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Dans une société futuriste, nombreux sont les humains qui possèdent un clone d'eux-mêmes contrôlé mentalement à partir d'une machine appelée "stimulateur". Ces clones sont leur copie conforme et vont tout faire à leur place si bien qu'ils sont ainsi en grande partie préservés contre les aléas de la vie sans quitter le confort et la sécurité de leur domicile. Toutefois, il existe "Les réfractaires", un groupe d'humains dirigés par "Le prophète" qui refusent d'utiliser cette technologie, donc de vivre par procuration et habitent dans des réserves. Lors d'une mission en territoire humain, l'agent Greer, qui travaille pour le FBI, perd son clone à cause d'une arme inconnue, celle sur laquelle justement il menait son enquête. Ses investigations vont alors le mener dans un univers rempli de clones en tant qu'humain et il va progressivement réapprendre à en être un. Mais dans ce monde d'apparences, à qui peut-on faire confiance ?



Tourné dans le Massachussetts, Clones s'inspire du comic book "The surrogates" (que l'on pourrait traduire par "Les substituts" voire "Les remplaçants"), une BD de science-fiction créée par Robert Venditti et Brett Weldele qui a connu un grand succès lors de sa parution au milieu des années 2000. Et c'est au réalisateur du très moyen "Terminator 3", Jonathan Mostow que l'on a fait appel pour diriger le film. Il fut rejoint par les scénaristes Michael Ferris et John Brancato ayant également travaillé avec lui sur son précédent métrage. Question scénario, l'idée de base est particulièrement bonne : un clone (un double robotisé qui, parce qu'il est commandé à distance, effectue toutes les tâches à la place de l'humain qui le possède) est détruit à l'aide d'une arme inconnue. Le propriétaire du clone n'est autre que le fils de Lionel Canter, l'inventeur de cette technologie révolutionnaire. L'agent Greer et l'agent Peters, deux agents du FBI, enquêtent sur ce meurtre mystérieux. A la suite d'une poursuite dramatique qui se solde par la destruction de son clone dans l'une des réserves d'humains refusant l'utilisation de tout substitut robotique, l'agent Greer est suspendu pour avoir enfreint la délimitation du territoire de ces "Réfractaires" aux clones. Il va donc mener son enquête seul et surtout en tant qu'humain !

Véritable critique de la société de consommation (ordinateurs et téléphones portables en tête), Clones se veut être un brûlot contestant les révolutions technologiques offrant aux gens la possibilité de vivre indirectement, sans quitter le confort et la sécurité de leur foyer. La contrepartie négative de tout cela, c'est qu'ils se déshumanisent complètement d'un point de vue physique. Qu'en sera-t-il alors de l'avenir de l'humanité ? Des rapports entre individus ? Et surtout de la notion d'amour ? Véritables questions cruciales s'il en est…

Malgré un script a priori en béton armé, ce scénario très alléchant sur le papier s'essouffle à l'écran au bout d'un moment, la faute à : certaines séquences prévisibles pour les amateurs de science-fiction car donnant une grosse impression de "déjà-vu", un rythme irrégulier car plombé maladroitement par le pathos qui se dégage des scènes sur la situation de couple catastrophique vécue par l'agent Greer et une fin en deçà de nos attentes mais surtout des promesses que le début du film laissait augurer.



Cela étant dit, il faut louer les effets spéciaux du long-métrage qui valent à eux seuls le coup de le visionner. Dès l'introduction, Jonathan Mostow nous donne à voir des images de véritables expériences robotiques contemporaines, notamment celles du scientifique japonais Hiroshi Ishiguro, qui utilise une version en plastique à son effigie pour donner des conférences partout dans le monde sans avoir à quitter son bureau. Dans le film, on peut aussi contempler les travaux de Jeff Kleiser et Jeff Kalmus, infographistes de la société "Synthespian Studios", fiers d'avoir "cloné" parfaitement Bruce Willis, mais d'avoir également conçu l'usine des robots, la salle de contrôle des militaires et la technologie particulière des armes, notamment celle à impulsion qui projette une décharge d'énergie tuant aussi le propriétaire du clone. Pour ce qui est du décor, l'action à beau se passer en 2054, les scénaristes ont opté pour le choix de ne rien montrer en termes d'environnement futuriste. Oubliez donc les gratte-ciel démesurés et autres moyens de transport hyper novateurs à la "Blade runner", "Minority report" ou encore "I robot" dont Clones se rapproche drôlement d'un point de vue visuel. Dans Clones, on a juste choisi, pour des raisons artistiques mais aussi pécuniaires, de présenter cette histoire comme une réalité parallèle à la nôtre, car comme le dit Mark Stetson, superviseur général des effets visuels : "L'idée était que cette histoire aurait pu avoir lieu aujourd'hui". Mission accomplie donc haut la main !



Côté casting, on a le droit à quelques "stars" avec en tête d'affiche Bruce Willis interprétant l'agent Tom Greer qui, pendant que l'enquête se déroule, vit une situation des plus compliquées avec sa femme (il tente en effet de renouer le contact avec elle car ils se font la tête depuis un événement familial douloureux…). L'ami Bruce est assez sobre dans son jeu et toujours aussi efficace durant les scènes d'action. Une valeur sûre. Il est suivi des convaincants mais pas exceptionnels James Cromwell ("La mutante 2", "Spiderman 3" et déjà dans le rôle d'un brillant scientifique à l'origine d'un robot performant dans "I robot"), Radha Mitchell ("Pitch black", "Silent hill"), mais surtout Ving Rhames ("L'échelle de Jacob", "Le sous-sol de la peur", "Piranha 3D") qu'on a vu sous des jours meilleurs car il semble être venu cachetonner et paraît en roue libre complète (il faut le voir en gourou coiffé façon rasta se lancer dans des arguties de bas étages quant à la non-utilisation des clones, quel cabotin !).

Pour ce qui est de la bande-son, celle-ci est, comme on pouvait s'y attendre, très minimaliste pour ne pas dire simpliste. On est dans un film d'action finalement et Richard Marvin coupable par ailleurs des scores de "Ninja Kid" ou encore "U-571" fait ce qu'il peut mais cela ne restera assurément pas dans les annales.



Que dire finalement de Clones? Eh bien que Jonathan Mostow est un réalisateur moyen qui devra encore faire ses preuves après ce film. Muni d'un scénario de base intéressant, l'entreprise est néanmoins entachée par une réalisation saccadée, un casting inégal et une fin par trop abrupte et finalement assez consensuelle. Reste cependant le plaisir de revoir à l'écran Bruce Willis et des effets spéciaux parfois à couper le souffle. Par ailleurs, ça ne dure que la bagatelle de quatre-vingts minutes environ et se laisse suivre sans déplaisir, alors pourquoi le bouder ?








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