer un spectacle old-school et jouissif devient alors une nouvelle tendance, tout en donnant au spectateur sa propre conception du bis de rêve : Marshall adopte en fait la même démarche que Rodriguez ; il prend ce qu’il aime, à gauche à droite (le post-nuke italien et ricain, le jeu vidéo bourrin…) et mixe le tout. La bouillie paraîtra indigeste pour certains, irréprochable pour d’autres. Et c’est le mot "fun" qui revient sur toutes les lèvres, indubitablement.

A ce titre, on se fiche donc d’un scénario, ici prétexte à tous les excès,ou de la psychologie des personnages, pour se focaliser sur un visuel débridé, des scènes d’actions dantesques, et des références qu’apprécieront ceux qui les comprendront. Et cet aspect "tiens, prend toi ça dans la gueule" fonctionne ici très bien en l’occurrence…



En parlant de références justement, Doomsday se révèle être un patchwork assez hallucinant de produits old-schools, et d’autres bien connus des gamers. L’héroïne elle-même, la sublime Eden (Rhona Mitra, après un détour remarqué dans la série Nip/tuck, nous fait oublier un bien triste Beowulf et prend sa revanche sur son rôle de Lara Croft qu’elle n’aura jamais eu), est un calque particulièrement voyant de Snake Plisken : une guerrière borgne des temps modernes envoyée dans une zone sinistrée et infréquentable pour un temps limité, ça ne vous rappelle rien ?

Côté jeux vidéos, on citera pêle-mêle, une entrée dans un hôpital très "survival-horror" dans l’esprit, une magnifique architecture délabrée à la Gears of war ; un combat à l’épée, court mais intense, renvoyant aux meilleurs jeux de "pif-paf dans la tronche" ; un bolide de luxe et un prélude à une incroyable séquence de poursuite louchant vers Need for speed…

Le virus aux effets ravageurs (pustules, vomi et on en passe des vertes et des pas mûres) apparaissant de temps à autre est sans doute un cousin éloigné de celui de "28 jours plus tard" et de "planete terreur", le pack de commandos débarque sur un terrain inconnue à la manière de celui de "aliens, la retour" la scène d’action dans le bateau rappelle dignement certaines bandes explosives des 70’s…enfin bref, ça ne s’arrête jamais !

L’influence la plus importante du film reste en tout cas "mad max 2 - road warrior", dont il reprend toutes l’imagerie punk/post-nuke/sm pour la dynamiter d’avantage : ainsi, l’armada d’iroquois traversant le film s’adonne à des show hallucinants ou même au cannibalisme ! Quant à la surpuissante poursuite finale, là tout est dit vis-à-vis du film de Miller...
Même chose en ce qui concerne la prestation de Craig Conway, sérieuse concurrent au titre du punk le plus vénère de l’histoire du cinéma face à Vernon Wells.



Marshall s’amuse beaucoup, et nous aussi : il nous fait passer d’un décorum anarchique et barbare à celui plus lisse en apparence, mais en fait tout aussi dangereux, d’un château moyenâgeux ; balance au passage du Frankies go to hollywood ou du Adam and the ant, et met le paquet en terme le violence graphique. Et justement à ce titre, le Marshall ne s’est absolument pas calmé, et c’est tant mieux : un véritable carnaval de corps broyés, décapités, déchiquetés ; tout est permis !
De ce capharnaüm barbare et monstrueux (qu’on préférera sans doute à un "ghosts of mars" du coup bien palot !), on regrettera pourtant un montage hypercut parfois épuisant...bien qu'on est fait pire encore dans le genre actuellement .
Prière de laisser son cerveau dans l’entrée donc !