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En 2025, les hommes sont parvenus à prolonger et améliorer la vie de leurs semblables grâce à des organes artificiels dernier cri mais extrêmement onéreux mis au point par une entreprise connue sous le nom de l'Union. Toutefois, seule cette société a le monopole de cette biotechnologie révolutionnaire et dispose de "Repo Men" (les repreneurs ou récupérateurs), des agents spécialisés dont la mission est de récupérer les organes greffés auprès des mauvais payeurs et ce, sans se préoccuper de la survie des clients insolvables. Rémy et Jake, en plus d'être amis d'enfance, sont les meilleurs agents sur le marché, mais un beau jour, le premier nommé est victime d'un arrêt cardiaque à la suite d'une mission qui devait être sa dernière et se réveille avec un cœur artificiel implanté dans la poitrine. C'est à partir de ce moment que Rémy, désormais de l'autre côté du miroir, change du tout au tout : il n'est plus motivé par son travail. Logiquement en étant moins productif, il se retrouve rapidement dans l'incapacité de recouvrir ses traites. L'Union assigne alors Jake pour le retrouver et récupérer sa "marchandise". L'ex-Repo Man désormais sur le carreau va-t-il s'en sortir ?



Repo Men est un film de science-fiction tourné par Miguel Sapochnik, jusque là réalisateur peu connu de courts-métrages et de clips, dont le scénario est basé sur un livre écrit par Garcia, coscénariste. Le roman, "Repossession Mambo", a été publié en 2009 et est d'ailleurs cité sous forme de clin d'œil à la fin du métrage. Ainsi, le scénario de base sur le papier apparaît de prime abord comme original et alléchant. Ici, le futur est régit par les firmes pharmaceutiques pratiquant le commerce d'organes à des prix abusifs. Dès que les clients ne peuvent plus payer leurs dettes, les Repo Men sont dépêchés pour aller récupérer le bien de l'Union, la société monopolistique par excellence, détentrice de toutes les parties du corps pouvant se monnayer. L'idée de départ était donc intéressante et possédait un fort potentiel quant à son traitement par l'image. En effet, ne peut-on voir dans ce scénario une critique de la société actuelle avec son consumérisme à tout va, l'endettement exponentiel des classes desservies et surtout le manque de scrupules dont font preuve les entreprises capitalistes d'aujourd'hui et poussant toujours plus à la consommation ? Seulement voilà, au bout d'une demi-heure, le déroulement de l'histoire générale devient facilement prévisible et se focalise beaucoup trop sur l'aspect sanguin et gore du film qui ne se résume plus qu'à un déferlement de violence et de giclées de sang. Ainsi, on pratique le découpage, l'énucléation, le démembrement à tour de bras, ou à tour de tout ustensile métallique contondant et pointu que les Repo Men ont sous la main. Et de fait, Repo Men devient un métrage classique, une sorte d'actioner movie déjà-vu, un condensé mal dégrossi de "Equilibrium", "Minority report", "Blade runner", "I robot", j'en passe et des meilleurs. Bref, pas très original finalement.

Tourné pour partie à Toronto et assez ancré dans notre époque puisque les décors ne sont pas si futuristes que cela et que les récupérateurs se déplacent en Volkswagen (!), Repo Men présente toutefois des qualités indéniables. En premier lieu, rendons hommage à l'action occupant une assez bonne place dans le film. Il faut dire que l'impact des scènes de combat est pour partie dû aux chorégraphes spécialisés Hiro Koda ("Kill Bill : Volume 1") et son comparse Jeff Imada qui se sont chargés de développer pour chaque personnage un style propre. Ajoutons à cela un gage de qualité supplémentaire non négligeable en la personne de Forest Whitaker, expert en matière d'arts martiaux (mais si, rappelez-vous de "Ghost dog" !) et étudiant de longue date de Filipino Martial Arts sous Dan Inosanto (tout simplement cofondateur du Jeet Kune Do avec Bruce Lee), qui a aussi participé à l'élaboration de certaines scènes pour la plupart hyper bien rythmées. On en veut pour preuve notamment celle de l'assaut de la pièce centrale de l'Union par Jude Law proprement saisissante et véritable hommage à "Old boy" et sa scène de baston monumentale dans le couloir, les amateurs se rappelleront et apprécieront…

Ajoutons à cela : la richesse de la BO composée en grande partie par Marco Beltrami ("Scream", "Mimic", "Hellboy"), un vrai spécialiste. Mais ce n'est pas tout, on trouve également sur le score du film des morceaux de : RZA, Method Man, Moloko, UNKLE, The Mamas and The Papas, Toots & the Maytals, Beck et Nina Simone. Pas mal, non ? Mais aussi : quelques idées bien trouvées (notamment l'oreille bionique qui entend tout à longue distance et la bouche enregistreuse) et un final très bien senti pouvant en surprendre plus d'un, enfin pas ceux qui auraient vu "Brazil" comme votre serviteur...

Côté casting maintenant, Jude Law incarnant Rémy, n'est pas mauvais mais il n'est pas non plus incroyable. Il reste drôle et décalé dans la première demi-heure mais son changement en héros rebelle amateur de coups de tatane dans la tronche n'est pas très captivant même si à contre-emploi de son image de beau gosse habituelle. Ce n'est effectivement pas l'acteur auquel j'aurais pensé pour le rôle, pour moi plus dévolu à Jason Statham, plus un habitué du genre. Forest Whitaker et Liev Schreiber s'en sortent, eux, plus honorablement. Ils incarnent tous deux les méchants de l'histoire, avec une mention spéciale à Liev Schreiber (vu notamment dans "Scream"), absolument parfait dans son rôle de capitaliste extrême absolument détestable car dépourvu d'humanité et cynique à souhait. Et puis, pour la touche féminine, on a la sublime Alice Braga mais malheureusement, son histoire d'amour avec Jude Law est assez pathétique et fait gros cliché, ce qui aurait pu être évité.

En résumé, Repo Men est un assez bon film d'action car divertissant. Malheureusement, on lui reprochera son manque de profondeur scénaristique privilégiant l'action et les effusions d'hémoglobine avant tout et ses trop nombreuses références cinématographiques qui font qu'il n'arrive pas réellement à se démarquer par son originalité, après laquelle il semble désespérément courir et ce, malgré un twist final assez surprenant pour les néophytes.








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