RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Eli Craig

Scénariste
Eli Craig

Date de sortie
2010

Genre
slashers

Tagline


Cast
Tyler Labine
Alan Tudyk
Jesse Moss
Katrina Bowden
Philip Granger
Chelan Simmons


Pays
Etats-Unis, Canada

Production


Musique
Mike Shields

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.2
(17 votes)
Tucker & Dale trimbalent ses guêtres cinématographiques dans tous les festivals depuis 2010. Fier de nombreux prix, et d'un public convaincu, il ne manquait qu'une "petite" chose : une sortie Française. Heureusement, les petits gars de Wild Bunch sont là pour nous flatter le cortex cinéphilique. Tucker & Dale commence comme tout slasher/survival qui se respecte depuis "Massacre à la tronçonneuse" : une bande de post-adolescents proprets et insupportables partent camper. Évidemment, tous les clichés sont là pour charmer le public le plus large possible : la bimbo, le geek, le sportifs, l'intello, etc. (Manque plus que le chien, et ça nous fait un épisode de Scooby Doo avec du sang en bonus !). Comme tous les adolescents américains normalement constitués, ceux de Tucker & Dale ont décidé d'aller camper en plein milieu de nulle part, là où rôdent les méchants péquenauds arriérés débiteurs de têtes. Fort heureusement pour nous, humbles spectateurs avides de films écrits et réalisés avec talent, Tucker & Dale ne s'arrête pas là. A l'instant où la collection de clichés devient trop lourde à avaler, le film prend un nouveau virage...



Dans le film d'Eli Craig, les vilains, ce sont ces têtes de cons d'adolescents. Bercés de légendes urbaines, abrutis de clichés en tous genres, pour eux sortir de la ville c'est courir le risque de revivre "Délivrance" ou "La Colline à des Yeux".

A l'inverse, les deux héros sont Tucker et Dale, deux mecs simples, pas particulièrement citadins, mais complètement attachants. Les deux bougres vont se retrouver face à une horde de jeunes, persuadés d'avoir à faire à Leather Face.



Avec un sujet simple (presque simpliste), Eli Craig et Morgan Jurgenson réussissent à faire vibrer le spectateur. Loin de poser sur le genre, un regard d'intello snobinard, ou d'investisseur avide, les deux créateurs nous servent leur amour du genre par pelletées. Tucker & Dale surfent sur les clichés du film de genre, pour mieux les détourner et s'en moquer – mais s'en moquer intelligemment, et sans tourner le genre en ridicule.

Pour autant, Tucker & Dale n'est pas non plus une overdose de clins d'œil. Certes ils sont légions, mais ils servent de trampoline à divers gags et situations rocambolesques (oui j'avais une subite envie d'utiliser le mot "rocambolesque". "Mot compte triple" comme dirait ma grand-mère). Ces références appuient le comique de situation d'une fort belle manière.



Tucker & Dale c'est un peu ce qu'aurait fait Molière, si il avait vécu en 2010, qu'il avait été fan de cinéma de genre et s'il s'était retrouvé à écrire des scénarios. Tucker & Dale c'est le "Tartuffe" du cinéma de genre, "Le médecin malgré lui" du slasher, "Les fourberies de Scapin" du film d'horreur.
Le duo créateur de ce film a en effet réussi à enchainer les quiproquos donnant lieu à des résultats plus que malencontreux. C'est parfois fin, parfois moins, mais c'est toujours drôle et bien amené.

Bref, c'est un plaisir pour la cornée, le cortex et les esgourdes.



Comme les choses les plus courtes sont les meilleures – et ce n'est pas Blanche-neige qui me contredira – je ne m'étendrai pas plus sur le film.

Une chose simplement : bougez-vous pour aller le voir en salle et encourager les distributeurs à nous ramener ce genre de films dans les salles françaises !








Du même réalisateur :