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Le jeune séminariste américain Michael Kovak se rend au Vatican pour y étudier les rites de l'exorcisme. Féru de psychologie, il nourrit de sérieux doutes à l'égard de ces pratiques anciennes, et juge que la "possession" relève de la psychiatrie plutôt que de la démonologie. Il se heurte périodiquement à ses formateurs jusqu'au jour où ceux-ci l'adressent au Père Lucas, ecclésiastique légendaire qui a pratiqué avec succès des centaines d'exorcismes. Au contact de ce mentor au comportement abrupt et déroutant, Michael commence à se déprendre de ses préjugés. Un cas se présente bientôt à lui, dont la violence terrifiante va le forcer à se remettre en question…



Lorsqu'on a vu "Le Rite", une question se pose : le thème de l'exorcisme a-t-il encore quelque chose d'intéressant à offrir ? Parce qu'après pratiquement deux heures de film, il ne ressort du film de Mikaël Hafstrom ("Chambre 1408") rien qui puisse réellement le démarquer des autres productions s'articulant autour du sujet. Bien au contraire, on nous ressort une énième fois l'ensemble des poncifs du genre : nous n'échapperons donc pas à la mention "inspiré de faits rééls" (le film s'inspire de l'oeuvre de Matt Baglio, The Rite: The Making of a Modern Exorcist), ni au personnage principal à la foi vascillante, ni à l'opposition possession / maladie psychologique, ni au démon qui balance des grossièretés dans des langues oubliées pour bien nous faire comprendre qu'il n'est pas gentil, ni à la possédée contorsionniste. Pour parfaire le tableau, le seul élément un peu surprenant du film est révélé dans la bande-annonce...



Tout ceci est d'autant plus dommage que le début du film laissait entrevoir une histoire intéressante, notamment au travers des cours d'exorcisme qui auraient peut-être mérité d'être plus développés. Hélas, ils ne serviront qu'à rappeler une nouvelle fois le manque de foi du personnage principal, tout en présentant quelques démons (on ne sait jamais, on pourrait en rencontrer un d'ici la fin du film). Dès lors, Le Rite emprunte rapidement un sentier balisé pour nous emmener sans surprise vers un final semblant indiquer que l'Eglise recrute. Ca ne devrait pas poser de problème puisque la foi permet de régler tous les problèmes, et que le Bien, c'est bien, et le Mal, c'est mal (surtout quand ça pousse à gifler des fillettes en se balladant presque nu)...On saluera cependant la qualité des premières scènes d'exorcismes, remarquables de sobriété, où le personnage interprété par Hopkins s'amusera même de l'étonnement de son jeune disciple, lui demandant s'il s'attendait à voir la tête de la patiente tourner sur elle-même en crachant des gerbes de vomi verdâtre.



Au milieu de tout ça, on se demande un peu ce qu'est venu faire Anthony Hopkins, qu'on ne présente plus, dans cette galère. Surtout que l'acteur, habituellement capable de pétrifier le spectateur d'un seul regard, ne semble guère concerné par ce qui l'entoure, se contentant d'errer à l'écran en donnant parfois l'impression de jouer Hannibal Lecter plutôt que le père Lucas. Quant à l'Irlandais Philip O'Donoghue, qui interpréte son jeune élève Michael, son absence totale de charisme handicape encore davantage le métrage, peu aidé par un personnage totalement inintéressant dont on finit rapidement par se contrefoutre...



Malgré d'évidentes qualités esthétiques, Le Rite est donc un film d'exorcisme parmi tant d'autres, reprenant les artifices usés jusqu'à la corde sans imagination et délaissant une base intéressante au profit d'une campagne de publicité ecclésiastique. On en viendrait presque à espérer que le Diable existe...








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CHAMBRE 1408