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Réalisation
Lewis Jackson

Scénariste
Lewis Jackson

Date de sortie
1980

Genre
tueurs fous

Tagline


Cast
Brandon Maggart
Jeffrey Demunn
Dianne Hull
Andy Fenwick
Brian Neville…


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Danny Federici

Effets spéciaux



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Moyenne: 2.1
(11 votes)
Noël 1947. Le jeune Harry, désireux de voir le Père-Noël et de prouver à son frère Philippe que ce dernier existe vraiment, se lève de son lit et descend dans son salon. Que ne fut pas sa surprise quand il aperçoit sa mère en plein ébat amoureux avec l'idole de tous les gentils enfants! Un traumatisme qui le poursuivra jusque dans sa vie adulte. Trente années se sont écoulées et Harry travaille aujourd'hui dans une usine de jouets, sa passion pour la tradition de Noël l'ayant poussé à suivre cette direction. Son existence toute entière tourne autour des fêtes de Noël, si bien qu'il décide cette année de gâter les gentils enfants. Mais malheureusement, tout le monde ne s'est pas montré gentil cette année et encore moins avec ce cher Harry, pour ceux-ci notre Père-Noël d'un soir leur réserve une petite surprise…



Alors que les 70's ont vu fleurir une ribambelle de slashers de tous types, des réalisateurs tentent de suivre ce chemin la décennie suivante, période où ce genre commence déjà parfois à montrer certaines limites et s'essouffle suite à la sortie de films assez décevants (citons les exemples entre autres de "le bal de l'horreur" de Paul Lynch en 1980, "scalps" de Fred Olen Ray en 1983 ou encore "week-end de terreur" de Fred Walton en 1986).

C'est dans ce contexte que sort en 1980 le premier film d'un certain Lewis Jackson intitulé "christmas evil". A l'époque, les périodes de fête et autres dates clés du calendrier étaient prises pour cible par certains réalisateurs de films d'horreur et plus particulièrement de slashers, en témoignent "vendredi 13", "réveillon sanglant", "black christmas", "meurtres à la saint-valentin" ou encore "halloween" (alias "la nuit des masques") bien-entendu. "Christmas evil" ne déroge pas à la règle et reprend le thème de Noël, six ans après le culte "black christmas" et quelques années avant d'autres classiques du genre que sont "douce nuit sanglante nuit" ou encore "3615 code père-noël".
Mais "christmas evil" parvient-il à se hisser à la hauteur de ses prédécesseurs? La réponse dans les lignes qui suivent…



Lors de sa sortie, "christmas evil" fut catalogué parmi les slashers, un genre qui ne correspond finalement pas à ce qu'il est véritablement. En effet, le film de Lewis Jackson s'avère plutôt être un film relatant un drame émotionnel, narrant les folies meurtrières d'un homme dégoûté par la société d'aujourd'hui. Un film que nous classerions plus volontiers sur horreur.com dans la catégorie des "tueurs fous" et non dans les slashers à proprement parlés.
Par ailleurs, les meurtres que promet l'affiche très explicite de l'époque (une main tenant un couteau) resteront très peu nombreux dans le film de Lewis Jackson (deux scènes de meurtres uniquement, très léger pour un slasher soit dit en passant). Une véritable déception pour le spectateur à qui l'on tendait des pistes concernant les "futures victimes" tout au long du film pour ne finalement aboutir qu'à une poignée de meurtres rapidement expédiés (plusieurs dans une même scène et un de façon isolée).

S'apparentant plus volontiers à un film dramatique qu'à un film d'horreur pur et dur, "Christmas evil" n'en demeure pas pour autant inintéressant et propose de bonnes idées. Malheureusement, ces dernières ne sont pas suffisamment exploitées, c'est le cas notamment de cette critique du côté très commercial des fêtes de Noël que certains industriels préfèrent voir briller dans leurs comptes en banque que dans les yeux des enfants. Une critique sociale amenée lors d'un dialogue entre notre personnage principal, Harry, et deux haut placés de l'usine où il travaille, mais qui finalement s'estompera rapidement pour laisser la part belle aux activités nocturnes de ce cher Harry transformé en père-noël le temps d'une nuit.

Une impression d'être face à un film non abouti et n'allant pas au bout de ses idées qui se dégage également en voyant ces longueurs parfois interminables (comme si Lewis Jackson manquait d'idées et faisait du remplissage afin de faire trainer le film en longueur et atteindre les 1h30 voulues) et ce montage approximatif (certains plans s'enchainent sans véritable lien entre eux).



Cependant, là où le film s'avère bien plus réussi, c'est dans le traitement de son personnage principal, Harry. Personne très émotive, portée sur la tradition de Noël, Harry ne vit que pour cette fête de fin d'année. Il suffit de voir ses activités quotidiennes pour se rendre compte que cette personne est carrément obsédée par Noël : il travaille dans une usine de jouets, vit dans une maison remplie de jouets pour enfants, annule des soirées familiales pour regarder des diffusions télévisuelles de défilés de Noël… Et comble de tout : il épie ses voisins pour voir si leurs enfants sont sages ou non avant de remplir deux livres qu'il tient quotidiennement à jour, l'un recensant les enfants ayant été sages et l'autre mentionnant le nom des enfants mal élevés et aux comportements douteux. Une passion qui semble être pour lui une façon d'exorciser un traumatisme de jeunesse quand ce dernier avait aperçu sa mère en plein ébat amoureux avec le père-noël (qui n'était autre que son père à l'époque). En effet, en menant cette vie entièrement dédiée aux traditions de Noël, c'est comme si Harry voulait se persuader que la magie de Noël existe bel et bien, malgré ce qu'il a pu endurer étant gosse, un mauvais moment qu'il aimerait tant oublier et s'imaginer comme faux aujourd'hui.

Un personnage déjà bien décalé donc qui atteindra le summum de sa folie quand ce dernier va décider de se déguiser en père-noël pour gâter les gentils enfants et punir les vilains : l'acteur Brandon Maggart interprétant Harry s'investit à fond dans ce rôle pour notre plus grand plaisir (il faut le voir imiter le père-noël devant son miroir). Mais alors qu'il fait le bien autour de lui (offre des cadeaux aux enfants d'un hôpital, anime une soirée de Noël en dansant et chantant…), son traumatisme d'enfance refait surface sous forme de pulsions meurtrières suite à ses altercations avec des personnes injustes avec lui (collègue de travail) ou qu'il voit comme malveillantes (les cadres de son entreprise voyant Noël comme un gros paquet de bénéfices). Pour ceux-là, ils leur réservent une mort certaine!

Un côté horrifique qui parvient quelque peu à percer grâce à cette folie meurtrière, mais qui malheureusement perd de son efficacité en raison de certaines lenteurs et autres passages quelque peu amusants (notamment quand Harry se coince les fesses dans une cheminée en voulant imiter le père-noël ou encore quand il crie le nom de ses rennes fictifs au volant de sa camionnette à coups de "hiha!").
Les scènes chocs non plus ne réussiront pas à combler les attentes des amateurs de slashers, ces dernières étant bien trop peu nombreuses (un œil crevé par la baïonnette d'un soldat en plastique, un crâne fendu à coups de hache en quasi hors-champs et une gorge tranchée à l'aide d'une étoile de sapin de Noël).



Au final, ce "christmas evil" demeure assez décevant, la faute à un scénario n'allant pas au bout de ses idées et désireux de flirter avec plusieurs sous-genres. En résulte alors un film bien plus apparenté à un drame émotionnel qu'au slasher promis par un résumé alléchant et une affiche prometteuse… En ressort toutefois un personnage principal fort intéressant et bien interprété par un Brandon Maggart remarquable, mais qui malheureusement demeure bien trop timide lorsque ses pulsions meurtrières prennent le dessus…
En termes de slashers sur le thème de Noël, préférez plutôt le culte "black christmas" ou le très sympathique "douce nuit sanglante nuit".








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