RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2.5
(7 votes)
Charlotte, une jeune fille solitaire semblant fuir quelque chose, traverse une région isolée au volant de sa voiture et s'arrête pour prendre Max, un autostoppeur. Lors de leur halte dans un restaurant routier tenu par celle qu'on appelle La Spack et fréquenté par les paumés du coin et autres bikers limités du bulbe, Max va aux toilettes et disparaît mystérieusement. Charlotte, inquiète, va se faire aider par Chinaski, un vieux policier à la retraite, afin de retrouver le jeune homme avec qui elle avait commencé à sympathiser. Sans nouvelles fraîches, la jeune femme décide de revenir dans le bouge la nuit, pour tenter de retrouver Max mais elle va découvrir un effroyable secret…



Tourné en Belgique début 2009 pour un budget de 2,5 millions d'euros, La meute prend lieu et place dans un cadre rappelant la France des usines, de l'industrie et des zones minières. Bref, ce n'est pas glamour et on n'est pas venu là pour la gaudriole ! Pourtant, et c'est là la première faiblesse du métrage, de l'humour il y en a dans le film de Franck Richard, dont c'est là la première réalisation. Toutefois, Frank Richard n'est pas Pierre Richard et toutes ses tentatives pour nous faire rire tombent à plat. Les dialogues sont faussement trash mais complètement à côté de la plaque. Dommage que le réalisateur soit animé par la volonté systématique de caser des séquences d'humour au second degré (et encore je suis gentil !) à travers les répliques des protagonistes pour alterner avec les scènes dites d'horreur car cet amalgame mal géré nuit grandement au film. Reste toutefois, pour ceux qui ne la connaissaient pas, la blague du masochiste, du pyromane, du zoophile, du nécrophile, du sadique et de l'assassin, qui peut faire sourire…



Nanti d'une distribution éclectique mais qui tient la corde sur le papier, La meute propose néanmoins un résultat tout à fait différent sur pellicule, et c'est là le deuxième point faible du film : un casting inégal ! Certains sont parfaitement employés à contre-emploi notamment Philippe Nahon un habitué des films de genre dans des rôles de meurtriers ("Seul contre tous", "Haute tension", "Calvaire") qui incarne ici un policier à la retraite et surtout Yolande Moreau, campant La Spack, une femme grossière et campagnarde tenancière d'une taverne à la dérive. D'autres, en revanche, ne sont pas, voire peu convaincants. Emilie Dequenne (vue entre autres dans "Le pacte des loups") en jeune gothique pseudo rebelle en fuite faisant 40 kilos tout mouillés et qui décide toute seule comme une grande de retourner la nuit dans le routier à la recherche d'un gars qu'elle connaît depuis seulement quelques heures à peine, excusez-moi mais on a du mal à y croire ! Mais le talon d'Achille du film c'est Benjamin Biolay. Ce type n'est tout simplement pas un acteur. Il interprète un personnage à peine crédible, en étant quasi mono expressif pendant presque toute la durée du film ! Ce n'est donc pas pour rien qu'il a eu pour ce long-métrage une nomination aux Gérards du cinéma dans la catégorie "Gérard du chanteur qui fait l'acteur, ou le contraire" !



Le troisième point noir, c'est le scénario. Celui-ci tient en effet sur un mouchoir, voire un confetti, avec une jeune femme prenant un mystérieux autostoppeur qui va disparaitre assez rapidement aux abords d'un restau routier proche d'une ferme où se cachent quelques créatures étranges… Bon c'est clair que ça ne respire pas l'originalité et pourrait même être perçu pour une déclaration de guerre au cinéma de genre. Pourquoi est-ce indigent ? Eh bien parce que tous les poncifs habituels son utilisés avec plus ou moins de réussite, ainsi on a le droit à : des actes débiles des protagonistes ("Tiens, si je m'adossais tranquillement contre la cage où une terrible personne est plus ou moins endormie dedans !?" ou encore "Tiens, je fais un mètre cinquante mais je vais quand même aller en pleine nuit dans un endroit flippant à mort pour sauver un type que je connais à peine !"), mais on trouve également la maison isolée de circonstance, la famille de dingues qui va avec, la tragédie ancienne à l'origine de tous les maux et enfin le fameux twist final déjà vu maintes fois ! Mais bon voilà, on n'est pas des ignorants et on a tous vu "Saw", "The Descent" ou encore "La colline a des yeux" dont La meute semble s'être inspiré !

A côté de tout cela, il paraîtra donc anecdotique d'indiquer que la musique du film a été composée par Ari Benjamin Meyers et Chris Spencer, fondateurs d'un groupe de rock new-yorkais appelé Unsane

Pourtant, l'ambiance visuelle sale et brumeuse est assez bien rendue (cf. certaines scènes de nuit où l'on voit les monstres). Par ailleurs, les créatures - sortes de goules à la Giger - sont vraiment très bien faites et sont l'œuvre des maquilleurs ayant déjà officié sur les tournages de "Mutants" et de "La horde". Mais c'est bien trop peu pour contenter tout un chacun, malheureusement…



En conclusion, La meute est un film médiocre qui peine fortement à convaincre, la faute à un scénario limité empruntant trop çà et là, et des acteurs inégaux (on passe de Benjamin Biolay, acteur au charisme d'huître de Marennes à la toujours très bonne Yolande Moreau, ici en marâtre frappadingue). Mélange de genres allant du survival au film de zombies, ce métrage produit par La Fabrique de Films pourtant coupable notamment du très bon "A l'intérieur" plonge peu à peu ses spectateurs dans un conglomérat référentiel pseudo "auteurisant" ("whouah, trop bien les éclairages clair-obscur sous la pluie diluvienne avec les goules filmées façon Parkinson !") quasi absurde qui s'essouffle trop rapidement. Rien ne nous est expliqué clairement et l'on côtoie bien trop souvent l'absurde dans de nombreuses scènes ou à travers certains dialogues triviaux. En résumé, le spectateur n'y croit pas une seule seconde et risque de s'ennuyer très fortement. Et puis mince pourquoi appeler son film "La meute" alors qu'il n'y à l'écran que quatre pseudo zombies – vraiment bien foutus certes – à tout casser ? Quelle arnaque pour tous ceux qui comme moi, sont de fervents défenseurs du film de genre français !








Du même réalisateur :