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De jeunes femmes sont sauvagement assassinées par un mystérieux individu laissant sur la scène de chacun de ses crimes un talisman en argent en forme de demi-lune. Alors que la Police mène l'enquête, l'une des victimes, Giulia, réussit à s'échapper des griffes de son agresseur. Après s'être faite passée pour morte, cette dernière va, avec l'aide de son futur mari Mario, traquer ce maniaque aux méthodes très violentes et dont les proies semblent toutes avoir séjourné trois ans auparavant dans l'hôtel que tenait Giulia…



C'est dans les années 60-80 que fleurirent de nombreux films mêlant cinéma policier, cinéma d'horreur, fantastique et érotisme. Nommés "giallo" (qui signifie "jaune" en italien, couleur des couvertures des romans populaires policiers transalpins de chez Mondadori), ces films sont caractérisés par un tueur dont le visage nous est caché jusqu'à un final souvent percutant, agissant dans l'ombre et dont seules les mains, gantées de cuir noir, et accessoirement les pieds ne sont visibles face à la caméra. Filmés bien souvent dans des décors baroques, les meurtres (souvent violents et en gros plan) sont commis à l'arme blanche et témoignent bien souvent d'un déséquilibre mental chez l'assassin.

Dans ce genre apparenté au thriller horrifique et ayant donné naissance au slasher, nous pouvons citer notamment "la fille qui en savait trop", "six femmes nues pour l'assassin", "l'oiseau au plumage de cristal", "la queue du scorpion", "spasmo" mais également bien-entendu "les frissons de l'angoisse", "ténèbres" ou encore "mais qu'avez-vous fait à Solange?". De part son traitement, "le tueur à l'orchidée" d'Umberto Lenzi ne déroge pas à la règle et vient compléter cette petite liste non exhaustive ci-avant.



Dès les premières minutes, "le tueur à l'orchidée" nous plonge dans l'univers du giallo par le biais de meurtres violents de femmes en proie à un mystérieux individu ganté de noir. Vingt premières minutes de pellicule haletantes, tant la nervosité des agressions et l'expression faciale des victimes en disent long sur la violence et le sadisme de notre assassin.

Un film qui démarre donc sur les chapeaux de roues (trois agressions dans la première demi-heure) mais qui malheureusement bascule rapidement vers une certaine platitude. En effet, très vite, l'enquête policière prend place et les apparitions de notre mystérieux tueur à l'orchidée se font rares. Les scènes de dialogues parfois interminables et souvent peu intéressantes prennent place, à la grande déception d'un public ne pouvant que constater, impuissant, l'écart qui se creuse entre le giallo pur et dur et le film d'Umberto Lenzi…

Baladé de fausse piste en fausse piste par des policiers peu rusés, Umberto Lenzi semble prendre un malin plaisir à montrer une certaine incompétence des forces de l'ordre à avancer dans leur enquête et nous plonge en parallèle dans les investigations menées par Mario et Giulia qui elles semblent porter leurs fruits et pouvoir nous amener progressivement jusqu'à l'identité de notre assassin. Visitant tantôt des églises, un repère de hippies, des maisons vides et j'en passe, l'intrigue suit son cours mais, malgré deux-trois rebondissements certes bienvenus dans l'histoire, ne parvient plus à susciter autant d'intérêt pour le spectateur que lors de la première demi-heure où Umberto Lenzi réussissait à combiner meurtres graphiques et enquête policière.



Les meurtres vus à la baisse et l'enquête policière mise en avant, "le tueur à l'orchidée" devient alors très rapidement commun et semblable à de nombreux films policiers, l'intrigue elle-même ne présentant pas vraiment d'originalité par rapport à l'ingéniosité de certains fleurons du genre signés Dario Argento pour ne citer que le Maître italien.
Mais n'est pas Argento ou Bava qui veut et "le tueur à l'orchidée" en témoigne. En plus d'être assez monotone dans sa seconde partie, le film d'Umberto Lenzi enchaine même quelques bizarreries, pour ne pas dire des incohérences dans son scénario (un tueur apparemment très rusé qui réussit à confondre deux sœurs jumelles ou qui oublie de déchirer l'ensemble des pages d'un registre d'hôtel alors que celles-ci comportent les noms de ses futures victimes, sans oublier que ce dernier aurait pu assassiner le contrôleur du train pour "finir le travail" avec Giulia…).

Par ailleurs, alors que bon nombre de films de ce genre apportent une fin mémorable, le film d'Umberto Lenzi se finit bien trop rapidement (une fois l'identité du tueur connue, une course-poursuite très brève a lieu et le film se finit à peine cinq minutes plus tard) et de façon bien trop commune.



Il est dommage de voir tant d'imperfections dans ce petit giallo qui aurait pu subir un meilleur traitement, tant certaines qualités sont mises en avant. A commencer par les acteurs (des habitués du cinéma d'exploitation transalpin pour une grande partie) relativement bons (même si leurs personnages ne sont pas beaucoup exploités), notamment les victimes du tueur, très convaincantes face à la caméra lors des meurtres filmés bien souvent en gros plan.
Mais, ce qui nous empêche de classer ce film dans un autre genre que le giallo, c'est bien pour ses meurtres violents, graphiques et teintés d'érotisme pour certains (le meurtre de la prostituée ou celui de la patiente de la clinique psychiatrique) tandis que d'autres s'apparentent volontiers au baroque (la femme aux chats dont le corps inerte est recouvert de peinture). Les amateurs de scènes intenses pourront également se délecter devant un meurtre à la perceuse plutôt réussi…
Strangulation, perceuse, noyade, coups de couteau… Notre tueur ne fait pas dans la dentelle et c'est bien cela qui nous plait dans le film d'Umberto Lenzi.

Au final, "le tueur à l'orchidée" demeure un petit giallo sympathique mais non incontournable tant les imperfections sont nombreuses. Certes, on reconnait bien la patte de notre Umberto Lenzi, avec ses scènes de violence que l'on retrouve dans ses polars ("la rançon de la peur", "brigade spéciale" ou encore "le clan des pourris") ou encore ses passages tendant un peu plus vers l'érotisme propres à ses films de cannibales ("cannibalis : au pays de l'exorcisme", "cannibal ferox" et "la secte des cannibales"), mais on regrette de ne pas retrouver dans "le tueur à l'orchidée" tous les éléments d'un bon giallo. Petite déception donc.








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