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Des cerfs sont retrouvés morts dans une exploitation agricole, des traces de morsures plein le corps. Une famille de chasseurs se lance alors à la recherche de ce prédateur qui semble avoir élu domicile dans la forêt avoisinante. S'ensuit alors une traque durant laquelle nos amis chasseurs vont rapidement devenir les proies…



Petit film de genre en provenance de nos contrées, "la traque" est un survival forestier mis en scène par un certain Antoine Blossier dans lequel on retrouve quelques têtes bien connues du cinéma hexagonal comme François Levantal, Bérénice Bejo ou encore Grégoire Colin.
Certes, les survivals mettant en scène des humains aux prises avec des animaux dangereux sont légion, mais il est important ici de mentionner qu'il ne s'agit pas de crocodiles, de requins ou encore de chiens, comme nous avons l'habitude d'en voir ces derniers temps, mais de sangliers. Un animal fort peu représenté dans le cinéma de genre et dont l'on retient principalement "razorback" et "chaw" comme pellicules le mettant en scène.



A la manière d'un "evil dead" ou d'un "projet Blair Witch", le film d'Antoine Blossier nous confronte à deux peurs bien connues et souvent exploitées au cinéma que sont la peur de l'obscurité (une grande partie du film se passe la nuit) et la peur de la forêt (ses arbres aux branches menaçantes, sa végétation pouvant cacher de multiples dangers et cette sensation que l'on a d'être constamment épié).
Quoi de mieux donc que de rajouter dans cet environnement peu accueillant de redoutables prédateurs, histoire de renforcer cette inquiétude qui émane de cette petite escapade en forêt en pleine nuit?

Mais malheureusement, malgré une volonté certaine de l'équipe du film et la présence de tous ces éléments censés tenir le spectateur en haleine et le faire frissonner, force est de constater que "la traque" ne fait pas l'effet escompté. Pire, au lieu de susciter l'effroi, ce dernier ennuie de part ses longueurs inutiles (alors que le film ne fait déjà que 1h15 environ), ses maladresses (des attaques peu surprenantes, une musique bien trop présente nuisant à la mise en place d'une ambiance pesante) et son côté très répétitif (des grognements et des bruissements de fougères en veux-tu en voilà sans quasi jamais voir de sangliers : la suggestion peut parfois s'avérer efficace dans un film, c'est le cas de "open water" ou "black water" pour ne prendre que des exemples récents dans le domaine animalier, mais quand cette dernière est moyennement maîtrisée, l'ennui se fait vite ressentir).

Heureusement, la dernière partie du film relève le niveau de ce dernier en nous proposant des séquences plus rythmées ainsi qu'un final assez sympathique il faut l'admettre. Les attaques animales et les conflits entre humains s'enchaînent alors sans baisse de régime pour nous amener à un final soudain, en contraste parfait avec le début du film relativement long et ennuyeux.



Pour ce qui est du scénario à proprement parlé, si l'on met de côté les segments poussifs cités ci-avant, ce dernier tient globalement la route et se permet même de surprendre à deux-trois occasions en ne tombant pas dans des ficelles vues et revues (même si cette histoire de produits chimiques/radioactifs déversés dans l'eau ne reflète en rien une preuve d'originalité, bien au contraire). Les réactions des personnages sont plutôt cohérentes en général et, malgré quelques stéréotypes vus et revus (l'intello de service, le chef d'entreprise vénal et magouilleur, les chasseurs virils et fonceurs), ces derniers arrivent même à nous surprendre de temps à autres.

Car effectivement, "la traque" ce n'est pas simplement un survival où des humains se font courser par des bêtes féroces en pleine forêt : c'est également une histoire de famille, de gros sous et de magouilles en parallèle. Les sangliers sanguinaires ne souhaitant visiblement pas trop se montrer durant une grande partie du film, altercations et bagarres entre membres d'une même famille sont également de la partie pour nous faire passer le temps dans cette forêt devenue le siège de querelles familiales…

Les sangliers, parlons-en justement! Hé bien pour être franc, on ne les voit quasi pas, une grande partie des attaques animales se faisant hors champs. On aperçoit de temps à autres une tête de sanglier mais il n'y a rien de plus à se mettre sous la dent. D'ailleurs, mis à part les bruissements des fougères et autres végétaux environnants ainsi que quelques grognements disséminés à divers moments du film, voici quasi les seules manifestations animales que vous aurez durant les cinquante premières minutes de film.
Par ailleurs, même si cette obscurité omniprésente dès la 33ème minute contribue à renforcer cette ambiance angoissante (qui finalement demeure selon moi un objectif non atteint), il est fâcheux de constater qu'elle nous empêche également de distinguer correctement nos sangliers…



"La traque" est la preuve même qu'une musique de bonne facture, de beaux décors et de bons acteurs ne suffisent pas pour faire un bon film. En effet, le film d'Antoine Blossier déçoit par son manque de rythme et cette ambiance angoissante non maîtrisée. Alors que tout semblait être présent pour nous donner là un survival animalier effrayant à souhait au fin fond des bois avec à nos trousses des bêtes sanguinaires avides de chair fraîche, nous nous retrouvons avec une banale chasse au sanglier qui n'arrive finalement à nous tenir en haleine que dans les 25 dernières minutes de film (c'est court, trop court…).








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