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Les élèves du lycée Cosa High préparent activement la fête de fin d’année et tous cherchent leur cavalier ou leur cavalière. Malheureusement, une fuite provenant de la centrale nucléaire provoque le réveil des morts du cimetière avoisinant et la ville se retrouve assiégée par une horde de zombies. Le bal de fin d’année semble bien compromis. Il reste pourtant un espoir : ceux qu’on surnomme "les loosers", les rejetés du lycée, vont devoir prendre les choses en main…



Tiens, un nouveau teen movie mixant comédie et horreur. Le cinéma de genre nous en envoie de temps en temps et certains sont assez réussis, qu’on se souvienne de "Réducteur de têtes", "Génération Perdue", "The Monster Squad" ou "La Main qui tue", par exemples. La comédie horrifique (avec ou sans teenagers) a aussi le vent en poupe ces dernières années depuis le succès du culte "Shaun of the Dead" et nombreux sont les réalisateurs qui ont voulu surfer sur ce filon, avec des films comme "Bienvenue au cottage", "Black Sheep" ou "Severance", les mêtres étalons restant néanmoins les incontournables "Braindead", "Toxic" (The toxic Avenger) et "Evil Dead 2" pour ma part.

La genèse de Dance of the Dead remonte aux cours de cinéma que suivaient ensemble Gregg Bishop et Joe Ballarini. Joe propose à son meilleur ami Gregg un scénario de film dans lequel un bal de fin d’année se voit envahi par des hordes de zombies. La seule chance de sauver la ville réside dans le groupe de ceux qu’on nomme "les loosers, les tocards". Gregg Bishop adore le scénario, qui mêle efficacement comédie et horreur et désire immédiatement le réaliser. Problème : où trouver le financement ? Gregg Bishop ne se laisse pas abattre et avec 12 000 euros, il réalise "The Other Side" en 2006, un thriller mêlant action et fantastique, dans lequel un personnage s’échappe de l’Enfer pour retrouver ceux qui l’ont assassiné. Mais des chasseurs de prime venus également de l’Autre Monde vont lui compliquer la tâche et tenter de le ramener en Enfer. Le producteur Ehud Bleiberg visionne le film et découvre le potentiel de Gregg Bishop. Il lui propose alors de distribuer "The Other Side" à l’étranger avec pour contrepartie, que Gregg accepte qu’il soit producteur de son prochain film. Le rêve de Joe et Gregg devient alors réalité, ils vont pouvoir faire le film dont ils rêvent depuis maintenant dix ans ! Les repérages les amènent à la ville de Rome, en Georgie, dans laquelle se trouve une école abandonnée qui conviendrait parfaitement au film. Comble de chance, il y a aussi un cimetière, le Myrtle Hill Cemetery, qui ferait un excellent lieu de tournage ! Il ne reste plus que le casting à effectuer. Gregg Bishop veut de vrais ados pour interpréter les personnages inventés par Joe. Une fois les comédiens choisis, l’aventure peut commencer. La ville de Rome se trouve assaillie par les techniciens mais les habitants ne bronchent pas car eux aussi vont participer au film, Gregg ayant besoin de beaucoup de…zombies !



Dance of the Dead est donc terminé. La question que tout le monde se pose est : est-ce que le cocktail humour, horreur, romantisme, bal de fin d’année, zombies et adolescents est réussi dans ce long-métrage ? La réponse est "OUI" ! Un très gros "OUI" même ! Oubliez le bal de fin d’année minable du film "Le Bal de l’Horreur 2008". Celui de Dance of the Dead est largement plus fun, plus coloré et surtout bien plus sanglant !

Le casting est excellent (mention spéciale pour la très mignonne Carissa Capobianco qui joue le personnage de Gwen), nos "loosers" ont bien la tête et l’attitude de l’emploi, les situations s’enchaînent sans aucun temps mort, c’est rythmé, vif, et certains gags ou répliques sont vraiment très drôles, notamment avec le personnage du "Coach". Quand ce dernier dit à Gwen qu’elle va avoir comme arme la machette et qu’elle répond "je ne sais pas tirer avec ça", fou rires assurés ! Surtout que la phrase n’a pas été écrite mais c’est bel et bien ce qu’a répondu l’actrice lors du casting, ne sachant pas ce qu’était une machette ! On lui pardonne tellement elle est charmante…

Les différents personnages qui peuplent le film auraient pu poser problème au réalisateur de part leur nombre justement. On se retrouve en effet avec plus de dix protagonistes principaux, qui ont tous leur importance. Pas facile de faire qu’on s’intéresse à chacun d’entre eux. Pari néanmoins réussi par Gregg Bishop, qui parvient à les rendre tous attachants et à ne pas en oublier en cours de route, leur donnant à tous une scène, une réplique, qui fera qu’on se souviendra d’eux à la fin du métrage. On sent vraiment que le réalisateur, tout comme le scénariste, aime ses personnages et qu’il leur donne tous les moyens "d’exister" à travers le film. Ceux-ci n’échappent pas à quelques stéréotypes néanmoins (on a le groupe de rock, les membres d’un club de science-fiction, l’ado qui ne prend rien au sérieux, la petite blonde sportive, le rebelle bagarreur et la jolie rousse qui voudrait un petit ami qui prenne les choses moins à la légère) mais ici, les clichés servent activement l’histoire et les situations comiques, et tirent le film vers le haut, ce qui n’était pas forcément gagné au départ. Bref, du bien bel ouvrage !



Entre séquences comiques et scènes romantiques, Dance of the Dead n’en oublie pas l’autre élément percutant qui fera assurément son succès auprès des amateurs : le gore. Les zombies de Gregg Bishop ressemblent à ceux de Bruno Mattéi. Ils courent comme des lapins, se relèvent de leur tombe de façon explosive et ont un appétit bien féroce. On se doute que le budget du film n’a pas dû être très élevé mais les effets spéciaux et maquillages sont vraiment d’excellente facture. On en a d’ailleurs pour son argent, avec quelques décapitations, arrachage de langue dans un baiser langoureux, explosion de cervelles, démembrements et autres réjouissances, le tout dans une bonne humeur et un bon gros délire très communicatif ! Le dosage humour/horreur est savamment réparti et les deux se télescopent dans une très bonne alchimie.

L’amateur éclairé reconnaîtra dans Dance of the Dead de nombreux clins d’œil à des œuvres cultes, qui participent également à la réussite du film. On citera pêle-mêle des allusions à "La nuit des morts vivants" pour la séquence de l’agression dans le cimetière ou lorsque le petit groupe se retrouve dans une maison qu’il faut calfeutrer et renforcer pour se protéger des zombies qui pullulent au dehors, à "Ré animator" pour la séquence mettant en scène un ado décapité, et dont la tête est tenue par le corps de ce dernier, à "Terminator" pour certaines répliques du leader du club de science-fiction, à "Zombie" pour les images de morts vivants plaqués derrière des portes vitrées, à "Dellamorte Dellamore" pour le personnage du gardien du cimetière ou bien encore à "Mars Attacks" par exemple, car nos zombies ont un autre point faible que l’explosion de crâne, c’est…la musique ! A peine entendent-ils une note de musique que leur appétit cannibale s’estompe et qu’ils se réunissent pour écouter les divines sonorités. Inutile de vous dire que le groupe de rock et ses guitares au design spécial aura son importance dans la suite des événements…

Au milieu de toutes ces atrocités comico-gore, le réalisateur et le scénariste trouvent le temps de laisser une petite place à l’amour, à l’amitié et la plus belle séquence reviendra aux deux tourtereaux du film, Jimmy et Lindsey, qui avaient rompu avant le bal de fin d’année et qui se retrouvent plus amoureux que jamais, dansant tendrement enlacés au beau milieu d’une foule de zombies s’étant invités sur la piste de danse. Quelques grammes d’émotions dans un monde de brutes…



Voici donc une véritable bonne surprise que ce Dance of the Dead, dont la vision nous fait penser à la série "Buffy contre les Vampires" mais au pays des zombies. Dynamique, (mort) vivant, drôle, sanglant, le film de Gregg Bishop est un divertissement de tous les instants, un spectacle phare pour un samedi soir endiablé entre amis. N’hésitez pas, c’est du tout bon !

A noter que la version française du film ne reprend pas tous les jeux de mots de la version originale sous-titrée, préférez donc cette dernière ou regardez le film dans les deux versions à la rigueur…








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