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Catherine et ses parents sont invités chez l'un des oncles de la jeune fille. Ce dernier, veuf suite au décès mystérieux de sa femme, vit avec son fils Stephen et sa secrétaire dans une grande demeure, entourée par les arbres de la forêt avoisinante. Alors qu'ils arrivaient à destination, un accident de voiture cause la mort des deux parents de Catherine qui est recueillie par son oncle Alexandre. Sous le choc, la jeune fille espère pouvoir se reposer et compter sur la présence de sa famille pour ne pas sombrer dans la tristesse et le désespoir. En parfait médecin, profession qu'il exerçait autrefois, Alexandre lui administre alors des somnifères et sédatifs dans le but d'apaiser son esprit. Malheureusement, les tourments sont profonds chez la jeune fille qui va alors avoir des visions cauchemardesques, des visions en rapport avec des faits réels s'étant produits dans cette sombre et immense demeure. Sacrifices, tortures, meurtres : autant de barbarie perpétrée jadis que semble vouloir cacher la maison de son oncle…



Premier film de Norman J. Warren (à qui l'on doit notamment "prey" et "inseminoid"), "l'esclave de satan" (de son nom plus usuel "satan's slave") sort en 1976 en Grande-Bretagne. Traitant des thèmes dérangeants pour l'époque (rituels sataniques, inceste…) et dévoilant quelques plans gores plutôt réussis dans l'ensemble, le film choque et devient rapidement culte outre-Manche.

Pourtant, dans la filmographie de Norman J. Warren, force est de constater que l'on peut trouver aussi bien des bonnes surprises (comme l'inévitable "prey", alias "le zombi venu d'ailleurs", certainement le meilleur film du réalisateur, ou encore le bien sympathique "inseminoid") et des petites déceptions (on retiendra surtout le mauvais "terror" plus connu en France sous le nom de "la terreur des morts-vivants"). Mais ce que l'on reproche bien souvent à notre cher réalisateur britannique tant décrié, c'est le fait de partir bien souvent avec des bases scénaristiques solides pour finalement accoucher d'un long-métrage final assez fade dans l'ensemble, ne mettant que trop peu en valeur les richesses des scénarios originaux (c'est le cas notamment des films "bloody new year", alias "réveillon sanglant", ou encore ce fameux "satan's slave" dont il est question ici).



En effet, "satan's slave" aurait peut-être mérité un meilleur sort (sans vouloir faire de jeux de mots) tant les idées fourmillent tout au long du film. A l'image d'un "inseminoid" par exemple, on peut regretter principalement cette monotonie qui ressort de ce premier long-métrage. Certes, les premières minutes du film sont riches en plans et séquences horrifiques avec ce rituel satanique (avec son gourou, ces hommes encagoulés menaçants et le sacrifice humain) ou juste après avec cette scène de meurtre, mais une fois cette mise en bouche passée, l'intrigue se met très doucement en place et la carotte qui faisait avancer de bien bonne façon le film semble avoir déjà été bien entamée au bout d'un quart d'heure…

On ne reprochera cependant pas à l'intrigue d'être inintéressante mais seulement de ne pas réussir à nous tenir en haleine suffisamment durant les 85 minutes que dure le film. Mais malgré ses lenteurs conséquentes, ses dialogues tournant en rond pendant quasi 50 minutes et ses acteurs impuissants face à la tournure que prennent les choses une fois passée l'introduction de bonne facture, la mayonnaise finit par reprendre. Le film redémarre sur les chapeaux de roue dans sa dernière partie réussie et parvenant à retourner / chambouler pas mal de choses vues jusqu'à présent (mais je n'en dirai pas plus).

Vous l'aurez aisément compris, "satan's slave" peut s'avérer être un bon petit film d'horreur pour qui sait être patient et essaye un minimum de se plonger dans cette ambiance sombre, cette atmosphère parfois dérangeante et froide, que Norman J. Warren réussit souvent à mettre en place dans ses films (un point positif que l'on peut souligner pour ce réalisateur tant critiqué). Et ce premier film marque d'emblée cet attrait qu'a notre british pour déranger et interpeller (on pourrait même dire interloquer) son public (Norman J. Warren aime ce qui sort de l'ordinaire et il le montre dans la plupart de ses films).
Ainsi, dans "satan's slave", notre réalisateur nous entraîne, sous fond d'un mélodrame familial pouvant paraitre lourd, répétitif et ennuyeux pour certains, dans un univers malsain et décadent représenté de façon ponctuelle dans le film par les flashs et les visions d'une Catherine droguée par les somnifères et autres sédatifs que lui administre son oncle. Rituels sataniques, sorcellerie, magie noire et sacrifices humains sont autant de choses que voit Catherine tout au long du film (des passages parvenant par ailleurs à sortir de l'eau un scénario battant de l'aile au beau milieu du film). Mais cet univers malsain que met en place Norman J. Warren se traduit également par se meurtres perpétrés et l'inceste qui nait suite à la rencontre entre Catherine et son cousin Stephen.



Malgré des personnages (il faut bien le reconnaitre) paumés dans le flou scénaristique et le semblant de dialogues en milieu de film (ces derniers tournent en rond et ne semblent axés que sur le rétablissement progressif de Catherine), "Satan's slave" n'est également pas en reste au niveau du casting avec principalement un Michael Gough (vu dans "le cauchemar de Dracula" et "le fantôme de l'opéra" de Terence Fisher, "crane maléfique", "sleepy hollow ou encore dans le rôle d'Alfred dans la saga des Batman initiée par Tim Burton) remarquable dans le rôle de l'inquiétant oncle Alexandre.

Au niveau des décors, aucun doute que nous sommes bien au cœur de l'Angleterre, avec ce temps sinistre, cet esprit presque gothique qui plane par moment durant le film, ces demeures immenses très british… Une atmosphère inquiétante et menaçante qui se manifeste également par les quelques meurtres assez saignants (la scène de l'œil crevé est vraiment réussie, tout comme la vision du corps écrasé contre le bitume après une chute d'un immeuble), sans oublier les scènes de tortures et autres sacrifices humains.



Au final, loin d'être le meilleur film de Norman J. Warren, "satan's slave" renferme toutefois quelques atouts telles que son ambiance froide et inquiétante ou encore l'interprétation de certains acteurs, Michael Gough en particulier. Malgré un rythme qui, une fois de plus, souffre de réelles lenteurs, marque de fabrique du réalisateur britannique, l'intrigue se laisse suivre jusqu'à un final déroutant et bienvenu.