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Un couple de la haute classe britannique piège des SDF en leur promettant un bon repas et de l'argent pour mieux les soumettre à des jeux humiliants ; un médecin recueille le sperme d'un homme au sexe démesuré dans le but d'en faire une drogue surpuissante ; une administratrice du bureau règle ses problèmes en abusant de son partenaire émotionnellement à travers une routine sexuelle dégradante...



Trois histoires, trois segments, trente minutes chacun : voici venir d'outre-Manche "Little Deaths" autour des thèmes de la mort, de l'addiction et du sexe ("little death" signifiant d'ailleurs "petite mort", qui est une métaphore désignant l'orgasme). Signés respectivement par Sean Hogan,Andrew Parkinson et Simon Rumley, réalisateur indépendants de Londres, les trois parties de ce film vont traiter ces sujets de façons très différentes, mais avec la même réussite.

Dans "House and home", un couple bien sous tous rapports n'a qu'une seule façon de pimenter une vie conjugale terne depuis longtemps : enlever des sans-domicile-fixe et abuser d'eux dans des jeux sexuels humiliants. Si l'histoire est assez prévisible, l'opposition entre l'apparence des tortionnaires et le côté malsain de leurs actes classique, ce segment demeure assez efficace grâce à un impeccable jeu d'acteurs et une progression intéressante, s'attardant notamment sur les ruses mises en oeuvre pour attirer et mettre en confiance la future proie. Dommage que le final, certes inattendu, tranche radicalement avec le reste de cette première partie qui demeure néanmoins un excellent moyen d'ouvrir le bal, le segment de Sean Hogan étant le plus classique des trois.



Avec "Mutant tool", Andrew Parkinson nous offre la partie la plus étrange, dont le synopsis indique rapidement le ton. Nous y suivons le parcours d'une prostituée tentant de guérir de son addiction pour la drogue. Elle suit alors un traitement, prenant à son insu des pilules issues d'expériences inspirées des savants nazis, consistant à recueillir le sperme d'un homme au sexe énorme. Assez malsain, notamment lors des scènes mettant en images le cobaye (qui n'aurait peut-être pas déplu à Clive Barker) et grâce à des thèmes assez glauques (vols d'organes, expérimentations nazies, drogues, etc...), ce segment a finalement pour principal défaut d'être un peu trop prévisible et un peu répétitif.



Le film se termine sur une dernière oeuvre au nom évocateur, "Bitch", revenant à une histoire plus réaliste mais non moins dérangeante. Ici une jeune femme, Claire, fait subir de multiples humiliations à son partenaire, l'obligeant à vivre comme un animal (l'homme dort dans une niche et porte un masque de chien), le contraignant à des pratiques sexuelles dégradantes et le trompant à la moindre occasion. Evidemment, ce dernier ne manquera pas de se venger dans un final particulièrement perturbant, en utilisant les fantasmes et les phobies de la jeune femme contre elle. Simon Rumley s'attache ici à nous dépeindre les relations entre les deux personnages pour mieux nous faire détester Claire et nous montrer le désespoir grandissant de Pete et ainsi frapper très fort dans les dernières minutes.



"Little Deaths" nous offre donc trois segments de qualité, parfois assez glauques, et confirme l'excellente santé du cinéma fantastique britannique. Difficile de choisir une oeuvre plutôt qu'une autre, les films de Hogan, Parkinson et Rumley étant de qualité comparable malgré des approches résolument différentes. J'ai personnellement une préférence pour "Bitch", mais ce ne sera qu'une affaire de goût, chaque partie étant de toute manière très réussie.

Disponible chez Emylia






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