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Réalisation
Carlo Ledesma

Scénariste
Enzo Tedeschi, Julian Harvey

Date de sortie
2011

Genre
survival

Tagline


Cast
Bel Delia
Andy Rodoreda
Steve Davis
Luc Arnold
etc


Pays
Australie

Production


Musique
Paul Dawkins

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.5
(2 votes)
Nous sommes à Sydney en 2007, les quidams au pouvoir abandonnent un projet visant à utiliser l'eau dans les tunnels souterrains désaffectés, pour on ne sait trop quelle raison. Un an après environ, Natasha, journaliste d'investigation en manque de scoop, décide de faire taire les rumeurs de disparitions mystérieuses et autres légendes urbaines camouflées semble-t-il par le gouvernement en descendant vérifier par elle-même dans les souterrains labyrinthiques australiens avec son équipe. Ils seront donc quatre en tout et tous espèrent l'exclusivité d'un événement mémorable qu'ils filmeront caméra à l'épaule. Mais bien évidemment, rien ne va se dérouler comme prévu. Si, comme les sacs de couchage et autres bombes aérosols trouvés au début de leur expédition en attestent, les tunnels ont été vraisemblablement occupés par des SDF et des graffiteurs, ce n'est malheureusement pas tout ce que l'on peut y trouver et ça, l'équipe va vite le découvrir. A ses dépens ?



D'un point de vue commercial, si The Tunnel fait actuellement parler de lui, c'est plus pour la façon dont il a été distribué que pour ses qualités cinématographiques propres. Il s'agit en effet du premier film diffusé simultanément en DVD et en avant-première sur la désormais célèbre plateforme "vodo.net" et ce, de manière légale et gratuite afin de faire découvrir ce film d'horreur en provenance d'Australie. D'un point de vue cinématographique maintenant, The Tunnel est un énième "documenteur" qui copie allègrement certains de ses prédécesseurs tournés en caméra subjective et notamment "[REC]" pour les journalistes ambitieux en quête d'un scoop et "Le projet Blair Witch" pour certains plans face caméra avec éclairage de nuit, mais aussi certains survivals prenant lieu et place dans un environnement obscur avec des bestioles affamées ("The descent" et "Creep", entre autres). Hormis la façon dont le film a fait un buzz en se faisant connaître, il ne semble donc pas révolutionnaire, reste à savoir alors comment Carlos Ledesma, le réalisateur, s'est débrouillé avec sa caméra pour nous montrer quelque chose de différent.



S'il duplique effrontément certains de ses devanciers avec cette histoire de reporters partis enquêter sur des rumeurs de disparitions se retrouvant coincés dans les canalisations souterraines de Sydney et finissent par être pourchassés par une chose quasi invisible, The Tunnel est plutôt bien construit. Le début est long certes, mais nécessaire : il nous montre comment le projet gouvernemental visant à se servir des tunnels de Sydney afin d'utiliser l'eau est avorté, comment les journalistes qui croient qu'on leur cache des choses comme d'étranges disparitions de sans domicile fixe et autres taggers s'y prennent pour pouvoir mener leur enquête et descendre dans les bas-fonds australiens. Ainsi, l'ambiance peut monter tranquillement et de façon progressive car le contexte est bien posé. Afin de rendre encore plus crédible une telle entreprise, le long-métrage est tourné comme un documentaire dans lequel les scènes alternant des interviews de différents protagonistes et des passages du reportage réalisé dans les entrailles de Sydney se succèdent, ce qui rend l'histoire encore plus réaliste.

Alors certes, le tournage façon caméra subjective a déjà été utilisé abondamment par le passé, pourtant Carlo Ledesma avec un budget des plus étriqués (135 000 dollars) maintient une pression constante et graduelle sur le spectateur, jouant habilement avec ses nerfs par les procédés mis en place tels que : l'emploi parcimonieux de la caméra à l'épaule, un montage énergique et un travail sur la lumière efficace, notamment lorsque la caméra utilise le mode nuit, permettant de flouter encore plus l'image et de faire monter ainsi l'angoisse un peu plus car l'indicible est toujours plus effrayant que le tape-à-l'œil…



Par ailleurs, les acteurs, tous inconnus, se montrent bien plus crédibles que d'autres, beaucoup plus célèbres. Leur force : le fait justement que personne ne les connaisse, ce qui donne plus de réalisme au métrage : ils ont des physiques d'individus lambda et éprouvent les mêmes peurs que nous. On se sent donc proche d'eux, ce qui constitue le véritable atout des films de genre actuels : l'empathie pour les personnages présentés à l'écran. Autre protagoniste s'il en est, la "chose" présente dans les tunnels. Jamais clairement visible (tantôt on voit une silhouette, tantôt on devine une partie de ce qui semble être un visage), elle reste une énigme, d'autant qu'à aucun moment, ses origines ne nous sont précisées. Est-ce un animal ayant muté ? Un fantôme revanchard ? Un humain dégénéré ? Un extraterrestre ayant investi les sous-sols australiens ? Jamais on ne saura. En revanche, en ce qui concerne ses intentions, pas besoin de vous faire un dessin…

Pour ce qui est des décors, il est vrai que ceux-ci contribuent grandement à faire monter l'angoisse crescendo : les tunnels sont peu rassurants car sombres, gigantesques et hauts de plafond et surtout remplis d'impasses, de petits recoins inquiétants et autres couloirs labyrinthiques paraissant sans fin. On trouve également dans les profondeurs de Sydney des lacs immenses où semble être tapie une présence sournoise…

Ajoutons à cela que ce long-métrage mêlant habilement documentaire et survival, contient certaines bonnes idées, notamment celle où les journalistes sont affairés dans une pièce et découvrent, à l'endroit où ils avaient laissé tout leur matériel, qu'ils avaient tous été filmés à leur insu par leur propre caméra et ce, à quelques centimètres d'eux seulement ! Vraiment flippant ! Mais bon est-ce que cela satisfera le tout venant ? Possible, mais pour ce qui est du spectateur habitué à ce type de spectacle, on en doute. Le film manquant cruellement de meurtres sanglants et autres scénettes gore à souhait. Malgré tout, ne faisons pas notre fine bouche, car c'est plus un film construit sur l'ambiance.



Toutefois, encore une fois comme dans de nombreux longs-métrages de ce genre, la fin vient tout plomber. Faisant écho au tout début du film qu'on a eu tendance à oublier, celle-ci est tout simplement ratée car trop consensuelle. Sans dévoiler quoi que ce soit du dénouement, disons qu'on aurait aimé qu'elle nous surprenne beaucoup plus que cela si bien qu'on se sent un peu floué. Cette fin en laissera donc plus d'un sur… sa faim, ce qui est préjudiciable car c'est la dernière chose du métrage dont on se rappellera après visionnage. Vraiment dommage.

Alors certes, d'aucuns diront que ça sent le "déjà-vu" à pleins naseaux et ils n'auraient pas entièrement tort. Mais il faut reconnaître que l'idée de distribution du film était bonne et qu'avec un micro budget et une équipe presque débutante le métrage ne s'en sort pas si mal. Bon c'est vrai que l'on a déjà visionné ça un nombre incalculable de fois et que rien de novateur n'a été apporté au genre, mais c'est assez bien fait. Le long-métrage emprunte çà et là mais il n'abuse pas de feintes scénaristiques à deux euros, de jump scares excessifs et autres chausse-trape en tous genres et reste efficace du début à la quasi fin, celle-ci étant -pour ma part- malheureusement ratée. Quoi qu'il en soit, c'est toujours bien de soutenir The Tunnel, n'hésitez donc pas à le télécharger car l'entreprise est louable et il faut encourager les petits budgets face aux grosses majors âpres aux gains.








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