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Atteint d'une maladie du sang pour laquelle il ne semble pas exister d'antidote, John Strauss se voit mourir petit à petit sans que personne ne puisse lui venir en aide. Dans une dernière tentative de guérison, le malheureux homme décide de revenir, en compagnie de sa femme Kathleen, sur l'île où il est né. Il va alors apprendre que ces ancêtres avaient semble-t-il pris pour habitude de procréer entre eux, une pratique donnant naissance à des enfants anormaux qui apparemment ne seraient à ce jour peut-être pas tous morts…



Inspirés par la nouvelle de H.P. Lovecraft intitulée "la peur qui rôde", Dan O'Bannon et Ronald Shusett (scénaristes de "Alien, le huitième passager" et "total recall" entre autres) donnent naissance au scénario du film "hémoglobine" (connu également sous les noms "hemoglobin" ou encore "bleeders").
Réalisé par un certain Peter Svatek, ce long-métrage mêlant mélodrame et film de monstres présente un casting canadien et américain dont le personnage principal n'est autre que Roy Dupuis, vedette de la télévision québécoise connue principalement pour son interprétation d'Ovila Pronovost dans "Les Filles de Caleb", une série télé très populaire au Canada au début des années 90.



Partant d'une idée plaisante mais ô combien déjà vue dans le septième art (la consanguinité et les conséquences que cela peut engendrer), il est cependant intéressant de voir que nous ne sommes pas uniquement plongés dans un banal film de monstres où des mutants encercleraient un groupe de survivants ultra-stéréotypés avec son lot de crétins habituels rêvant pour la plupart d'en découdre avec les vilains monstres tout pas beaux. En effet, "hémoglobine" nous confronte certes avec des mutants, fruits d'une consanguinité perpétrée visiblement de siècle en siècle, au vu du nombre de monstres que l'on peut voir (de sacrés fêtards dans la famille!), mais semble vouloir également, et ce dès les premières minutes de film, nous narrer le destin tragique de John Strauss, né de ces alliances intrafamiliales et aujourd'hui affaibli par une grave maladie du sang.

Vacillant entre drame (on suit les symptômes de John Strauss et l'impuissance de sa femme face à ce triste spectacle) et film de monstres (je vous présente la famille Beurk), "hémoglobine" ne parvient cependant pas à tirer son épingle du jeu. En effet, de nombreux défauts ne cessent de s'accumuler sur la pellicule au fur et à mesure que nous avançons dans l'histoire. Première chose qui marque dès les quinze premières minutes du film de part la façon de filmer ou encore la façon de jouer de certains acteurs : cette impression d'être face à un téléfilm et non un film à part entière. C'est mou (très mou même!), c'est long (très long même!), c'est plat (très… bon vous avez compris!) et ce trop-plein de dialogues sans réel intérêt ne fait qu'aggraver la situation.



Dommage de voir un traitement pareil quand on voit que de nombreux éléments sont réunis pour donner une certaine ambiance, une certaine mélancolie dans la narration, que ce soit au niveau des paysages (une île isolée du continent, un triste village de pêcheurs fouetté par les bourrasques de vent…) ou des personnages (un John Strauss terriblement affaibli par sa maladie lui causant de nombreux troubles en tous genres, une communauté d'insulaires peu nombreuse qui semble écartée du monde moderne, une riche propriétaire faisant de l'argent sur le dos des morts et dont la famille connait bien des soucis personnels…).

Le casting lui-même n'est pas extraordinaire malgré quelques têtes connues (Roy Dupuis, Rutger Hauer) : seule une actrice âgée jouant le rôle d'une petite vieille à moitié sénile retient notre attention par son interprétation sans faute (c'est mince, très mince…). Le reste du casting fait très amateur et renforce comme dit avant cette impression d'assister à un téléfilm, une impression renforcée par ce doublage français tout simplement horrible…



Niveau SFX, ne vous fiez pas au titre du film loin de là : ce dernier se réfère à la maladie du sang de John Strauss et non à un quelconque carnage sanguinolent perpétré par des monstres/mutants! (Reste cependant une scène d'autopsie sympathique et quelques mains rongées sans pour autant verser dans le répugnant).

Côté monstres, étrangement la pilule passe bien pour un film à petit budget : ça rappelle les films de monstres de série Z ou encore certains bons vieux bis de Gordon/Yuzna. Les mutants sont laids, défigurés et menaçants, à la manière d'un "creepozoids"!
De même que dans le film de Sieur DeCoteau, la menace visqueuse et répugnante vient de sous la ceinture : les monstres obtenus par incestes et autres mélanges sanguins sont petits et malheureusement lents et mous… Difficile alors de créer une certaine tension quand on sait qu'il suffit de faire deux-trois grandes enjambées en marchant pour leur échapper (dieu qu'ils sont lents!) : en ressort alors une menace moins pressante pour nos pauvres villageois qui vont toutefois tous se terrer dans un phare (la seule chose à ne pas faire : rien de mieux pour laisser les mutants vous encercler petit à petit) alors qu'il suffisait de marcher droit devant ou de prendre un bateau (c'est pas ce qui manque dans un port de pêche soit dit en passant…).

Bon, je pense qu'il est inutile de continuer plus loin la critique d'un film qui n'est au final qu'une belle déception. Voilà bien du potentiel dans les bases scénaristiques (merci H.P. Lovecraft) mais alors quelle mise en scène déplorable… Ah déception quand tu nous tiens…








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