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Quelques six années après son superbe "SLASHERS", le canadien Maurice Devereaux revient nous titiller les pupilles avec End of the Line. Terminus tout le monde descend ! Karen, infirmière dans un hôpital psychiatrique, se retrouve à attendre le dernier métro. Sur le quai, d’inquiétantes visions la perturbent. La tension monte d’un cran, lorsqu’un jeune homme bien étrange s’approche d’elle d’un air menaçant. Heureusement, Mike qui attendait lui aussi le métro, lui vient en aide. Le métro finit par arriver. Tous embarquent. Au bout de quelques instants, le train s’arrête en milieu de tunnel. Il fait noir. Karen panique. Elle croit voir quelqu’un sur les voies. Lorsque la lumière revient, les illuminés sont de sortie. Et ils sont bien décidés à évangéliser tout le monde..



Maurice Devereaux n’est pas un cinéaste, à proprement parler, prolixe. Quatre longs métrages entre 1992 et 2007, c’est peu. Trop peu, d’autant que ses longs métrages sont foutrement puissants à l’instar de "$la$her$" et End of the Line. Mais le canadien prend son temps pour développer ses films. Et il a raison.

L’indépendant Maurice Devereaux a choisit de produire ses propres films. Un choix qui ne laisse aucun doute quant au leitmotiv du cinéaste : sans concession. Ceci étant dit au regard des sujets abordés et de la frilosité des producteurs, il n’est pas impossible que le choix de l’indépendance soit un choix par défaut. Parce que c’est bien beau d’avoir toutes les libertés du monde pour faire son film, encore faut-il en avoir les moyens financiers ! C’est là que le canadien étonne. Bien qu’il ne dispose pas d’un budget pharaonique, il réussit tout de même un sacré tour de force cinématographique. Et pour la seconde fois, s’il vous plait ! Voilà qui force le respect !



C’est ainsi qu’avec un sujet casse-gueule, et un budget qui ne l’est pas moins, le cinéaste accouche d’une tuerie. Ni plus, ni moins. Il faudra cependant se contenter d’une simple sortie vidéo pour End of the Line. Une sortie assez douteuse en France, puisque les sous-titres proposés sur le DVD sont totalement à côté de la plaque (les contresens et autres "adaptations" douteuses sont légion). Mais ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir. Ce serait d’autant plus dommageable que End of the Line n’a rien d’une série Z, et que ses contraintes budgétaires sont difficilement décelables. Et puis même si c’était le cas, vous avez quelque chose contre les séries Z ? Non ? J’aime mieux ça.

Avec deux, trois bouts de ficelles Maurice Devreaux nous embarque dans son train de la mort. Et on y croit vraiment ! Pourtant, la seule scène tournée dans un vrai métro est celle du départ du quai. Les scènes dans le métro ont été tournées dans un train abandonné sur un vieux tronçon de voie. Pour faire illusion, l’équipe a couvert les vitres d’écrans noirs opaques, et le tour était joué.



Si le scénario est simple, les rouages en sont diablement bien huilés. La pression monte lentement mais sûrement à mesure du trajet. Les visions de Karen y contribuent, sous formes de flashs que l’on pourrait penser tout droit sortis des films de fantômes asiatiques. Cependant, c’est surtout la cohésion entre la musique et la réalisation qui créée une lourdeur ambiante diablement efficace. Les nappes musicales pesantes et envoutantes se mêlent à la photo à la fois crue et agressive. A ce titre, il est fort impressionnant que le film ne sombre pas dans un enchevêtrement de couloirs obscurs où le spectateur s’use les yeux à deviner ce que l’image représente.

Pour ne rien gâcher les deux principaux protagonistes sont habités par leurs rôles et ne ressemblent pas à des coquilles vides artificiellement remplies le temps d’un film. Tous deux rayonnent, et relaient la tension au sein des usagers du transport en commun. Et cette angoisse se transmet au spectateur ! (Quoi de mieux qu’un dernier métro pour donner la chair de poule ?) Arrivée à son paroxysme, la tension éclate, et le film change de direction. Autrement dit, ce n’est pas qu’un simple film de zombies dans le métro.



Malgré son scenario simpliste, ses revirements dans la structure du film et ses personnages caricaturaux, End of the Line s’avère soigné et réfléchi. Maurice Devereaux emprunte à la série Z son côté débrouillard, sans pour autant, donner dans le cheap. Et ça, c’est une sacrée performance.

A certains moments, on se surprend même à penser que "Midnight Meat Train" aurait pu en prendre de la graine.

Bon. Voilà. J’avoue ne plus avoir grand-chose à dire. Si ce n’est : ENCORE ! Vivement le prochain Maurice Devereaux. En attendant, je vais aller prendre le métro.








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