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Alors qu'ils se sont arrêtés sur une aire d'autoroute, une petite famille va prendre sans le savoir des clandestins à bord de leur camping-car. Et pas n'importe quels clandestins : il s'agit de petits monstres venus de l'Espace, des boules de poils agressives et carnassières qui ont déjà mis à feu et à sang une petite bourgade non loin de là. Surnommés "Critters" par des chasseurs de primes intergalactiques, ces petits êtres hideux vont rapidement envahir un immeuble dans la banlieue de Los Angeles.



Après un sympathique premier épisode et une suite encore meilleure, nous étions en droit de nous attendre à un nouvel opus mettant en scène nos chères petites bestioles poilues voraces et un brin fofolles. Et c'est donc chose faite avec cette seconde suite intitulée tout simplement "Critters 3", réalisée en 1991, et qui sera suivie de prêt par un quatrième volet, suite directe de l'opus dont il est question ici.

Un épisode qui tranche radicalement avec les deux premiers sur plusieurs plans. Tout d'abord, fini la campagne et sa petite ville de Grovers Bend où nos Critters semblaient avoir pris racine, et direction Los Angeles, dans un immeuble où nos vilaines petites boules de poils aux dents pointues vont s'en donner à cœur joie.
Un changement de décor et de cadre plutôt bienvenu qui montre là la volonté de l'équipe du film à essayer de se démarquer des deux premiers opus en amenant nos Critters dans des lieux encore inconnus pour eux, source de mystères et de curiosité pour nos petites bêbêtes.

Alors que l'on était en droit d'espérer que nos Critters allaient mettre la pagaille en ville, on se rend rapidement compte que nous n'allons pas quitter le bâtiment dans lequel nous sommes entrés et que nous allons au contraire avoir droit ici à un huit-clos, nos héros étant prisonniers de leur immeuble, à la manière d'un "troll" ou d'un "demons 2". Une chose qui n'est pas un mal en soi et devrait justement renforcer ce sentiment d'angoisse. Mais le souci est que la réalisation et le scénario ne suivent pas…



Alors que les deux premiers épisodes réussissaient à tenir le spectateur en haleine (le premier par son ambiance et les attaques de ces créatures encore méconnues du public, et le deuxième par son humour et ses scènes d'action), cet opus s'avère quant à lui assez poussif, souvent ennuyeux, la faute à un scénario très limité. Très avare en originalité, bien moins amusant que les deux opus précédents et nettement moins porté sur l'action (les attaques de Critters, tout comme les meurtres, se comptent sur les doigts d'une main), ce troisième épisode perd en grande partie ce qui faisait le petit charme de cette saga naissante. Une saga certes bien en dessous de sa concurrente mettant en scène des Gremlins mais qui réussissait toutefois à divertir et à amuser son public par le biais de son humour parfois un peu foufou et ses petites bêtes poilues voraces et finalement bien sympathiques.

D'ailleurs, pour combler la pauvreté du scénario, nos Critters viendront à deux-trois reprises faire les rigolos devant la caméra, à l'image d'un "gremlins 2" (c'est le cas notamment de la séquence dans la cuisine où un Critter avale du liquide vaisselle tandis qu'un autre s'avale une boite de cassoulet sous le regard d'un troisième larron qui balance de la farine sur ses amis…), histoire d'égayer un peu tout ça et de divertir les plus jeunes. Des scènes bien sympathiques en effet mais qui ne rattrapent cependant pas la médiocrité générale qui plane sur ce film.

Le casting souffre un peu également de la comparaison avec celui des deux opus précédents. On perd l'une des icônes de la saga (le jeune Brad Brown auquel on s'était pour beaucoup attaché) mais surtout nos chasseurs de prime intergalactiques (qui faisaient la part belle au deuxième opus, notamment sur la carte de l'humour). Reste toutefois notre cher Charlie (devenu du coup chasseur de Critters), mais ce dernier devient finalement très lassant (à trop vouloir jouer le foufou, ce dernier énerve…).
A noter enfin la présence du jeune Léonardo DiCaprio qui fait ses premiers pas devant la caméra, cinq ans avant "Romeo + Juliette" (qui en fera une star) et six ans avant le fameux "Titanic" de James Cameron qui marquera le summum de sa carrière.



Et nos Critters dans tout cela? Hé bien, malgré que ces derniers semblent bien moins affamés qu'auparavant, ils ont au moins le mérite d'être déjantés comme jamais. De vrais gosses dans un magasin de jouets!
On regrettera cependant qu'ils n'évoluent pas (référence à la grosse boule qu'ils forment tous ensemble dans le deuxième épisode) et ne grossissent pas : les conséquences certainement d'un manque de place dans les appartements de cet immeuble qu'ils s'amusent à mettre en pièces (on ne peut alors que repenser au deuxième épisode des Gremlins, sorti un an avant, avec ses mutations en chauve-souris et en araignée notamment…). Ici, nos Critters restent de simples petites boules de poils qui se déplacent principalement en roulant, à la manière d'un Sonic de la firme Sega.

C'est d'ailleurs en faisant le détail de ce qu'ont mangé les Critters dans cet épisode que l'on se rend également compte que cet épisode se tourne plus vers le divertissement familial que vers le film de monstres horrifique : fuyant les meurtres sanglants, "Critters 3" se veut très esprit "justicier" et "happy end" (les Critters ne dévorent que les méchants alors que leur régime alimentaire ne montrait aucun tabou dans les deux premiers épisodes, étrange non?).



Au final, ce troisième épisode de la saga des Critters marque également son déclin… Pauvreté du scénario, casting revu à la baisse, humour bien moins présent et attaques trop timides de nos vilaines boules de poils carnivores, cet opus ne vaut que pour quelques (trop) rares gags et surtout pour ses Critters plus déjantés que jamais, en réponse probablement aux pitreries de nos Gremlins dans leur deuxième volet sorti un an plus tôt.








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