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Les films Troma c'est un peu comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi sur on va tomber.   Une bande de lycéens en rut débarque à Racoon Creek Campground. Au-delà de leur intérêt (limité) pour le camping, ce qui les attire ici, c'est les folles soirées d'alcool, de musique et de dé-pucelage. Un programme auquel aucun adolescent normalement constitué ne pourrait résister – ou en tout cas pas les adolescent des films américains !   Le problème que ceux-ci vont rencontrer est d'ordre animalier puisqu'à peine arrivés sur les lieux de campements, les voilà attaqués par une bande de ratons laveurs assoiffés de sang et de chair humaine. Les ados se font rapidement boulotter (sauf un). Mais la fête n'est pas finie, une fine équipe de tocards finis va tenter de sauver la mise et d'éliminer les bestioles. Qui sont-ils, eux, les valeureux guerriers qui se dressent pour sauver les vacances ? Un éclairé de la soutane, un ranger naïf, un plouc énervé de la gâchette, une sorte de détective-qui-détecte-rien-du-tout et un savant plus ou moins fou.   C'est pas gagné ! C'est pas avec eux que Frank Dubosc retournera faire du camping. Et on les en remercie. 



Éludons dès à présent le laïus habituel qui ne sert pas à grand chose, puisque ceux qui l'ont intégré, l'ont fait dès la première lecture, alors que les autres continuent de le lire et de venir nous polluer le nerf optique en écrivant des commentaires sans intérêt. Oui, c'est un Troma. Oui, c'est tourné en vidéo, et oui, l'image est dégueulasse et la réalisation plus que médiocre. Et alors ? Vous n'allez pas au Fouquet's dès que vous avez un petit creux – si c'est toutefois le cas, merci de contacter l'équipe, nous saurons quoi faire de votre argent.
Il est clair que Coons! ne brille absolument pas par sa mise en scène. Bien au contraire, Travis Irvine propose un service minimum. Les plans larges, gros plans et champs – contre-champs s'enchaînent sans provoquer le moindre émoi oculaire. C'est désespérément plat et timide. Pour ne rien arranger l'aspect vidéo est décuplé par l'absence d'éclairage digne de ce nom. Parfois même, les extérieurs sont surexposés, ce qui ne rend en rien service au film. En revanche, l'inventivité du réalisateur prend son envol avec les jets de merde ; le film est truffé d'inserts de projections de caca. Ce qui permet de dynamiser le montage du film et d'apporter un côté film expéri-attardé-mental.
Voilà qui tombe bien, puisque c'est justement ce que l'on est venu voir.
The Lantern dira d'ailleurs du film "impressionnant... extraordinaire... des excès de zèle dans son usage de matière fécale humaine... un accomplissement terrible." Tout un programme.
 

 
Malgré ses tares techniques plus qu'imposantes (et qui vont bien au-delà des tares généralement constatées) Coons se révèle agréable à suivre. Sachant pertinement qu'avec peau-de-balle il ne ferait pas du James Cameron, Travis Irvine joue la carte amateur à fond de cale. Pour ce faire, il pousse le concept du Shlock [1] dans ses derniers retranchements. Généralement cela se limite aux seuls effets spéciaux, mais le jeune réalisateur  a vu grand et a tout shlocké. Les costumes sont affreusement cheap, et tous les protagonistes (exception faite des adolescents) portent des pastiches en tous genres. Coons joue avec cela puisque l'un des personnage interpellera le Ranger pour lui dire que sa fausse moustache se décolle. Ce n'est pas grand chose, mais cela exprime clairement la volonté du cinéaste : déjanter sévèrement avec tout ce qu'il a sous la main. Après tout, c'est une parodie de film d'horreur qu'il nous sert là – et plus précisément de ces métrages qui traitent d'attaques de bestioles tous azimuts. 
Le titre en lui-même est déjà un craquage de slip notable puisqu'il se traduit ainsi : Ratons ! La nuit des bandits de la nuit. Il n'en faut pas plus à la Troma team video pour faire une introduction cintrée où il est demandé au réalisateur si son film traite du racisme.
Le quiproquo est déjà présent au sein du film. Ainsi, le réalisateur se fend de quelques scènes bien redneck où les protagonistes vont chasser le raton façon "Mississipi Burning". De l'humour vitriolé et amené sans aucune finesse. Après tout ce n'est pas estampillé Troma pour rien !
 

 
En parlant des ratons en question, là aussi l'équipe du film a fait fort. Il s'agit de vraies bestioles, mais empaillées. Au vu des crédits finaux ils auraient été empruntés à un musée local...
Chaque apparition des animaux donne lieu à des scènes outrageusement ridicules. Étant empaillés, les ratons laveurs ne peuvent effectuer aucun mouvement, obligeant un technicien à les secouer. Par-dessus ont été apposés de petits grognements et autres couinements fait à la bouche. Autant dire que voir une de ces bestioles empaillées jeter ses excréments en tressautant et en grognant, est un spectacle auquel on n'assiste pas tout les jours.
 
Vous l'aurez compris – en tout cas je l'espère, car dans le cas contraire, soit vous, soit moi, nous avons un problème - Coons est un film qui ne se prend pas au sérieux. Fait entre potes (ce sont les mêmes qui jouent les adultes et les ados, la seule différence étant la fausse moustache) plus pour ce marrer que pour concurrencer Clint Eastwood, il répugnera tous les élitistes du cinéma, et un bon paquet d'autres amateurs du Septième art. Si vous arrivez à dépasser son aspect amateur, alors un film d'une imbécilité surhumaine s'offrira tout entier à vous.
 

 
Il est donc difficile de porter un quelconque jugement sur Coons tant son aspect formel amateur et son fond pipi-caca-prout-zizi sont poussés à l'extrême. Soit vous arrivez à rester assis devant face à une image déplorable, mais vous vous délectez des gags scatophiles et attardés qui s'enchaînent… soit vous prenez un tabouret et vous l'envoyez dire bonjour a votre écran en hurlant au scandale.
Les habitués de Troma sauront plus ou moins à quoi s'attendre (même si Coons est plus proche d'un "Meat Weed Madness" que d'un "Citizen Toxie") et pourront supporter nombre de casseroles que traine le premier long de Travis.
 
Les néophytes quant à eux… et bien qu'ils passent leur tour. De toutes façons, il ne sera probablement jamais disponible en France, donc à moins de parler la langue de Shakespeare, la question ne se pose pas.
 
Good day to you!

[1] un jour peut-être Horreur.com vous proposera un dictionnaire des termes les plus courants. En attendant ce jour, voici la définition pour la énième fois : le shlock c'est le fait d'utiliser volontairement des effets peu crédibles pour faire entrer le spectateur dans le film comme on met une claque dans le dos à un pote pour lui souhaiter la bienvenue.






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