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Juliet Devereau, jeune médecin cherche un appartement à New-York et elle jette son dévolu sur un immeuble qui semble bien lui convenir. Elle sympathise même avec son nouveau propriétaire mais elle se sent très vite épiée…



Le canevas de The Resident ne prête pas de mine et on s'attend à pénétrer dans l'univers de Polanski ("Rosemary's baby", "Le locataire") ou le thriller voyeuriste, "Silver" avec Sharon Stone. Mais hélas, j'aurais bien voulu dire le plus grand bien d'un film estampillé de la glorieuse Hammer qui renaît de ses cendres ("Laisse-moi entrer", le remake de "Morse", c'est déjà leur œuvre) , mais jamais ce film n'approche l'univers paranoïaque et envoutant de Polanski. Quant à "Silver" ersatz assez moyen de "Basic Instinct", il arrive largement au dessus de ce thriller pantouflard et éminemment vulgaire. Pourtant, on ne demande pas grand chose : un petit suspense bien troussé, une héroïne aux abois, des voisins pervers... De tout ces éléments, The Resident en manque cruellement.



Autant dire que le film réalisé par le finlandais Antti Jokinen s'apparente à une mauvaise plaisanterie. Plutôt amusant au 100ème degré dans le rendu névrotique de Max (Jeffrey Dean Morgan- "Watchmen" qui n'échappe pas au ridicule), coincé entre son voyeurisme, une branlette dans la baignoire (!!), un harcèlement obsessionnel. Rien ne nous est épargné au niveau des clichés et les scènes d'appartement nocturnes se succèdent à un rythme nonchalant et ultra prévisible. Voir Jeffrey Dean Morgan lécher et mordiller la main d'Hilary Swank en plein sommeil vaut le détour, au point de se demander si le scénario ne nous prendrait pas pour des imbéciles, d'autant plus que jamais ne sont creusées les motivations de Max. Il se comporte ainsi : point barre! Vraiment light et flemmard.

Le suspense est même éventé au bout d'une vingtaine de minutes via l'un des flashbacks les plus ridiculement amenés de l'histoire du cinéma (et il en contient !!). Alors que Max et Juliet vont s'envoyer en l'air, ne voilà t'y pas qu'on nous explique -qu'on nous surligne même- comment Juliet a pu s'installer dans cet appartement-là et à quel point Max est obsédé par elle (comme si on n'avait pas compris !). L'interaction psychologique des personnages n'est vraiment pas le point fort (mais y en a t-il un ?) de ce bien trop long-métrage. Qui rajoute aussi un troisième personnage principal : l'ex-(futur) fiancé de Juliet qui reste accroché à elle. Recollant les morceaux, il devient comme de bien entendu un personnage gênant. Mais ne vous attendez pas à un thriller vaguement horrifique (et pourtant même le passable "Toolbox Murders 2003" de Tobe Hooper arrivait à créer une ambiance poisseuse dans un appartement décrépi). L'esthétique visuelle non plus n'intéresse pas les concepteurs du projet et est aux abonnés absents.



Oscarisé pour "Million Dollar Baby", ça serait oublier que Hilary Swank a enquillé quand même pas mal de navets dans sa filmographie (l'improbable "Fusion", "Les châtiments"), et bien elle a décidé d'en rajouter un ! Sans aucune cohérence ni motivation on la voit retirer son soutien-gorge sans enlever ses vêtements avant qu'elle n'aille dans la salle de bain où on voit ses seins et où elle se tripote dans la baignoire. Oui, comme Jeffrey Dean Morgan ! Cette baignoire doit avoir quelque chose de spécial et d'aphrodisiaque. Contrairement au film où l'érotisme de la comédienne ne saute pas aux yeux et ou aucun moment ne vient nous troubler. A la décharge du film, il est probable que l'on soit moins concerné par ce qui se passe et qu'on fasse le ménage en retard ou la vaisselle qui traîne.



Le sourire aux lèvres à la vue du nom de la Hammer aura vite laissé la place à une déception amère et ce n'est pas la présence du vétéran Christopher Lee- qui ne sert à rien- qui viendra donner de la plus-value à ce film destiné visiblement à un public peu difficile et/ou qui se laissera berner par une histoire qui n'arrive jamais à être angoissante, ni crédible.








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