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Un homme est décapité dans le salon d'une grande demeure espagnole sous les yeux d'un couple d'enfants. Apparemment il s'agit du père de ces derniers. Une femme enterre le cadavre dans le jardin sous les yeux d'un repris de justice. Treize ans plus tard, les enfants sont désormais adultes. Le garçon est le fils de cette femme, la gouvernante de la maison. Quant à la fille, elle est l'héritière de l'homme qui fut tué. C'est alors qu'une série de visiteurs va faire son entrée dans cet étrange cercle familial, obligeant les uns et autres à révéler d'imprononçables secrets...



Etrange réalisation d'un obscur réalisateur qui a du abuser gravement de substances psychotropes. Sergio Bergonzelli fait parti de ces artisans besogneux du cinéma bis italien qui surfèrent sur les modes de son époque. Des westerns de seconde zone ( on peut quand même mettre à son crédit le sympathique "El cisco" ),des films d'aventures, des mondos, de l'horreur à la fin de sa carrière ("Delirio du sangue", "aka", "Blood delirium") et surtout des productions érotiques de bas étages dont émergent "Joy" en 1983, gros succès en salle pour un film pourtant fort médiocre.

Et puis cette production italo-espagnole, vrai-faux giallo qui empile à peu prés tout et son contraire dans une tentative (fort louable au demeurant) de maintenir l'intérêt du spectateur.
L'impression d'être devant un feuilleton ou un sérial de 1 h 30 avec des épisodes qui ne durent que 10 à 15 minutes et où rebondissements et retournements de situation doivent arriver à heure fixe.



Sauf qu'à trop vouloir "twister" à outrance et bien on risque de se casser la figure. L'abus en tout nuisant toujours à son auteur, le brave Bergonzelli se prend les pieds dans son propre tapis.
En effet, "Dans les replis de la chair", malgré une mise en train intriguante, est d'une rare bêtise. La volonté d'introduire un maximum d'éléments destinés à titiller les bas instincts du spectateur dans un minimum de temps tourne rapidement à l'indigestion.
Nouveaux arrivants sortis du néant, perversions en pagaille allant du viol à l'inceste, en passant par des meurtres, de la pédophilie, de l'érotisme et même une séquence en noir et blanc dans l'univers d'un camp de concentration façon "nazisploitation" totalement gratuite et inutile à l'intrigue. Tout y passe ou presque, de manière brouillonne mais avec beaucoup d'énergie.

Il faut dire que ne serait-ce que de tenter de résumer la progression scénaristique relève de l'inconscience la plus folle. Une course effrénée vers le grand n'importe quoi au fur et à mesure que l'intrigue progresse. On ne résistera pas en en résumer les meilleurs moments... Accrochez-vous et si par hasard vous voulez voir ce métrage, ne lisez pas ce qui suit. Les spoilers pullulent au moins autant que les neurones ravagés des scénaristes.



Au début c'est pourtant assez cohérent. Après une scène inaugurale décrivant le trauma enfantin inaugural et une citation de Freud qui ne sert à rien mais qui ne mange pas de pain (et puis ça fait intellectuel), on se retrouve 13 ans plus tard avec une petite famille respectable en apparence mais totalement fondue du ciboulot. Une jeune femme (Falesse), un garçon (Colin), et une gouvernante (Lucille) en proie à de graves séquelles psychologiques renvoyant à la disparition du père des deux enfants des années auparavant. Disparition en mer plus que bizarre et dont le cadavre n'a jamais été retrouvé alors qu'il nous semble bien que ce soit la gouvernante qui l'ai enterré dans le jardin et ce sous les yeux d'un voyou que des flics viennent arrêter. Vous suivez ? Pourtant jusque là c'est clair (sic)

Arrive alors un dénommé Michel, cousin du père disparu, et qui bien évidemment (re-sic) drague effrontement la jolie Falesse (non, pas de contrepèteries ici, désolé). Bon, Michel se met à fouiller dans la chambre de la donzelle. Celle-ci devient toute rouge et le tue... en le prenant pour son père ! ( à cause du trauma enfantin du départ, voyez-vous ?). Il dissolve le cadavre dans l'acide afin d'en faire du savon. Une activité ma foi fort joviale.

Sur ces entrefaites, se pointe Alex, ami de Michel. Lui aussi drague la chaude Falesse, qui l'emmène dans sa chambre pour le poignarder (on a les fantasmes que l'on peut). Alex se défend, résiste mais succombe finalement sous les assauts de Colin. Et hop ! Acide et savon pour Alex. On ne dira jamais assez combien l'hygiène est importante dans cette famille.



La dernière demi-heure va dès lors devenir complètement dingue et Bergonzelli pète littéralement un boulon en offrant un twist toutes les cinq minutes sans accorder beaucoup de cohérence à ces derniers.
Retour du voyou du départ qui après avoir purgé treize année de prison se la joue maître chanteur. Arrivée d'une jolie jeune fille sortie tout droit d'un hôpital psychiatrique. Mais qui est-elle ?.
Puis c'est André, le père qui revient d'entre les morts mais avec un nouveau visage !
Viol, étêtages et cerise sur la meringue, la révélation de la jeunesse de la gouvernante dans un camp de concentration nazi avec force plan nichons et sadisme en stuc.

Pourtant, malgré tout ce fatras scénaristique, des acteurs pas franchement convaincants et une mise en scène au sextan, "Dans les replis de la chair" possède ce je ne sais quoi de nostalgique due en grande partie à son rendue très "pop 60's" ( Superbes tenues masculines !)

Faux giallo, mais vraie bizarrerie pleine de charme pour peu que l'on se prenne au jeu. Un vrai film bis ancré dans une époque révolue.








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