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Une jeune fille moitié humaine, moitié vampire du nom de Saya est recrutée par Le Conseil, une organisation secrète, afin d’éliminer tous les démons de la Terre et plus particulièrement Onigen, le plus vieux et le plus puissant de ces créatures infernales. Saya est envoyée dans une école militaire américaine basée au Japon car l’établissement serait un repaire de démons…



Au départ du projet Blood the last vampire, on trouve un film d’animation réalisé par Hiroyuki Kitabuko en 2000, utilisant la 2D et la 3D, et salué par James Cameron lui-même comme "ouvrant une nouvelle ère du cinéma digital". Un moyen métrage qui a marqué les esprits et qui est encore aujourd’hui considéré comme une pierre angulaire des mangas. Fin 2005, le projet d’une adaptation cinématographique de ce moyen-métrage animé est lancé et c’est le talentueux Ronny Yu ("Jiang-hu, entre gloire et passion", "La fiancée de Chucky", "Freddy contre Jason") qui est engagé pour en être le réalisateur. Plusieurs pays s’associent pour produire le film. Manque de bol, Ronny Yu tombe malade et doit quitter le tournage. Pour le remplacer, c’est le français Chris Nahon, à qui l’on doit "Le baiser mortel du dragon" ou "L’empire des loups" qui est choisi. Nahon débarque donc sur le tournage et doit terminer le film, qui mettra quatre ans à sortir sur les écrans, des suites d’une post-production à rallonge. Une sortie effroyable, le film se faisant descendre par la presse et par les spectateurs.

Quelques mois plus tard, Blood the last vampire fait son retour en DVD et Blu-ray. N’ayant pas vu le film lors de son passage éclair sur les écrans de cinéma, je me suis donc plongé dans la vision du DVD pour voir l’étendu des dégâts si souvent mis en avant par les fans. Eh bien figurez-vous que j’ai été très agréablement surpris par ce film. Certes, y’a des défauts, notamment au niveau des effets spéciaux qui semblent dater d’un autre âge certaines fois, mais dans l’ensemble, le film de Chris Nahon est divertissant, n’ennuie jamais et se pare surtout d’images d’une réelle beauté picturale.



Transformer un film d’animation de 50 minutes en long-métrage de 90 minutes nécessitait forcément de rajouter des choses absentes de la version animée, des personnages et d’autres situations. Pour accompagner Saya dans sa quête anti-démons, on lui adjoint Alice, une jeune américaine, fille du colonel de la base militaire. Bonne ou mauvaise idée, à vous de choisir.
Personnellement, ça ne m’a pas dérangé plus que ça, même si je reconnais que certaines séquences avec les deux filles donnent un petit côté "Buffy contre les vampires" au film (ce qui, encore une fois, ne me dérange pas, étant fan de la saga Buffy…). Une relation d’amitié va se nouer entre les deux nouvelles camarades de classe, relation expédiée un peu à la va-vite et pas toujours crédible, notamment au niveau de certains dialogues qui jouent un peu trop sur la corde sensible et romantique.

Pour incarner le personnage principal, c’est la superstar Gianna Jun (de son vrai nom Jeon Ji-hyun) qui est choisie et c’est franchement un bon choix, cette petite coréenne en tenue d’écolière maniant le sabre avec dextérité se révélant plutôt douée et possédant un bon charisme. Par contre, on aurait aimé en savoir plus sur son côté vampirique. Parce qu’en fait, à part la voir boire du sang, qu’est-ce qui nous dit que c’est un vampire ?? Vous avez vu une trace de canine proéminente dans sa bouche vous ? Pas moi. Mi-vampire ou mi-démon, à vous de choisir encore une fois. On en saura un peu plus lors d’une révélation à la fin du film mais c’est quand même léger pour un long-métrage qui s’appelle Blood the Last Vampire. Bon, ce n’est qu’un détail après tout…



Car ce qu’il y a à retenir principalement du film, hormis quelques séquences d’action assez sympathiques (la première scène dans le train, le combat dans le dojo entre Saya et deux démones, le combat entre Saya défendant sa nouvelle copine aux prises avec des dizaines de démons…), c’est bien la beauté de ses images. Blood the last vampire est un régal pour les yeux, du moins en ce qui concerne tous les flashbacks renvoyant à l’enfance de Saya, flashbacks qui se déroulent au Japon dans de superbes paysages aux couleurs éclatantes. Ces séquences nous renvoient également aux mythiques productions Shaw Brothers, ou plus récemment à des films comme "Hero" ou "Tigre et Dragon". Kung fu, acrobaties, combats au sabre et pirouettes extraordinaires vous attendent au fil de ces scènes mettant en avant Kato, le maître de Saya. Autre séquence spectaculaire, le combat final entre Saya et Onigen, qui émerveillera visuellement vos rétines. Un vrai enchantement mêlant poésie, féerie et combat fantastique.

Alors bien sûr, les séquences se déroulant dans la base militaire et dans les rues ne sont pas aussi splendides, c’est vrai. De plus, certains effets spéciaux sont plus que mauvais pour un film de cette ampleur. C’est même hallucinant certaines fois. Et notamment quand un démon d’apparence humaine se transforme en monstre ailé pour attaquer Saya. La firme Nu Image arriverait presque à mieux faire ! Mélange de caoutchouc et d’images de synthèse, le démon ailé est tout simplement ridicule et son animation laisse réellement à désirer. On notera aussi quelques petites erreurs de montage, comme par exemple, après la séquence du train. De retour chez elle, Saya boit un flacon de sang et si on regarde bien, elle porte son costume d’écolière, alors que son chef ne le lui a pas encore remis. Des détails encore une fois qui ne gâchent en rien la vision du film, sauf en ce qui concerne les effets spéciaux bien sûr.

Certains trouveront également sûrement à redire sur l’aspect du sang dans le film. Un sang un peu pâteux, d’un rouge carmin étrange, tout comme sa texture. Maintenant, il faut se rappeler que le sang des démons est différent du nôtre, comme expliqué dans le film. Donc son aspect ne m’a pas dérangé si on se fait à cette idée.



Après deux visions, mon bilan reste positif pour ce film de Chris Nahon. Le réalisateur a réussi à sauver les meubles pour ma part, et on ne pourra pas vraiment lui mettre l’échec du film sur les épaules. Les effets spéciaux sont le gros point faible du film mais à part ça, si on se laisse aller dans l’aventure, Blood the last Vampire n’est pas le navet qu’on veut nous faire croire. Question de goût et de sensibilité bien sûr, toute appréciation d’un film restant propre à chaque spectateur. Un réel travail sur le visuel a en tout cas été fait de la part du réalisateur, qui nous propose en fin de compte, un film efficace, distrayant, pas dénué de défauts mais qui possède aussi des qualités. Il mérite d’être réévalué en tout cas !








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