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Kurouzu est un petit village japonais d'une grande tranquillité, et c'est la jeune Kirie qui va assister à son hécatombe. Une malédiction frappe subitement les habitants, certains ont des comportements plus qu'étranges et l'horreur ne fait que croître lorsque que Kirie et son meilleur ami Shuichi découvrent que ce mal mystérieux prend la forme de spirales, envahissant sous toutes les formes cette paisible bourgade, qui ne va pas le rester bien longtemps…



Très répandus au Japon, les mangas d'horreur poussent très loin les limites du genre via des excès visuelles sidérant, de préférences très gore. Zombies, femme meurtrières, monstres, fous furieux, transformations terrifiantes… Tout est prétexte aux japonais pour illustrer des vignettes toutes plus horribles les unes que les autres. L'un des maîtres du genre, c'est Junji Ito, réputé pour les fameux Spirale et Tomi. Rencontrant un grand succès au pays du soleil levant (surtout au près des jeunes filles), ces mangas commencent à voir grandir une belle flopée de fan, et les adaptations cinématographiques deviennent très vite envisageables. C'est donc "Spirale" qui se voit adapté en film, qui compte trois tomes en tout.



Cependant il faudra attendre cinq ans pour que ce film sorte dans nos contrées, mais seulement en DVD. Le film échappera donc aux salles obscures françaises, après avoir été trimballé dans bons nombres de festivals, comme celui de Gérardmer. Autant vous le dire, il est préférable de lire au moins le premier tome du manga pour pouvoir apprécier pleinement Uzumaki, qui ne reprend que la trame générale de ce tome. Chaque livre est garni de sketches qui ont pour lien la présence de la jeune héroïne Kirie. Celle-ci mène une vie paisible dans son petit patelin typiquement japonais, qui d'après son meilleur ami Shuichi, serait frappé par la malédiction de la spirale. Le père du jeune garçon en sera la première victime, éprouvant une fascination malsaine pour les spirales, et collectionnant tout ce qui peut se rapporter à celles-ci. Mais il est retrouvé enroulé sur lui-même, mourrant sur le coup. La mère de Shuichi sombre dans la démence et rejette tout ce qui peut ressembler de loin ou de près à des spirales, même sur son propre corps.



L'atmosphère du livre est parfaitement reconstituée, se dégradant au fur et à mesure que l'intrigue avance, plongeant la ville de Kurouzu dans les ténèbres. Un univers rappelant aussi bien Tim Burton que les films de Kwaidan (films de fantômes japonais) mais avec un petit plus le distinguant du manga. Car si le livre est d'un sérieux inébranlable, le film se permet un humour bien présent comme cet ado bien collant s'amusant à faire peur à toutes les filles passant à sa portée (de préférence l'héroïne et sa copine). Certains effets de styles, bruitages ou délires cartoonesques, courts mais bien présent transforme Uzumaki en un véritable manga live : une cigarette écrasée contre un mur imitant une explosion, bande son décalée, plans tarabiscotés, accélération soudaine lorsque le père de Shuichi remue rapidement sa soupe… Certaines visions surréalistes surprennent au plus haut point, comme la scène finale et son enfilade de photos chocs.



Difficile d'oublier donc les hommes escargots, buvant sans arrêt de l'eau et dégageant une substance bien gluante, et ces plans d'une grande beauté, en particulier cette onde noire en forme de spirale au-dessus de la ville ou ces nuages noirs se propageant au-dessus du lycée. Pourtant, le réalisateur d'Uzumaki n'adapte pas le tome entier du fameux manga, oubliant un segment concernant une lycéenne vénéneuse se transformant en spirale, un autre ou deux jeunes amants séparés par leur famille ne trouvant la libération que grâce au pouvoir de la spirale ou le combat "capillaire" entre Kirie et sa rivale qui est également ignoré (quoiqu'on voit tout de même sa rivale exhibant une chevelure en spirale de plus en plus gigantesque à travers quelques passages). Et c'est en supprimant ces quelques intrigues et en raccourcissant certains passages, que Higuchinsky finit par remplir le film de nombreuses longueurs qui alourdissent le trame du film et le rendent parfois bien ennuyeux. Plus de péripéties, telles qu'on pouvait les voir dans le roman, n'auraient pas été de refus. Certains éléments sont des clins d'œil aux autres sketches non utilisés pour le film (le gamin écrasé dont le cadavre est enroulé sur la roue, par exemple) mais pour découvrir jusqu'au bout le secret de la fameuse malédiction, les trois mangas sont de rigueurs. Sauvé par sa richesse visuelle et ses notes d'humours inattendus, Uzumaki est un OVNI cinématographique, qui ne touche certes pas à la perfection, mais qui mérite largement d'être découvert.








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