RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2.3
(8 votes)
Jotunheimen, Norvège, 1976. Sigrid le fils d'un couple d'hôtelier est porté officiellement disparu ainsi que ses parents. Dans la réalité des faits, persécuté par son père qui ne serait pas son véritable géniteur, Sigrid les a tués puis a disparu dans la nature. Douze ans plus tard, un groupe de jeunes décide de passer une nuit dans les environs sans se douter qu'un tueur rôde dans les parages...



Dès les grandes lignes du scénario, Cold Prey 3 ressemble à tout un tas de psycho-killers ultra connus et si ce n'était sa localisation en Scandinavie, tout prêterait à croire que Jason Voorhes ou Michael Myers sont dans les parages. Si les deux premiers "Cold Prey" avaient fait sensation, c'est que l'univers du slasher est rarement appréhendé avec succès de ce côté-ci de l'Atlantique. A l'exception de cette trilogie norvégienne, on ne trouve guère que le diptyque autrichien "Dead in days" - toujours inédit en France !!! (dont le numéro 2 démontre une capacité d'adaptation pour bifurquer vers le survival) pour rivaliser avec leurs homologues américains. Certes les deux premiers "Cold Prey" n'avaient pas fait preuve de grande imagination- "Cold Prey 2" s'ingéniant à reproduire la trame d' "Halloween 2" (1981) de Rick Rosenthal en inscrivant son action dans des couloirs d'un hôpital -, mais ils s'étaient avérés au moins efficaces.



En s'attaquant à Cold Prey 3, le nouveau réalisateur Mikkel Brænne Sandemose, opte pour une approche plus viscérale. Au point que par moments (Cf. le piège dans lequel tombent deux tourtereaux), sa préquelle fait penser aux survivals forestiers qui ont pullulé ces dernières années (à l'instar de "Manhunt" par exemple). Plutôt que de poursuivre la saga, les auteurs de cette bande horrifique ont préféré aller vers la solution de facilité : revenir aux origines du mal. Expédié en deux coups de cuillère à pot- qu'on est loin de la relecture de Michael Myers chez Rob Zombie-, l'explication des origines du tueur ne sert que de prétexte à une énième trame digne des "Vendredi 13" ni plus ni moins. La comparaison est d'autant plus flagrante que cette fois-ci, il n'y a pas de protagoniste principal auquel le spectateur puisse s'accrocher, l'histoire nous faisant balancer d'un personnage à l'autre.



La grande impression de déjà-vu et de lassitude de ce long-métrage ne doit pas faire oublier l'efficacité des scènes de meurtres plutôt brutales et le charisme du tueur encapuchonné dont le visage non masqué est souvent caché dans l'ombre pendant qu'il chasse ses proies. Des proies jeunes et insouciantes que la réalisation essaie d'ancrer coûte que coûte dans les années 80. Y compris en utilisant des tubes de cette époque là : Kim Wilde, "Keep me hanging on". Guère étonnant que l'on fasse alors le parallèle avec la longue saga de Crystal Lake avec l'arrivée des jeunes en voiture sur une route traversant une forêt sinistre. Cette fois-ci l'histoire ne prend plus place en plein cœur de l'hiver : exit donc le froid glacial et la neige immaculée qui faisaient le charme des deux premiers opus. La photographie du film ne manque pas d'atouts grâce à ses décors d'inter saisons mais elle y perd le côté froid et glacé.



Tous ses petits atouts ne suffisent pas vraiment à combler les grosses lacunes d'un scénario prétexte : comment le flic peut-il d'un seul coup se rappeler d'un événement s'étant déroulé il y a douze ans ??? comme si la révélation lui tombait sur la tête ou que le cerveau s'était congelé pendant tout ce temps. Les policiers du coin sont encore moins futés que ceux d'Haddonfield ou de Crystal Lake. Et alors cerise sur le gâteau: la réaction du tueur in fine totalement illogique avec ce qu'il est !!

Cold Prey 3 comme on le voit ne brille pas par son scénario cousu de fil banc et des protagonistes qu'on a déjà vu maintes fois et qui ne servent que de chair à pâté. Heureusement que la violence qui s'est accrue d'un épisode à l'autre vient donner un peu de couleurs à un spectacle qui n'innove pas. Certes le ton du film se veut plus réaliste que les premiers slashers où les tueurs prenaient leurs temps, mais ce qu'on gagne en sentiment d'urgence, on le perd du côté anxiogène. Sans compter qu'il est difficile de s'attacher à des gens qui cumulent les bêtises pour se faire remarquer (cf. la scène dans la voiture du flic). En voulant surfer sur la rentabilité des deux films qui ont connu un succès surprise en Norvège, cold Prey 3 n'a pas visiblement creusé ce qu'il pourrait dire de nouveau et sa vision s'avère dès lors fort dispensable. Mais le film pourrait plaire à un public débutant.








Du même réalisateur :

LUMIèRE SUR