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Paris, au tournant des années 1930. Hugo Cabret vient de perdre son père, horloger, et se retrouve orphelin. Alors qu'il vit dans une gare, le jeune garçon tente de réparer l'automate que son père cherchait à restaurer avant sa mort. N'hésitant pas à l'occasion à voler viennoiseries ou petits objets, il est pris en flagrant délit par un vieux monsieur tenant une boutique de jouets, qui lui confisque son carnet de croquis...



Il faut bien l'avouer : l'annonce de l'adaptation du roman pour enfants L'Invention de Hugo Cabret de Brian Selznick, par Martin Scorsese, plus habitué aux œuvres sombres qu'à cet univers plus léger, rendait immédiatement curieux. Quand en plus on apprenait que le film sera en 3D, la perplexité venait s'ajouter à cette curiosité. Des sentiments qui, à la sortie des 127 minutes que dure le film, sont vite oubliés, effacés par cette impression délicieuse d'avoir vécu un moment merveilleux, de cette magie qui imbibait les œuvres d'un certain Georges Méliès.



Pendant toute sa première partie, Hugo Cabret suit le schéma classique du film d'aventures familial : le jeune orphelin débrouillard doit échapper au terrible inspecteur, se lie d'amitié avec une jeune fille et est amené à résoudre un mystère. Il évolue ainsi dans une gare parisienne pleine de personnages hauts en couleurs, des personnages âgés tentant maladroitement de se faire la cour, à la jolie fleuriste, en passant par le vieux responsable d'une boutique de jouets autour duquel l'intrigue se centrera finalement. Une partie fort réussie, riches en émotions, en passages cocasses et en morceaux de bravoure (les poursuites entre Hugo, l'inspecteur et le chien de ce dernier sont de grands moments) qui se révélera n'être qu'une introduction au cœur même du film.

Car Martin Scorsese vient ici rendre un hommage exceptionnel aux premières heures du cinéma. Si les films de Georges Méliès, et principalement son "Voyage dans la Lune", constituent l'essentiel du spectacle, Hugo Cabret fait défiler devant nos yeux émerveillés des images des tous premiers films, de "L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat" à "Safety Last !", film qu'Hugo Cabret ira voir au cinéma avec son amie avant de reproduire malgré lui la célèbre scène où Harold Lloyd est suspendu aux aiguilles d'une horloge en haut d'un gratte-ciel. Scorsese remplit d'ailleurs son film de détails résonnant comme autant d'hommages aux films de cette époque, de cet automate à réparer à la jambe de l'inspecteur dont les mouvements saccadés rappellent inévitablement ceux des comédiens des années 1900.



Pour nous plonger dans cet univers si particulier et si propice à la nostalgie, le réalisateur de "Shutter Island" (oui, j'aurais pu en citer d'autres) s'est entouré d'une bien belle brochette d'acteurs, notamment parmi les seconds rôles. Le jeune Hugo Cabret est interprété par Asa Butterfield ("Nanny McPhee et le Big Bang" ) ; Chloë Moretz, qui entre "Kick-Ass" ou "Laisse-moi entrer" commence déjà à avoir une jolie filmographie, est son amie Isabelle ; le responsable de la boutique de jouets, dont la véritable identité sera le principal mystère du film, est joué par Ben Kingsley ("La Liste de Schindler", "La Jeune fille ou la mort" ou encore "Shutter Island"). Le reste du casting réunit des noms tels que Christopher Lee (faut-il encore le présenter ?), Sacha Baron Cohen ("Borat"), Jude Law ("eXistenZ", "Contagion"), Michael Stuhlbarg ("Mensonges d'Etat"), Emily Mortimer ("Scream 3", "Shutter Island"), et des acteurs récurrents de la saga Harry Potter : Helen McCrory, Richard Griffiths et Frances de la Tour.



Bref, "Hugo Cabret" est une déclaration d'amour aux origines du cinéma et à sa magie. Une magie devenue trop rare mais que le réalisateur, très loin de ses thèmes habituels, ressuscite pendant environ 2 heures, nous transportant dans un autre monde. Merci, monsieur Scorsese.








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