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23ème siècle, la Terre est devenue inhabitable et la population émigre dans différentes planètes dont une particulièrement désirée, l'idyllique Rhea. Laura, une jeune doctoresse fauchée décide de participer à une mission de plusieurs années dans un vaisseau Cargo, histoire de renflouer son porte-monnaie et pouvoir rejoindre enfin sa sœur sur Rhea. Alors que le reste de l'équipage est plongé dans un profond cryo-sommeil, Laura veille au bon déroulement du voyage. Mais très vite, elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule éveillée...



A défaut d'être inventif, Cargo réussi le pari d'être un film de SF cohérent avec un univers propre et une esthétique travaillée. Si le lecteur "dickien" aura tôt fait de comprendre l'un des mystères du film, celui-ci se regarde toutefois sans déplaisir, surfant sur des problématiques politico-écologiques actuelles qui ne peuvent nous laisser indifférent.
Cependant, le métrage peine à poser ses propres idées, empruntant des références aussi nombreuses que flagrantes ; depuis les classiques "Solaris" (pour le rythme du début et le rapport entre l'héroïne et sa sœur) et "2001 l'odyssee de l'espace" dans sa partie finale, on trouve aussi une tension claustrophobique assez proche de "Alien" et consorts, sans parler des quelques productions récentes de genre telles que "Pandorum" ou "Moon". Bref, malgré son origine suisse qui le démarque naturellement du lot, difficile pour Cargo de proposer un spectacle vraiment original ce qui, à défaut d'être grave, l'empêche évidemment de devenir une référence.



Cela étant, on est quand même régulièrement bluffé par le travail visuel effectué pour le film et qui constitue sans doute son principal intérêt. Si l'on perçoit parfois quelques légers défauts en matière de SFX, l'ensemble est très convainquant et montre encore une fois que même avec un petit budget, on peut réaliser une œuvre à grand spectacle qui tient debout. Idem pour la gestion de l'espace et des décors, minimalistes mais efficaces et qui sont joliment exploités grâce à une réalisation sobre ne misant pas sur le démonstratif. En cela, on est plutôt proche de la production d'anticipation des débuts 90's et ce qu'ont proposé des gens comme Caro ou même Bilal.



Mais Cargo est aussi un film qui jongle entre le contemplatif SF et le thriller, or si celui-là est assez brillamment retranscrit par un rythme lent et le jeu très froid de son héroïne, le deuxième aspect est, quant à lui, expédié avec beaucoup de maladresse. Si, comme je l'ai dit plus haut, les tenants et aboutissants ont été devinés très tôt, brisant de fait, l'intérêt de la scène de révélation, la gestion de l'après est survolé à grande vitesse, tout en conservant paradoxalement le rythme lent du reste du film. Du coup, l'urgence ressentie est contrebalancée par la longueur des plans et le déroulement final ressemble plus à un collage qu'autre chose, n'hésitant malheureusement pas à sombrer dans la facilité (entre la séparation du couple qui tombe à plat ou le combat final). De même, à l'instar de nombreux films de genre, le réalisateur semble ne pas savoir quand ni comment terminer son film, le rallongeant inutilement par des scènes explicatives et redondantes.



Ainsi, après un sentiment d'agréable surprise au démarrage, Cargo reste finalement le petit film qu'il est, dont l'ambition est entachée par le manque d'originalité globale et quelques faiblesses scénaristiques imputables sans doute au fait que ce soit un premier film. Cet honnête métrage est toutefois loin d'être honteux, nous offrant quelques belles trouvailles visuelles, et prouvant à sa manière que la SF spatiale a encore de belles heures devant elle en participant humblement au renouveau du genre actuel. Enfin, on ne peut qu'être heureux de voir débarquer un jeune cinéaste prometteur dans une région plutôt avare en productions de genre !








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