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2 juillet. De gigantesques vaisseaux venus de l'espace prennent position autour des grandes métropoles du monde et commencent leur oeuvre de destruction. Ces envahisseurs veulent anéantir la race humaine afin de profiter des ressources de la planète. Le dernier espoir du monde se retrouve entre les mains d'un groupe de survivants détérminés, unis pour riposter aux aliens...



Alors qu'il est en pleine promotion de son "Stargate" en Europe, Roland Emmerich avoue ne pas croire aux extraterrestres, mais reste fasciné par l'idée d'une invasion à grande échelle : il n'en fallait pas plus pour imaginer le sujet de son prochain film. Bénéficiant d'un large budget, Roland Emmerich va ainsi pouvoir montrer pour la première fois toute sa démesure, à grand renfort d'effets spéciaux (dont le nombre constituera un record à l'époque) et de publicités, inaugurant par exemple la pratique de réserver le tout premier trailer d'un blockbuster à la finale du SuperBowl.



Reconnaissons-le : niveau spectaculaire, "ID4" est particulièrement réussi et ses effets spéciaux n'ont quasiment pas vieilli. Certaines scènes, comme l'arrivée des vaisseaux au-dessus des grandes villes ou le célèbre mur de flammes détruisant tout sur son passage, sont particulièrement mémorables. Dans sa folie destructrice, Roland Emmerich ne s'impose aucune limite et va jusqu'à détruire la Maison Blanche, point d'orgue d'une formidable première partie. Malheureusement, c'est ensuite que ça se gâte. Parce qu' "Independence Day" devient dès lors une ode au patriotisme ringard à la morale parfois nauséabonde, tentant de camoufler le tout sous son aspect "trop cool"...



Dès les premières secondes pourtant, le ton est donné avec ce plan sur le drapeau américain figé sur la Lune, ces plans furtifs sur divers monuments à la gloire du passé militaire des Etats-Unis, comme le Iwo Jima Memorial. Plus amusant encore, la décoration du bureau du Président des Etats-Unis nous laissant admirer une magnifique photo de ce dernier en compagnie du Dalaï Lama. Bref, Emmerich rappelle déjà que les Etats-Unis sont les meilleurs, et que leur président est génial. Tout ceci sera magnifié par la suite, les américains se posant comme les seuls à pouvoir sauver le monde pendant que les autres nations attendent, pendues aux lèvres du gendre idéal au charisme de légume qui devient alors le maître du monde et ose les discours les plus ringards. Et ces aliens, dont la technologie écrase pourtant ce qui existe sur Terre, qui osent attaquer début juillet...Une erreur fatale !

Les autres personnages constituent d'ailleurs un formidable ensemble, entre le juif divorcé dont les talents sont sous-exploités (pauvre Jeff Goldblum), le scientifique très-très fou, le pilote de chasse courageux et cool (Will Smith, encore supportable à l'époque et qui apporte un sens de l'à-propos souvent réjouissant) ou encore l'ancien pilote alcoolique (Randy Quaid). Une galerie de stéréotypes telle qu'on se demande parfois si le film ne joue pas volontairement la carte de l'exagération, comme le fera plus tard la même année le "Mars Attacks !" de Tim Burton. J'ai toujours énormément de mal à imaginer que le monologue de Bill Pullman face à ses troupes, avec sa musique patriotique et ses réactions grotesques, n'est pas parodique, même si les futurs films de Emmerich laissent finalement voir un premier degré assez affligeant. Assez malsain même, si on s'amuse à remarquer que pour survivre chez Emmerich, mieux vaut être un chien ou une strip-teaseuse qu'un homosexuel ou la femme du président (votre rédacteur ne cautionne évidemment pas une telle hiérarchie, d'autant qu'il préfère les chats).



Véritable plaisir coupable, Independence Day brille par son côté spectaculaire et joyeusement rentre-dedans en décrivant une invasion extraterrestre d'une ampleur rarement égalée. Un parfait divertissement si l'on ne gratte pas la mince couche de vernis dissimulant un fond assez gênant...