RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4
(5 votes)
Un groupe de cinq randonneurs part escalader les Highlands d'Ecosse lorsqu'il découvre une fillette serbe enfermée dans une trappe et enterrée vivante en pleine forêt. Alors qu'ils tentent de la sauver, les ravisseurs les prennent en chasse tels des animaux et une course poursuite sans répit commence...



Le cinéma aime régulièrement nous le rappeler : la montagne est un endroit dangereux, même pour les habitués des sports extrêmes. Si l'on pense tout d'abord à des films comme "Cliffhanger" avec Stallone ou "Vertical limit", le cinéma horrifique s'est également approprié le thème par le biais d'un genre bien particulier : le survival alpin. Après "Humains" ou "Vertige", voici donc "Poursuite mortelle" de Julian Gilbey, dont c'est ici la quatrième réalisation.

Les premières minutes nous laissent admirer les sommets écossais qu'escalade le groupe de héros, parmi lesquels on retrouve notamment Melissa George après l'excellent "Triangle" (Franka "Creep" Potente devait apparemment tenir le rôle avant d'être remplacée). Adoptant de nombreux points de vue, du plan d'ensemble à diverses vues subjectives, le réalisateur anglais insiste d'emblée sur la beauté des paysages, mais aussi sur l'isolement de l'endroit. Car cette magie ne dure pas, et quand le groupe découvre une fillette enfermée dans une trape souterraine, le film bascule. Quelques délicieux instants de tension, l'impression d'une menace invisible observant constamment les héros : A lonely place to die intrigue rapidement et on pense alors assister à un film vraiment très intéressant.



Seulement Julian Gilbey va prendre un malin plaisir à nous surprendre régulièrement : rapidement, le survival alpin se mélange à une chasse plus classique, à laquelle vient s'ancrer une histoire de prise d'otage et de rançon, multipliant les personnages (on aura le groupe de départ, la fillette, les ravisseurs, les hommes engagés pour retrouver la fillette...) et les intrigues secondaires au détriment des qualités aperçues dans la première partie. La transition se fait même parfois de façon assez abrupte, et la première apparition des chasseurs vient par exemple horriblement trancher avec la tension présente jusque là. Le film semble dès lors n'être qu'une juxtaposition de différentes scènes issues de genres différents, donnant l'impression désagréable de devenir de moins en moins bon à chaque minute jusqu'à une conclusion vraiment mauvaise. C'est simple : en s'éloignant du survival alpin pour se transformer en pur thriller, Poursuite mortelle devient d'un ennui...mortel.



Ainsi, on passe en moins d'une heure de la beauté des paysages montagneux à la banalité d'une ville en fête où l'on peut apparemment massacrer des gens en toute impunité et où la police est d'une incompétence notoire. La tension disparait totalement, perdue quelque part entre des ficelles scénaristiques assez grotesques (on a, une fois de plus, ces tueurs n'arrivant à viser juste que lorsqu'ils ne visent pas les héros...), des dialogues inutiles (le monologue interminable du ravisseur venu récupérer l'argent) et des clichés issus des plus minables des films d'action.



Bref, pas besoin d'en dire beaucoup plus sur le sentiment de frustration qui domine lorsque l'on termine enfin ce film. J'aurai presque envie de conseiller aux lecteurs de ne regarder que la première partie, très réussie, avant d'assister impuissants au déclin progressif et inexplicable du film...








Du même réalisateur :