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Spécialiste du surnaturel, l'écrivain Mike Enslin reçoit une étrange carte postale parlant d'une chambre interdite au public dans un hôtel new-yorkais . Intrigué, il s'y rend. Malgré les mises en garde du gérant, Mike décide quand même d'y passer une nuit. Quitte à y laisser sa santé mentale...



Stephen King revient sur le devant de la scène cinématographique à l'occasion de Chambre 1408 ( en attendant "The Mist" fin février) une petite nouvelle que l'on trouve dans le recueil Tout est fatal. Autant dire qu'on est bien loin d'un des récits les plus connus du romancier, dont les nombreuses adaptations cinématographiques ou télévisuelles viennent enrichir le patrimoine cinématographique d'année en année ("Carrie", "Shining", "Cujo", "Misery", "Simetierre", "Le fléau", "Les Langoliers" et plus récemment "Désolation"). Des films qui ne sont pas tous des réussites. Alors, dans quelle catégorie peut ont ranger cette Chambre 1408? Le succès important de cette adaptation au box-office américain (70 millions de $) laissait augurer de délicieux frissons. Il vaut mieux oublier de suite cet espoir pour se concentrer sur les qualités de ce long-métrage introspectif : a) un John Cusak ("Identity") parfait dans un rôle au bord de la folie et que l'on peut appréhender comme étant le double de Stephen King lui-même. Cusak y est un écrivain spécialisé dans le paranormal mais en proie au doute. Une posture qui n'est pas sans rappeler "La part des ténèbres" de Romero. b) une réalisation classique dans le bon sens du terme et qui donne la part belle à la chambre, héroïne au cœur de l'intrigue.



Il n’y a que Mr Olin qui peut prétendre voler la vedette à l’écrivain Mike Enslin. Le gérant de l'hôtel Dolphin, incarné par Samuel L. Jackson ("Pulp Fiction", "Sphère", "Peur Bleue", la nouvelle trilogie Star Wars) joue en effet un rôle Méphistophélès (à rapprocher de celui de De Niro dans "Angel Heart"). Son personnage reste trouble et nous n'obtiendront pas de réponse claire sur ses intentions. Tout le film de Mikael Hafstrom ("Dérapages") reste ainsi dans le non dit. Lorsque Mr. Olin indique que la chambre 1408 contient au-delà des fantômes ou des spectres, le Diable en personne, rien ne vient corroborer ses dires. Nous avons affaire d'abord à un suspense psychologique, ce qui n'empêche pas l'usage d'effets spéciaux. Ceux-ci servent essentiellement à dévoiler les modifications de la chambre, dont les impressionnants passages la montrant entièrement couverte de glace, et dans un état délabré.



La chambre semble plutôt fonctionner comme un réceptacle des peurs et chagrins de son locataire, qui voit apparaître des défunts de sa famille (un père mourant, et sa fille morte précocement). Les thèmes chers à l'écrivain du Maine se retrouvent donc sans surprise dans ce film, qui fait appel à un air de déjà vu ("Amityville la maison du diable" pour le sang s'écoulant des murs, et bien évidemment le personnage désaxé de Jack Nicholson dans "Shining"). On y trouve même un vieux tube (la nostalgie musicale de King n'étant plus à démonter) qui revient sans cesse grâce à un radio réveil se déclenchant tout seul, la chanson We've Only Just Begun des Carpenters. Il est regrettable de ne pas trouver plus d'éléments de renouveau dans cette nouvelle du King. En l'allongeant pour en faire une durée raisonnable pour le cinéma, les scénaristes créent le risque de lasser et même de provoquer quelques bâillements entre des événements surnaturels attendus pour maintenir notre intérêt.

Même les scènes qui sont destinées à nous émouvoir (Cf. Les souvenirs qui refont surface concernant la mort de Katie) n'atteignent pas leur objectif. Manquant cruellement d'émotions, cette Chambre 1408 en jouant plutôt la corde sensible et l'absence apparente de fantômes, ne se révèle pas suffisamment passionnante pour rester ancrer dans nos mémoires. L'intérêt est maintenu par le professionnalisme de Cusak qui n'est plus à démontrer.



Folie ou pas de l'écrivain? La conclusion du film n'apporte pas de véritable réponse. L'on peut supposer que Stephen King y a mis beaucoup de lui-même comme pour soigner ses névroses (dans la première partie du film, Cusak se trouve devant un auditoire clairsemé pour parler de ses livres –comme si Stephen King avait peur qu'une telle situation ne lui arrive –). On est donc bien loin d'une histoire de maisons hantées classique ("Rose Red") mais on est plus dans une étude psychologique voire psychanalytique des craintes du romancier. L'écrivain du récente Cellulaire aurait-il peur d'être abandonné de son public?








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