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Télévisions, téléphones portables et radio émettent depuis quelques minutes maintenant un signal étrange. Les personnes ayant le malheur d'utiliser ces appareils électroniques basculent alors dans une folie sanguinaire. Alors que la majeure partie de la population se massacre dans les rues, une jeune femme tente de survivre, suivie de près par son mari et son amant eux-mêmes en proie à ce mystérieux Mal qui sévit…



"The signal" : voilà bien un film original, imaginatif et terrifiant comme nous n'en voyons plus beaucoup depuis quelques années (plusieurs années diront même certains…). Une originalité due à plusieurs choses. La première est que le long-métrage que je vous présente aujourd'hui a été écrit et réalisé par trois scénaristes-réalisateurs différents. En découle alors un film découpé en trois segments distincts s'entrecoupant, nous plongeant dans trois ambiances différentes et ne se basant pas sur les mêmes registres du cinéma horrifique.
La deuxième chose rendant ce film si peu commun est cet ennemi surnaturel contre qui tentent de lutter les héros du film : notre propre téléviseur, ou plutôt l'ensemble des appareils électroniques susceptibles de propager des ondes électromagnétiques (téléphones portables, micro-ondes, radios…). Un concept rappelant bien-entendu quelques films du cinéma de genre (tels que le culte "videodrome", le discret "brainscan" ou encore le terrifiant "ring", malgré que ce dernier porte plus sur une cassette maudite) mais réussissant à se démarquer de ces derniers par sa réalisation originale portée par nos trois compères, David Bruckner, Jacob Gentry et Dan Bush.



En effet, comme dit précédemment, le film est découpé en trois parties. Trois segments très différents même si le thème principal du film reste préservé dans chacun (on peut en effet, à la manière du "videodrome" de Cronenberg, percevoir comme message de fond une critique de la manipulation des Médias, de l'influence de la télévision sur l'Homme). Chaque chapitre du film est rattaché à l'un des trois personnages principaux : dans chaque segment nous est dévoilé comment perçoivent tour à tour Mya, Lewis et Ben le Mal dans leur quotidien.

La première partie se rapproche plus volontiers d'un survival et nous plonge dans une ambiance plus horrifique que les deux autres segments, très proche de celle d'un film d'invasion de morts-vivants ou de gens contaminés (on ne peut s'empêcher de penser notamment à "28 jours plus tard" ou plus récemment à "la horde" par exemple). C'est dans ce segment que l'on comprend d'emblée que le Mal provient de la télévision et des ondes qu'elle propage (les nombreux plans sur la télévision brouillée par les ondes, notamment dans l'introduction du film, nous le font comprendre d'emblée).
On y suit Mya, jeune femme revenant de chez son amant (Ben) et se retrouvant face à son mari (Lewis) totalement envahi par une folie meurtrière. Très vite, la situation s'aggrave et c'est la majeure partie des habitants de l'immeuble qui perdent les pédales. Une première partie viscérale au rythme fort soutenu où la jeune Mya tente de survivre face à ces fous dangereux ne reculant devant rien (certains meurtres font froid dans le dos et s'avèrent assez violents pour certains comme par exemple ce passage où Lewis abat l'un de ses amis à coups de battes de base-ball).



La deuxième partie nous plonge dans une ambiance totalement différente. Fini le huit-clos dans l'immeuble de Lewis et Mya, nous sommes dorénavant conviés dans la demeure d'un couple s'apprêtant à festoyer pour le Nouvel An. Un segment versant dans la satire, la comédie noire et l'humour grinçant. Après Mya, c'est à présent au tour de Lewis de s'y coller et de nous plonger dans sa perception des choses. Sérieusement atteint par les ondes (ce dernier est resté assez longtemps scotché devant sa télévision il faut dire), le mari trompé va rentrer dans une folie totale : victime de nombreuses hallucinations où il a l'impression que sa femme s'envoie en l'air avec le premier venu, Lewis perd rapidement tout repère et s'en prend à toute personne qu'il soupçonne de copuler avec Mya, le tout dans une ambiance festive laissant l'humour et les dialogues absurdes se joindre à la fête.
Après un premier segment qui nous expliquait que les appareils électroniques étaient responsables de ces troubles mentaux, on apprend maintenant comment le Mal agit en chacun de nous : hallucinations, paranoïa, fureur… tant de symptômes difficilement guérissables qui mènent rapidement quelqu'un à la folie.

Enfin, la troisième partie nous plonge dans l'univers de Ben, l'amant de Mya. Plus spirituel, ce segment se rapproche plus volontiers du fantastique. On y suit donc Ben, en proie à des hallucinations passagères, qui essaie de résister tant bien que mal à l'appel des ondes électromagnétiques. S'aidant mutuellement avec un homme rencontré à la petite fête du second segment, Ben va tenter de retrouver sa tendre Mya dans cet univers apocalyptique (c'est à ce moment que l'on comprend que cette maladie n'est pas uniquement cantonnée dans un ensemble de quartiers mais au contraire se propage à vive allure partout). Un segment peut-être un peu brouillon par moment où le spectateur lui-même, victime de sa télévision probablement, peut perdre ses repères il faut bien l'avouer…



Mené tambours battants par un trio de réalisateurs inventifs et mis en boîte avec un budget dérisoire, "the signal" demeure un bon petit film de genre. Mêlant diverses ambiances permises par des approches différentes de chacun des trois scénaristes, le film s'avère plutôt réussi, même si l'on peut regretter cette impression que l'on a parfois de tourner un peu en rond dans l'intrigue et de perdre un peu pied dans la dernière partie. Le casting demeure en tout cas de très bonne qualité (notamment Justin Welborn interprétant le rôle de Ben) et les effets spéciaux et sanguinolents de bonne facture malgré ce manque de budget pas si flagrant au final.








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