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Une expédition dirigée par le professeur Challenger est lancée pour retrouver le "Monde Perdu", un endroit mystérieux situé dans la jungle amazonienne, décrit dans le journal d'un explorateur disparu nommé Maple White. Accompagné du professeur Summerlee, de Sir John Roxton, du journaliste Edward Malone et de Paula White (la fille de Maple White), le professeur Challenger veut prouver au Monde que cet endroit perdu au cœur du Brésil est en réalité peuplé de dinosaures et autres espèces préhistoriques.



C'est dans les années 20 que naquit le premier film mettant en scène des dinosaures, plusieurs décennies avant les fameux "jurrasic park" de Steven Spielberg. "The lost world", réalisé par Harry O. Hoyt, demeurera à jamais un métrage culte aux yeux de beaucoup, principalement pour les fans de films de dinosaures et de monstres en tous genres.

En effet, ce film précurseur est celui qui annoncera dans les décennies suivantes les grands films de monstres tels que le fameux "King Kong" en 1933 ou encore les "Godzilla" et autres "Gorgo". Adaptation (presque) fidèle de l'œuvre d'Arthur Conan Doyle, célèbre romancier britannique à qui l'on doit également le personnage de Sherlock Holmes, "the lost world" donnera également naissance à de nombreux remakes et pseudos remakes dont les plus connus demeurent "the lost world" d'Irwin Allen (1960), "return to the lost world" (1992) et la saga des "jurassic park" que l'on ne présente plus aujourd'hui.



Film muet, "the lost world" nous plonge au cœur d'une aventure sous fond de musique classique, avec ses compositions au violons magistrales et envoutantes qui accentuent et mettent le ton à chaque scène du film. Les quelques dialogues sont écrits, soit dans des fonds noirs ou soit sous forme de sous-titres en conservant l'image en fond, et les personnages ne lésinent pas sur les mimiques en tous genres et autres expressions faciales exagérées pour faire comprendre au spectateur ce qui se passe sans utiliser les textes de façon continue.

Des jeux d'acteurs souvent exagérés qui donnent par la même occasion une touche d'humour au film d'Harry O. Hoyt (la fureur du professeur Challenger quand ce dernier apprend que Malone est journaliste ou encore la bagarre entre les deux hommes ponctuée par des pirouettes à la Charlie Chaplin), petit aspect non négligeable pour un film de l'époque qui bien souvent prend des rides irréversibles et pourrait aujourd'hui s'avérer sans grand intérêt et ennuyeux pour bon nombre de personnes.

Force est de constater que, malgré le poids des années écoulées, "the lost world" reste encore à l'heure actuelle un film passionnant à découvrir, où aventure et action sont les maîtres mots.



Car effectivement, de l'action il y en a à revendre dans le film d'Harry O. Hoyt qui pourrait même se vanter de proposer bien plus de spectacle qu'en offrent certains métrages contemporains. Attaques de dinosaures, bagarres entre reptiles préhistoriques, confrontation avec des hommes-singes, éruption volcanique et même ravage d'un Brontosaure au cœur d'un Londres dévasté (petite dérive par rapport à l'œuvre originale qui annonce l'arrivée d'un certain singe à New York) : "the lost world" ne lésine pas sur le côté très "aventure" et parvient à tenir le spectateur en haleine jusqu'à la fin de la pellicule.

Le panel de monstres est suffisamment vaste pour ne pas lasser le public : hommes-singes effrayants, ptérodactyle (oiseau préhistorique) et dinosaures répondant aux doux noms de Stégosaure, Tricératops, Brontosaure, Tyrannosaure ou encore Allosaure… La galerie de monstres saura vous émerveiller, même si les effets spéciaux ont pris un sacré coup de vieux.



Les trucages et effets spéciaux sont l'œuvre d'un certain Willis O'Brien, un animateur qui atteindra le summum de sa carrière une poignée d'années plus tard avec le culte "King Kong" pour lequel il reprendra sa technique du stop-motion déjà utilisée dans "the lost world" pour mettre en scène notre grand singe préféré du Septième Art.

Pour informations, le stop-motion (ou animation image par image) est une technique permettant de créer un mouvement à partir d'éléments immobiles. Pour cela, on photographie toutes les images d'une scène pour ensuite les faire défiler à une certaine vitesse pour leur donner une impression de mouvement. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça marche : on imagine la tête du public de l'époque devant ces dinosaures en mouvement, ces bagarres acharnées entre monstres…

Des armatures miniatures en acier recouvertes par des morceaux de caoutchouc, d'éponges et de latex en guise de peaux, des vessies de ballon de football que l'on dégonfle et regonfle pour simuler la respiration de certains reptiles préhistoriques : voici les secrets de fabrication des premiers dinosaures du Septième Art!

Malgré ses effets visuels pouvant paraitre pour beaucoup totalement dépassés, "the lost world" conserve un charme qui, lui, ne semble pas avoir de limite dans le temps. Action, humour, aventure… tous les ingrédients sont là dans ce film muet pour nous faire passer un agréable petit moment.
Certes le film n'est pas exempts de lenteurs et pourrait souffrir d'un manque de travail sur les différents personnages mais n'oublions pas que ce dernier se veut surtout un film à grand spectacle des années 20 et à ce niveau chapeau bas! Un film précurseur dans ce registre à voir et à redécouvrir.








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