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Réalisation
Tom Six

Scénariste
Tom Six

Date de sortie
2011

Genre
Trash

Tagline


Cast
Laurence R. Harvey
Ashlynn Yennie
Maddi Black.


Pays
Pays-Bas

Production


Musique
James Edward Barker

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.2
(11 votes)
Un homme sexuellement obsédé par le DVD du film The Human Centipede se met en tête de réaliser l'opération...



Bien, bien. Qu'avons-nous là ?

La suite de glauque et cintré "The human centipede" où un savant fou, à la sauce nazi, se mettait en tête de créer un centipède en reliant trois personnes par leurs tubes digestifs. Malsain jusqu'au bout des ongles, certes, mais avec une volonté affirmée de rester le plus possible dans le hors-champ quand aux atrocités perpétrées par le bon docteur.

Pour ce second volet de ce qui devrait être une trilogie, le réalisateur Tom Six avait annoncé à qui veut l'entendre que celui-ci serait bien plus "full frontal" en matière de crade, de trash et de gore.. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas menti sur la marchandise, malgré les coupes apparemment imposées par la censure britannique.



Le métrage s'ouvre sur les dernières minutes du premier opus. La caméra recule et l'on découvre un homme regardant le film en question dans sa guérite de gardien de parking souterrain.. Cet homme est laid, adipeux, gros, très gros, on découvre aussi très vite qu'il n'est pas spécialement un intellectuel de gauche (ou de droit, ou de Véga du Centaure d'ailleurs).
Abusé dans son enfance, vivant avec sa mère, souffreteux, handicapé, quasi-muet, solitaire, il voue un culte inébranlable à "The human centipede".
Se masturbant avec du papier de verre devant son film fétiche (petit grain ou gros grain ? on ne saura pas), il se fabrique religieusement une sorte de livre avec des photos des acteurs et consciencieusement aligne les schémas de l'opération du savant fou.
On l'aura compris, il va vouloir, lui aussi, créer son propre centipède humain, tout en y apportant une légère "amélioration" passant de trois à douze segments.

Cette mise en bouche, si l'on ose dire, démontre soit que M.Six est un réalisateur fort téméraire, soit complètement démago. Prendre pour "héros", un des fans putatifs de son film, qui va se mettre à refaire, en pire, des choses abominables, c'est pour le moins tendre le bâton de la critique pour se faire battre. A moins que ce ne soit une volonté de faire déféquer la censure ? Chacun en jugera.



Tourné dans un noir et blanc sordide (ressemblant étrangement à celui d'"Eraserhead", à moins que le chroniqueur ait encore abusé de vin primeur. Là s'arrête par ailleurs la comparaison, non pas avec le vin, mais avec le film de Lynch) donnant tout de suite le ton de ce qui va suivre.

Une petite première heure, où la montée dans les tours de l'ignominie qui s'annonce, renvoie inévitablement à l'ambiance de l'opus précédent. Oscillant entre scènes de vie de Martin le détraqué, entouré d'une mère castratrice, d'un docteur pervers et recherche de futurs cobayes, notre héros au regard si doux s'ébroue dans un climat lugubre, blafard où le mot glauque prend tout son sens.
The Human Centipede 2 bascule totalement et définitivement dans le trash le plus ordurier dans une dernière demi-heure épouvantablement malsaine.
Recourant à des "méthodes artisanales" pour créer son chilopode, Martin coupe les chairs, les muscles, les tendons, agrafe littéralement les séquestrés les uns aux autres, le tout dans un climat de cris, de hurlements, de suppliques. Martin jubile, donne un nouveau sens à l'utilisation d'un médicament contre la constipation, atteint son Graal.



Un acteur hors du commun au physique impensable (Laurence R. Harvey) dont on se demande où Tom Six a bien pu le dénicher. Une vraie gueule de cinéma, qui donne tout son suc à son personnage, l'un des plus jobard jamais vu sur un écran. Un humour plus noir que le rectum d'un mineur de fond où l'on apprendra notamment que vouloir absolument tourner sous les ordres de Tarantino n'est pas forcément une bonne chose.
The Human Centipede 2 n'usurpe certes pas sa sulfureuse réputation, c'est dégeulasse, trash, sadique, malsain, psychologiquement éprouvant et donc réussi dans son genre bien particulier.
On pourra toutefois, comme l'auteur de ces lignes, lui préférer son grand-frère, mais c'est une affaire de (mauvais) goût

A réserver à un public très averti, cela va sans dire. Un public qui maintenant attend de pied ferme (ou de tout autre organe) le troisième opus, surtout si le bouche à cul, pardon, le bouche à oreille fonctionne aussi bien que pour le premier segment.