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Le jeune Dracounet, descendant du tristement célèbre Comte Dracula, ne peut jouir des pouvoirs de son illustre aïeul et cela l'exaspère depuis l'âge de douze ans. Seule une potion pourrait lui permettre d'acquérir la vie éternelle mais également d'autres pouvoirs tels que la transformation en chauve-souris ou l'alimentation sanguine par le biais des canines. Or, sa mère fait tout pour empêcher son fils de boire cet élixir, allant jusqu'à lancer, juste avant de mourir, un sortilège sur la fiole contenant la précieuse potion : quiconque ne ressemblant pas trait pour trait à la maman de Dracounet se verrait changé en statue au moindre contact avec la fiole. Notre cher Dracounet, alors devenu adulte et ayant pris le nom de Comte Dracula, va faire appel à plusieurs détectives afin de trouver une femme ressemblant à sa défunte mère et qui pourrait lui faire boire le fameux élixir. Sous les ordres du Comte Dracula, le détective Gaston Lepope va enlever une jeune parisienne nommée Arianne pour l'amener en Transylvanie, dans le château de son employeur, futur vampire. Mais ceci est sans compter sur le courage du fiancé d'Arianne et de ses deux amis qui vont tout faire pour récupérer la jeune femme, n'hésitant pas à parcourir les bas-fonds de cette région lugubre de la Roumanie.



Les Charlots! Voilà bien une fine équipe de rigolards ayant amusé les français dans les années 60 et 70 principalement, que ce soit dans leurs chansons ou dans leurs films. Bien que le film que nous traitons aujourd'hui tombe malheureusement en plein déclin de la popularité de notre chère bande de rigolos, nous n'oublierons cependant pas certaines œuvres cinématographiques ayant fait les beaux jours des Charlots dans les années 70 ("les bidasses en folie" en 1971, "les fous du stade" et "les Charlots font l'Espagne" en 1972, "le grand bazar" et "les quatre Charlots mousquetaires" en 1974).

Ne le cachons pas, "les Charlots contre Dracula", sorti en salles en 1980, est loin d'être leur meilleur film mais ce dernier réussira toutefois à séduire les fans de la première heure comme les amateurs de films fantastiques (nombreux sont les clins d'œil au cinéma de genre).
En véritable parodie de film de vampires (genre représenté par une bonne petite poignée d'œuvres, plus ou moins réussies, telles que "le bal des vampires", "vampire, vous avez dit vampire?", "Dracula, mort et heureux de l'être", "les dents de la nuit"…), "Les Charlots contre Dracula" vous plongera au cœur d'une Transylvanie sinistre et inquiétante mais bien souvent édulcorée et égayée par l'humour décalé et loufoque des Charlots, groupe composé à ce moment de Gérard Filipelli, Gérard Rinaldi et Jean Sarrus.



Certes, le film de Jean-Pierre Desagnat (père de Vincent Desagnat, compère de longue date de Michaël Youn, qui participera notamment à une autre parodie de film de vampires, "les dents de la nuit") ne brille pas par son scénario, parfois poussif et doté d'une fin bâclée très décevante, mais heureusement l'humour loufoque des Charlots, présents en grande partie sur l'écriture des dialogues et du scénario en général, vient remettre un peu de punch à cette réalisation réalisation très moyenne.

En effet, malgré certaines lenteurs (dues à des passages à vide où les rares gags ne font pas mouche et où l'action se fait rare), force est de constater que l'humour, suffisamment présent pour qualifier cette œuvre de comédie fantastique, réussira à séduire bon nombre d'entre nous, à l'unique condition d'être un minimum réceptif vis-à-vis du style, un peu "grand n'importe quoi", des Charlots (un humour très peu subtil, bien plus représenté par des gags nazes, des blagues potaches et du comique de répétition). Pour donner quelques exemples, si le fait de trouver un sauna en pleine forêt transylvanienne, les cercueils marqués aux noms de Bela Lugosi et Christopher Lee dans le château du Comte Dracula ou encore un téléphone dans du fromage blanc ne vous choque pas, alors venez sans plus tarder et surtout déposez votre cerveau à l'entrée avant de lancer le film!



Outre cet humour un brin décalé (quoiqu'un brin…), la maigreur du scénario est également camouflée par les prestations de certains acteurs en les personnes de Gérard Jugnot dans le rôle du détective tordu Gaston Lepope (très bon dans ce rôle même si l'on regrette sa quasi-absence dans la seconde partie du film), Vincent Martin dans la peau d'Igor, le serviteur du Comte Dracula, un homme complètement barje faisant étrangement penser à un autre valet nommé Igor dans un certain "Frankenstein junior" de Mel Brooks, sorti six ans plus tôt.
Et que serait "Les Charlots contre Dracula" sans notre illustre vampire campé par l'acteur et metteur en scène de théâtre grec Andreas Voutsinas, très bon en Dracula parfois maniéré, coléreux et fier (il faut voir d'ailleurs sa splendide chevelure!).

Les décors, enfin, ne sont pas en reste non plus. On prend plaisir à vagabonder dans les forêts sinistres de cette région peu hospitalière de Roumanie ou encore à visiter les salles de l'immense château de Dracula à l'ambiance parfois très Hammerienne.

Je ne ferai cependant pas de commentaires sur les effets spéciaux étant donné que ces derniers sont presque aux abonnés absents (des fausses canines, une transformation en chauve-souris bien cachée…) dans ce long-métrage bien plus axé sur l'humour potache et ras les pâquerettes que sur l'aspect fantastique.



Au final, "Les Charlots contre Dracula" est une parodie de film de vampire respectable, certes bien loin des fleurons du genre (dont notamment "le bal des vampires" de Roman Polanski), la faute à un scénario très léger, mais suffisamment attrayante et amusante (à condition d'adhérer à l'humour très potache des Charlots) pour vous faire passer un bon petit moment devant votre téléviseur. Pas un chef-d'œuvre, loin de là, mais une honnête production, même si cette dernière ne tombait pas dans la période la plus prolifique des Charlots, bien au contraire…








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