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Les habitants de Barrow, paisible bourgade de l’Alaska, se préparent à passer, comme tous les hivers, un mois complet sans soleil. L’arrivée d’un étranger dont personne ne sait rien coïncide avec une accumulation d’événements plus qu’étranges. Eben et Stella, tous deux shérifs et séparés depuis peu, vont alors découvrir l’effroyable vérité : une horde de vampires a investi la ville avec la ferme intention de massacrer toute la population. Rapidement, ils tentent de s’organiser en compagnie de quelques rescapés, avec une seule préoccupation : survivre jusqu’à l’aube du 30ème jour…



Les vampires sont de retour. En 2004, le scénariste Steve Niles et le dessinateur Ben Templesmith unissent leurs talents pour livrer "30 jours de nuit", un comic vampirique situé en Alaska, à mille lieues de la civilisation moderne. Une localisation volontaire réduisant considérablement les chances de survie, qui nous offre un nouveau visage des buveurs de sang, bien éloignés des codes littéraires connus. Ayant lu la bande dessinée (dépêchez-vous de l’acheter, elle ne coûte que le prix d’un DVD à bas prix), impossible de ne pas remarquer un nombre de détails scrupuleusement respectés. Ce fut un choix du réalisateur, adoubé par les auteurs et principalement par Steve Niles qui co-signe le scénario.
On ne saura jamais comment la horde des créatures est arrivée jusqu'à Barrow, tout juste l’arrivée de l’étranger (Ben Foster, Angel dans "X-men : l’affrontement final") nous "ouvrira" les portes de l’histoire, et par son inquiétante attitude suggérera les prémices du mal à venir.

Stella Oleson, séparée d’Eben, shérif de la ville, se retrouve coincée après avoir raté son avion qui devait la mener loin de ce mois sans soleil. Après que des huskies aient été retrouvés décimés, copieusement égorgés et éventrés, elle convainc Eben de faire équipe avec elle pour mener l’enquête, malgré leurs différends au sujet de leur fraîche séparation. L’occasion de nous faire découvrir le visage d’un Josh Hartnett ("halloween 20 ans après", "sin city") aux antipodes de ses rôles précédents. Dans l’imagerie littéraire, il serait un Van Helsing moderne dans les actes mais fort différent dans le caractère : il est sensible, fortement ébranlé par sa séparation, très loin du cliché du héros. A l’inverse, sa femme (Melissa George, "amityville 2005", "paradise lost") semble plus forte et lucide sur leur relation : malgré une certaine vulnérabilité, elle sait être forte devant les évènements qui s’enchaînent.
Et c’est donc l’intrusion de l’étranger qui va plonger la petite ville dans la terreur et le sang. C’est la découverte aussi des clins d’œil du réalisateur à bon nombre de références absolues du genre, qui vont parsemer le film au fur et à mesure. Ainsi, l’homme se révèle un Renfield contemporain, mais non fou à la différence de son modèle : juste fiévreux psychologiquement et physiquement. Le mal est déjà sur les toits et ne tarde pas à planter ses crocs parmi les habitants s'étant attardés. Ce sont les cris et autres plaintes qui sortent Eben et Stella de leur torpeur. Jusque-là reclus dans ses bureaux en compagnie de son frère et sa grand-mère, Eben se décide à affronter au dehors ce qu’il ignore encore.



La petite ville de Barrow existe vraiment, et la production a gardé la ville en l’état, à l’exception de la rue principale créée spécialement pour un nombre conséquent de scènes centrales. On découvre alors toutes les subtilités du travail effectué pour la photographie, proche de celle de la bande dessinée. Le film propose une palette réduite de teintes, principalement le blanc, le noir et des tons métalliques. La seule couleur vivace étant le rouge pour le sang, élément généreux du film (plus de 4000 litres utilisés). Cependant, l’exposition de la lumière a été retravaillée par rapport à la BD beaucoup plus sombre, offrant ainsi une atmosphère moins noire mais toute aussi ténébreuse dans le rendu final. Mais revenons-en à nos chères dents longues…
Des ombres immobiles sur les toits, d’autres tombent et atterrissent debout, en douceur dans la neige : le coup d’envoi d'une longue course-poursuite entre les vampires et les survivants. Il s’agit bien là d’un vrai survival, les survivants allant de maison en maison pour échapper aux prédateurs. Pour l’occasion, le cinéaste en profite pour un second clin d’œil, à "la nuit des morts vivants", en emmenant nos personnages dans le grenier d’une habitation (à la place de la cave), là où les caractères vont commencer à s’échauffer et les protagonistes craquer pour certains. LEGER SPOILER Il y reviendra quelques scènes plus loin avec une fillette monstrueuse occupée à dévorer goulûment ses parents FIN DU SPOILER. Les ombres se profilent sur les façades des maisons, des bruits de pas saccadés se font entendre sur le toit, l’heure est venue de se sauver une nouvelle fois, à moins qu’il ne s’agisse pas encore du bon moment puisque Stella semble déceler une survivante qui erre seule dans la rue…

Bon j’avoue, je ne vous ai toujours pas parlé des vampires, et mon attente est volontaire. Pourquoi ? Parce que lorsque j’éprouve une vraie émotion j’aime faire durer celle-ci le plus longtemps possible avant d’en accoucher. Et accessoirement aussi parce que je suis sadique et que j’aime vous martyriser un peu, sachant que ce plaisir coupable doit vous habiter parfois avouez-le.



Ici, point de gousse d’ail et encore moins de crucifix, pas de cape ni de paires de canines. David Slade a respecté trait pour trait le coup de crayon de David Niles, avec toutefois une touche de dangerosité en plus dans les expressions et le rendu des émotions. Oubliez le look gothique et autres grâces verbales du Comte, ici le vampire se conjugue au mode primaire et carnassier. Le clan est organisé, possède son propre langage (un patois des Carpathes pour toute ressemblance éventuelle, sous-titré, ndlr) et dirigé par Marlow, leur chef (Danny Huston, fils de John et frère d’Anjelica, "le nombre 23"): long manteau d’hermine et costume impeccable pour lui, tenues plus urbaines pour ses serviteurs. La vraie nouveauté vient de leur faciès terrifiant et envoûtant à la fois. Est-ce le fait que le film m’a séduit qui me pousse à vous faire un aveu ? J’ai vraiment été terrifié par moment en imaginant si je les croisais dans la rue. Puis, je me suis souvenu que j’étais un grand garçon, que les vampires n’existaient pas aux dires de Mère (assise à côté de moi pour l’occasion à la projection et décollant régulièrement de son siège à chaque déchiquetage de gorge) et qu’il convenait juste de me laisser aller à mes peurs, et tant pis pour mon ego.
Car le vampire de 30 jours de nuit ne déguste pas sensuellement le cou de ses victimes comme le faisait le grand Christopher. Non, Marlow et sa horde s’abattent brutalement sur leurs proies et les dépècent littéralement sur place. Ni romantiques, ni manipulateurs, ils sont simplement sauvages comme des bêtes, les vivants n’étant pour eux qu’une simple nourriture.
Il faut entendre aussi leur éventail de cris, qu’ils soient stridents comme un feulement de nouveau-né à l’excitation de la chasse, en passant par les sons gutturaux pour les mouvements de colères et d’énervements, ou encore plaintifs tels des animaux blessés dans la surprise de la douleur. Tout cela, avec leurs visages si humains et monstrueux à la fois qui contribuent grandement à l’effroi.

Effrayée elle aussi, Stella que j’avais laissée camouflée sous les toits, scrutant la rue principale. Terrorisée, cette jeune femme seule qui erre dans la rue sous les flocons naissants. Les ombres filent, s’arrêtent et puis se cachent. D’autres volent de toits en toits, découvrant leurs mâchoires habillées d’une multitude de dents, démesurément longues et effilées. La caméra virevolte autour de la belle enfant, telle une bête lâchée dans l’arène et promise à un funeste sort. Pauvre chaton dans les griffes de vilains chats, l’infortunée se voit ballottée, griffée, et plus surprenant, écoutée. Lorsque Marlow parle, les autres se taisent, et lorsque Marlow explique à sa proie ce qu’elle est et le pourquoi de leur existence, on a froid dans le dos. Les propos sont glaçants et le tribunal qu’il représente n’encense que la peine de mort. Le droit à la parole de sa victime ne devient qu’un prétexte à se gargariser de sa puissance et crédibiliser la valeur de sa race. Une raison suffisante pour Stella et Eben de fuir à nouveau vers un autre lieu, et pour nous, de s’acheminer doucement vers un final aussi déroutant que prévisible.



Ce qu’il faut retenir du film ? Une interprétation honnête (Melissa George a quand même toujours du mal à convaincre…) et un grand respect de l’œuvre papier. Le soin apporté à la photographie est évident ainsi que les maquillages. L’utilisation de teintes argentées et nacrées dans les maquillages permet aux créatures de se fondre joliment dans les décors d’un bleu nuit métallique. Les prothèses ne sont pas en reste avec un travail innovant et spectaculaire apporté aux visages et aux dentitions. Le film n’est pas exempt de défauts bien évidemment, à l’image du final un brin simpliste et surtout kitsch, la faute à une volonté de sursaut poétique, dont le résultat est plus que discutable en termes d’effets spéciaux.
Il n’en reste pas moins vrai que le film dure 2 heures, que le temps passe à une vitesse folle et que 30 jours de nuit offre un nouveau visage de vampire qui ne devrait pas vous laisser indifférents.








Alaska+vampires=...

Portrait de vincetd101

2.04

Je me souviens de l'avoir loué au secondaire. Il faut dire que le concept de la noirceur totale de l'Alaska était un endroit idéal et original pour faire une histoire de vampires. Par contre, j'ai été déçu au final. Avec un rythme inégal, des acteurs pas terrible et finalement je me suis endormi dessus vers la fin (ce qui est dommage pour une location d'un jour...), j'en ai qu'un (très) vague souvenir de ce film maintenant. Bref, passez votre tour. Il y a des meilleurs films de vampires que celui-ci

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