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Dead Eyes Open est un film récemment (dernier trimestre 2010) édité par Troma et vendu comme un festival de gore tout droit tiré des années 70. Une bande d'amis part en vacances. Afin de vraiment avoir la paix, ils laissent derrière eux tous les téléphones portables et autres technologies. Mieux, ils s'enferment à l'arrière de la fourgonnette afin que seul le chauffeur sache où ils ont atterri. Dernière clause du contrat : le conducteur a roulé jusqu'à ce que le réservoir d'essence soit complètement vide. Les conditions idéales sont donc réunies pour faire face à toutes formes d'agressions extérieures. Dead Eyes Open fait donc le choix de l'attaque de zombies. Les jeunes campeurs vont ainsi se faire boulotter les un après les autres par des zombies desséchés. La sauce prend-t-elle mon capitaine ? J'ai peur que non, ça se secoue bien la nouille, mais ça tire à blanc cette affaire.



S'il y a bien une chose que je déteste, c'est tirer à boulets rouges sur un film indépendant. Pourtant à la lecture de certaines publications, il semble que cela soit de bon ton. C'est hype de chier dans la colle. Ceci étant, je préfère laisser au hypsters ce genre de pratiques tout aussi saines que de s'insérer des rongeurs dans le derrière (l'hypster aime le hamster). Toutefois dans le cas de Dead Eyes Open, il va m'être difficile de mettre en exergue les aspects positifs. Principalement du fait que le film soit désespérément creux.



Pourtant Dead Eyes Open commence fort bien. L'hommage aux années 70 est bien présent. L'image est complètement parasitée, saute régulièrement et souffre d'incohérence en matière de colorimétrie. Bercé par le rythme englué du film, on pourrait presque croire par moment qu'il s'agit de 8 mm. On lui pardonnerait presque ses fondus dégueulasses.

Mais très vite le fond surgit, et avale la forme. Et c'est là que ça fait mal. Si l'image sale, et la réalisation typée 70s amusent quelques minutes, il apparaît très vite que le film n'a rien à dire. Après 15 minutes et des poussières, d'une exposition pas si désagréable, Dead Eyes Open s'affaisse complètement. Le rythme ne s'élève jamais, et le film se contente d'enchainer les scènes sans grand intérêt.



C'est en effet par son rythme que le métrage teuton pêche réellement. Sa lenteur et son manque d'enjeux dramatiques, le rend fatiguant et peu avenant. Les campeurs se font lentement décimer un par un, donnant parfois lieu à une scène gore (certes un peu fauchée, mais fort bienvenue).
Le jeu d'acteur – bien qu'en allemand, qui est une langue que je ne comprends pas – contribue à enterrer le rythme. Les lignes sont récitées sans aucune forme de conviction dans le pire des cas ; au mieux avec maladresse. En temps normal, les acteurs inexpérimentés et amateurs participent à la culture " cinéma indépendant ". Toutefois dans le cas de Dead Eyes Open, face à l'inexistence du scénario, les comédiens sont contraints de s'accrocher aux branches, ce qui rend leur amateurisme encore plus prégnant.



Au final, et ce malgré le caméo de George A. Romero, le film s'avère répétitif et donc ennuyant. L'hommage au cinéma gore des années 70 est très réussi certes, mais la prochaine fois, un scénario serait bienvenu. Ce n'est pas un hasard si le réalisateur occupe aussi le poste de scénariste. A trop vouloir en faire, on fini par oublier l'essentiel : le public.

Pour autant, je ne manquerai pas de suivre la carrière de Ralf Möllenhoff. En effet, pour un premier film c'est malgré tout assez prometteur. Ne serait-ce que s'il acceptait de déléguer le scénario à quelqu'un d'autre...








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