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Vic Ajax va dans quelques instants passer sur la chaise électrique pour des crimes qu'il n'a pas commis. Ce malheureux installateur de vidéos surveillance va alors raconter ce qui s'est passé ce jour-là : de l'assassinat de ses deux directeurs par un duo de dératiseurs tueurs à gages en passant par la suppression de tous les témoins du double meurtre, pour finir par une déclaration amoureuse pour la belle Nancy.



Après un tonitruant "evil dead", le réalisateur Sam Raimi décide de se lancer dans une petite comédie absurde, pétillante et bourrée d'humour noire et de références au cinéma de genre et au cartoon. Répondant au doux nom de "crimewave" (alias "mort sur le grill" sur nos bonnes vieilles terres francophones), ce petit film un brin déjanté sorti avant la célèbre suite d' "evil dead" est le fruit à nouveau d'une collaboration entre les frères Coen ("sang pour sang", "le grand saut", "fargo", "the big Lebowski"…) et Sam Raimi.

Coécrit par nos trois loustiques, "mort sur le grill" se devait de montrer toute l'excentricité de ses géniteurs et c'est chose faite : comédie délirante, absurde et totalement décalée, le film fait l'effet d'un tour de montagnes russes endiablé, nous propulsant de situations ridicules en situations extravagantes, telle une bille dans un flipper qui n'en finirait plus de valdinguer de droite à gauche du plateau électronique.



Rythme effréné, péripéties à gogo et mouvements de caméra hors norme signés Sam Raimi, "mort sur le grill" ne laisse aucun répit pour son public, toute situation trouvant à sa portée une ou plusieurs idée(s) débile(s), complètement loufoque(s), à mettre en avant.

Certes, on pourra reprocher au film de ne pas avoir une intrigue très recherchée mais on se rend finalement vite compte que ce choix permet d'insérer les idées les plus farfelues et les péripéties les plus idiotes que nos chers co-scénaristes avaient alors en tête au moment d'élaborer l'histoire autour de ce fil conducteur très simple et laissant libre cours à toute fantaisie bienvenue.

Il est amusant d'ailleurs de voir le contraste flagrant entre l'introduction du film nous montrant la grande puissance américaine (avec ses fières et importantes multinationales telles Pepsi et General Motors, tout en critiquant les sociétés étrangères : "les saloperies de parapluies japonais" dixit un personnage) et le reste du film nous dévoilant une ribambelle de citoyens américains totalement idiots et déjantés.



Ce qui plait également dans le film de Sam Raimi et le rend si peu commun, c'est cette approche très cartoonesque avec ces scènes rappelant les meilleurs épisodes de Titi et Grominet, Bugs Bunny et Sam le Pirate ou Bip-Bip et le Coyote : course-poursuite finale rocambolesque, défonçages de portes en carton, nuage de fumée prenant la forme d'une pin-up… sans oublier une musique de fond, des effets sonores et des contrastes de couleurs rappelant machinalement l'univers Tex Avery.

Les personnages eux-mêmes apportent une dimension très cartoon au film de Sam Raimi, à commencer par son héros à côté de la plaque du début à la fin, toujours là pour se prendre une baffe ou un coup de poing. N'oublions pas également le duo de dératiseurs tueurs à gages totalement idiots rappelant par leurs faciès les méchants les plus connus de l'univers Cartoon : mélange de Sam le Pirate et Vil le Coyote pour l'un et Elmer Fudd pour l'autre (une ressemblance vraiment frappante).

Notons également la présence de deux acteurs bien connus participant à cette fresque cartoonesque bourrée d'humour noire que sont Bruce Campbell (dans le rôle d'un macho surnommé le goujat) et Louise Lasser (que l'on a pu voir dans de nombreux films de Woody Allen : "Lily la tigresse", "bananas", "prends l'oseille et tire-toi", "stardust memories", "tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe…sans jamais oser le demander"…).

Un casting au final assez simple mais si pétillant et hors norme que l'on adhère immédiatement à ce dernier si l'on aime l'absurde et le grand-guignolesque.



Au final, ce "mort sur le grill" est une bonne petite surprise du milieu des années 80, mélangeant humour noire, univers cartoon et cinéma de genre. Un film à voir et à conserver pourquoi pas entre un "the mask" et un "qui veut la peau de Roger Rabbit?".