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Une semaine avant Noël, aux abords d'un petit village montagnard situé au nord de la Finlande, un groupe d'ingénieurs et d'archéologues américains entreprend de mystérieuses fouilles à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Là, ils semblent avoir trouvé ce qu'ils cherchaient. Une mystérieuse tombe ? On n'en saura pas plus…pour l'instant. C'est après leur départ que coïncident d'étranges morts de rennes, principale ressource alimentaire des habitants du cru, ce qui ne manque pas de provoquer leur colère légitime. Témoin de tout ce remue-ménage, Pietari, un jeune garçon, pense savoir de quoi il s'agit. Pour lui, ce ne peut qu'être que l'œuvre du Père Noël venu se venger car on l'a sorti d'un profond sommeil et surtout désormais présent pour punir les enfants qui n'ont pas été sages ! Rauno, le père de Pietari, qui ne croit pas aux histoires de son fils, va installer un piège afin de capturer l'animal qu'il juge responsable du carnage. Mais il attrape curieusement un vieillard tout nu, se révélant violent, muet et très intéressé par le petit garçon dès que celui-ci est dans les parages. Et si Pietari avait raison ? Ce vieil homme ne serait-il pas le Père Noël ? D'autant que depuis peu, tous les enfants du village ont disparu, sauf notre enfant avisé…



Père Noël Origines, film aux producteurs d'origines multiples ayant coûté deux millions d'euros, est l'œuvre de Jalmari Helander, un réalisateur de publicités et de clips vidéo finlandais. Il fait suite à deux courts-métrages : "Rare Exports, Inc." (2003) et "Rare Exports: The Safety Instructions" (2005). Le premier a été tourné pendant la période de Noël et a été largement diffusé sur Internet et produit pour un budget de 3 500 euros. Il a également rencontré un succès phénoménal dans de nombreux pays et remporté plusieurs prix dans divers festivals. C'est pourquoi il a eu le droit à une séquelle en 2005 et plus récemment, en 2010, à être transposé en long-métrage. Alors est-ce que le passage sur grand écran a nui à ses qualités originelles ?

Généralement, le passage du format court-métrage à celui de long-métrage entraine très souvent un rythme plus lent et une présentation des personnages qui s'éternise. Ici, que nenni ma bonne dame ! Dans ce film empli de testostérone car sans femmes (!), seul le portrait du héros est réellement brossé, le trio d'acteurs, incarnant les trappeurs étant sans cesse dépassés par les événements, servant juste de faire-valoir. Le réalisateur s'attarde effectivement sur le jeune Pietari, garçon attachant car ayant grandi sans maman et vivant avec un papa assez autoritaire et peu bavard, qui allie à la fois l'innocence d'un enfant de son âge à l'espièglerie voire le courage des préados de la bande de gosses de "Les Goonies" ou bien de Thomas, le jeune héros vu dans "36 15 code Père Noël". Tout comme les personnages précités, Pietari met en place des dispositifs de protection tels un piège à ours dans la cheminée et se montre très inventif quand il est question de survie. Ainsi, il est le seul à avoir tout compris avant les adultes et prendra la tête des opérations au moment opportun confirmant bien qu'à Noël, ce sont les enfants qui prennent les rennes…euh les rênes !



Aussi, le film est avant tout le récit initiatique d'un gosse qui va peu à peu entrer dans le monde des adultes tout en continuant à croire au Père Noël, personnage pas si sympathique que cela si l'on en juge le livre de légendes du gamin ! D'abord mis à l'écart car trop jeune, il apparaît comme un sympathique poupon joufflu peu débrouillard qui se balade toujours avec son doudou. Mais, progressivement c'est lui qui, parce qu'il a tout compris avant tout le monde, va prendre l'ascendant sur les autres adultes à mesure qu'il grandit symboliquement. Au nounours va donc se substituer un fusil, à mesure que Pietari devient plus entreprenant et ose enfin aller voir ce qu'il se passe dans la grange où son père et ses deux acolytes font de fréquents allers et venues, vêtus de blouses de bouchers…



Père Noël Origines malgré un synopsis inquiétant, ne tombe jamais dans le film gore voire violent et par son côté décalé avec un soupçon de comédie, il représente plutôt un conte de Noël à destination des adultes, à mille lieux des productions Disney par trop stéréotypées et douceâtres. Les scènes incongrues teintées d'humour noir ne manquent pas : les vieux qui courent à poil dans la neige, la poursuite en hélico, le vol de tous les radiateurs et sèche-cheveux du village afin de décongeler le gros bloc de glace retrouvé dans les profondeurs des montagnes, Pietari qui se promène avec une tenue de hockey renforcée par du gros scotch marron au niveau du postérieur afin d'éviter les fessées du soi-disant Santa Claus, etc. Bref, les bonnes idées fusent et elles sont surtout distillées avec inspiration. Que demande le peuple !?

"Toujours plus", me direz-vous. Toutefois, force est de constater que malheureusement, le rythme du film est un peu lent à se mettre en place, les ellipses sont très (trop ?) nombreuses (notamment en ce qui concerne les elfes, bien différents de ce à quoi on pouvait s'attendre…et dont on n'apprend vraiment pas grand chose) et on a cette désagréable impression (enfin du moins en ce qui me concerne) qu'il manque un "je-ne-sais-quoi" à ce film pour en faire un chef-d'œuvre qui resterait dans les annales, ce qui pourra en blaser certains c'est sûr. Mais bon, c'est tellement iconoclaste et novateur qu'il faut passer outre ces détails et profiter du spectacle qui nous est offert sans être trop exigeant, surtout si l'on voit combien le film a coûté !



Ainsi, après les très bons "Morse", "Dead Snow", "The troll hunter" et autres "Cold Prey", Père Noël Origines prouve encore une fois, que le cinéma de genre scandinave a de beaux jours devant lui. Un bon casting, des scènes sympas, un surprenant scénario, c'est plus qu'il n'en faut pour nous satisfaire. Et en plus, le film en profite pour mettre à mal l'esprit des fêtes avec son côté marketing à outrance, notamment avec le final assez drôle nous montrant que tout est propice au commerce et qui justifiera à lui seul le titre original du métrage…








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