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Une jeune médium est assassinée par un mystérieux tueur masqué qui s'avérera être une femme. Cette dernière, membre de la même famille que sa victime, est à la recherche d'un tableau d'une grande valeur représentant leur ancêtre, une ancienne sorcière qui a été condamnée au bûcher. Malheureusement pour elle, la toile est également convoitée par un individu qui l'assassine sauvagement. Le meurtrier est contrarié dans sa recherche du précieux objet par l'arrivée de cinq amis venus passer un week-end tranquille dans cette grande demeure. Les cinq camarades ne se doutent pas qu'ils vont devenir la cible de l'assassin…



Après "Blackaria" en 2009, le duo François Gaillard et Christophe Robin remet le couvert et nous balance à la figure le "premier film de Glam Gore" dixit l'affiche ! Réalisé un an après le titre précité, voici donc Last Caress, nom toujours puisé dans la discographie de Glenn Danzig, marque de fabrique de monsieur Gaillard. Si le tournage s'est fait dans l'urgence, avec seulement 20 jours à disposition pour réaliser le film mais avec des journées de tournage marathon, épuisantes pour les acteurs et l'équipe technique, le duo a néanmoins trouvé une aide financière grâce à l'éditeur Le chat qui fume qui a décidé de coproduire ce nouveau long métrage avec l'association School's Out. Une aubaine pour les deux réalisateurs, qui ont pu mettre à nouveau en images leur univers gore et décadent. Tout comme "Blackaria", Last Caress fait la part belle au giallo et à sa symbolique, mais pas seulement. Le film s'amuse à explorer d'autres univers, comme celui de la sorcellerie ou de la nunsploitation. Un mélange de genres qui pourra surprendre ou faire dire que le film n'a pas vraiment d'unité ou de cohérence mais au final, ça passe vraiment bien et le film parvient sans peine à nous donner quelque chose d'important : du plaisir.



Evidemment, Last Caress n'a rien d'un blockbuster. Le casting reste amateur (on retrouve des têtes bien connues pour ceux qui ont vu "Blackaria"), n'évite pas toujours le côté un peu théâtral dans l'interprétation ou la prononciation des dialogues et le budget n'est en rien pharaonique. Qu'importe. Le duo a d'autres cordes à son arc, bien plus importantes que les précieux billets verts : la passion et le talent. Si on pourra à la rigueur reprocher au film un manque de consistance au niveau scénaristique, avec des enjeux pas vraiment convaincants (on ne sait pas vraiment pourquoi ce tableau a tant d'importance aux yeux de ceux qui le cherchent par exemple, le final nous laissera un peu sur notre fin, finissant en queue de poisson même s'il vient expliciter le titre…) ou bien encore des dialogues pas toujours au top, on ne pourra en revanche rien dire quant à la réalisation, au placement de la caméra, à l'esthétisme des séquences, à la façon de filmer les femmes (les images les subliment), au plaisir de découvrir les nombreux clins d'œil aux films qu'on aime (citons pêle-mêle "Six Femmes pour l'assassin", "La mort caresse à minuit", "Les frissons de l'angoisse", "Cinq filles dans une nuit chaude d'été", "Ténèbres", "La Baie Sanglante", "Inferno", "Les Diables" et j'en passe…) et surtout à la qualité des effets gore, réalisés par David Scherer, qui a dû bien s'amuser sur le tournage. Autre élément capital à la réussite du film, la musique de Double Dragon, qui vient rythmer de façon admirable les images qu'elle accompagne. Un personnage à part entière que cette bande-originale.



Bref, Last Caress revendique son style "Glam Gore" à 100%, ne s'embarrasse pas d'éléments superflus, bénéficie d'une réalisation nerveuse et de séquences de meurtres particulièrement efficaces qui nous font oublier les petites maladresses ou défauts du film. Les amateurs de gore seront aux anges parce que le sang coule à flots dans Last Caress ! Ca saigne, ça taillade, ça coupe, ça charcle, sans aucune retenue et dans une bonne humeur qui fait plaisir à voir. Le film se montre d'une générosité débordante à ce niveau et ce catalogue d'assassinats avec diverses armes est des plus réjouissants. L'ambiance giallesque est bien rendue et l'esthétisme apporté aux cadrages, aux tenues des actrices ou à la lumière est franchement bien travaillé. On sent vraiment qu'un effort particulier a été fait sur ces points. Quant aux scènes appartenant au domaine de la sorcellerie, elles se révèlent également efficaces et bien réalisées, notamment ce début de possession d'une des actrices lors d'une partie d'invocation des esprits ou bien la descente du tueur dans les sous-sols de la maison, qui nous évoque le "Inferno" d'Argento. Les flashbacks nous présentant le destin funeste de la femme représentée sur le tableau seront également l'occasion d'admirer les courbes sensuelles de l'actrice incarnant ce personnage, et d'assister au plaisant passage avec des nonnes revanchardes qui n'hésitent pas à fouetter et à torturer leur pauvre victime. On remarquera la charmante Elsa Toro, pas assez mise en valeur à mon goût. En tout cas, les copines de François et de Christophe sont rudement jolies…



Plus rentre-dedans, plus direct, plus nerveux, plus gore que "Blackaria", Last Caress s'avère une très bonne surprise pour ce type de productions à budget ultra mince, certes pas parfaite, mais qui prouve une nouvelle fois qu'on peut faire du cinéma Bis en France avec des petits budgets, quand l'amour du genre est présent. Le film procure un vrai plaisir pour cinéphiles déviants et saura satisfaire un public d'initiés. Bien joué messieurs !








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