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Londres dans les années 70. Alan et Samantha se sont mariés. Alan est un industriel qui a réussi et Samantha, une championne de patinage artistique. Ils ont tout pour être heureux, vivent dans une belle maison bourgeoise de la capitale anglaise et ont des amis solides. Ce mariage fait d'ailleurs la une des journaux, comme un symbole de leur réussite sociale. Dans un autre endroit du pays, plein de fumée, de pauvreté et de "working-class", un homme aperçoit la photo dans le journal, saute dans un train pour mettre à mal ce pur bonheur conjugal apparent. S'introduisant dans la demeure du couple, il va terroriser la belle Samantha tout en trucidant quelques membres de son entourage, notamment un psychiatre barbu et une voyante qui ne l'est pas (barbue). Samantha en est sûre, celui qui la traque est un certain William Haskin, ex-amant de feu sa mère, qui l'a assassiné devant ses yeux alors qu'elle était petite fille.



"La schizophrénie ... un trouble mental, parfois connu sous le nom de la personnalité multiple ou divisée, caractérisé par la perte de contact avec l'environnement et l'alternance entre les comportements violents et contrastés. "
C'est sur cette phrase, énoncée en pré-générique, par une voix-off que s'ouvre le film.

Avec une telle introduction, un tel titre, une telle affiche et la personnalité du réalisateur Pete Walker, le film s'oriente tout droit vers une histoire de psycho-killer matinée de psychologie, de giallo, de meurtres brutaux et d'étude de personnages.
Quelque part entre "Psychose" et "Les frissons de l'angoisse", dont il reprend par ailleurs deux des scènes les plus représentatives (respectivement, celle de la douche et celle de la séance de spiritisme), "Schizo" s'avère tout à la fois relativement ennuyeux par la faute d'une première partie bien trop longue, puis intriguant dans un second temps pour finir par délivrer un suspense soutenu (sans être non plus trépidant) dans la dernière demi-heure.



"Schizo" prend donc son temps pour installer ses personnages principaux et en insistant sur la dichotomie entre la vie bourgeoise du couple et celle bien moins enviable du meurtrier putatif qui après être sorti de prison vit dans le dénuement le plus complet, loge dans une minuscule chambre de ce qui semble être un centre d'accueil. Une vision somme tout assez juste de la société anglaise de l'époque. Avec mesure et lenteur, le spectateur va pouvoir rentrer dans la psyché des protagonistes avant que la violence n'explose.

Une mise en scène avant tout fonctionnelle mais tendue vers l'objectif principal : tenter de montrer les failles psychologiques de Samantha, qui visiblement cache derrière son joli minois une schizophrénie latente.
Et c'est finalement ici que le bât blesse, le titre et la mise en place sont bien trop évidents pour que l'on n'ait pas de très gros doutes sur Samantha et son rôle dans son traumatisme enfantin.
On anticipe quasiment dès le début, le fin mot de l'histoire. Fin mot qui adviendra dans une confrontation entre Samantha et William tellement évidente qu'elle plombe tout ce que le réalisateur s'est échiné à mettre en place. Dommage, les dix dernières minutes auraient mérité un autre traitement afin de nous laisser dans un certain flou vis-à-vis de la maladie de l'héroïne.



Quoiqu'il en soit, "Schizo" distille son lot de séquences violentes et de meurtres graphiques renvoyant immanquablement au giallo italien. Une violence très étonnante dans le contexte cinématographique britannique de l'époque lorsque l'on sait la virulence de la censure d'alors chez les sujets de sa gracieuse majesté.


Quelques scènes de nudité sont également présente et mettent en exergue la beauté naturelle de la délicieuse Lynne Frederick. On la retrouve dans un Hammer : "le cirque des vampires", dans l'impeccable "Phase IV", dans le western métaphysique de Lucio Fulci "Les 4 de l'apocalypse". Hélas un destin tragique l'attend, puisque elle meurt en raison de son alcoolisme en 1994, à l'âge de seulement 40 ans.



Schizo représente une facette intriguante de la production britannique des années 70 et s'il n'est pas exempt de défauts, il montre à l'évidence que Peter Walker est un réalisateur intéressant qu'il serait bon de redécouvrir.

Disponible en DVD zone 1 en anglais seulement. Il existe aussi une VHS ( mais si, souvenez-vous... une VHS ! ) édité chez Warner.




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