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De violents et funestes combats voient se confronter des hommes atteints d'étranges mutations ainsi qu'un mystérieux justicier armé aux intentions obscures. De son côté, Yoji, un jeune ouvrier solitaire banal, passe tout le temps de ses pauses déjeuner à admirer une voisine de l'usine sans oser l'aborder. Alors qu'il met la main sur une entité extra-terrestre apparemment inerte, le destin veut qu'il rencontre enfin la jeune femme... Mais ces deux découvertes qui mettent enfin un peu de couleur et de sens à sa vie vont se révéler bien dangereuses...



Digne représentant du v-cinéma, Meatball Machine réussit le pari d'allier débordements gore et drame social, là où ses voisins de dvdthèque préfèrent généralement se contenter de jouir du fun que le genre procure.
En réalité, ce film puise autant son inspiration dans la production ultra-gore nippone que dans le cyberpunk et le Cronenberg première mouture ; en cela, il est plus à rapprocher d'un Tokyo Gore Police sérieux – et plus cheap – avec son sous-texte très présent et son goût pour l'organique et les modifications corporelles à résonances sexuelles.



Ainsi, derrière une histoire d'amour basique bien qu'extrême, Yûdai Yamaguchi dresse le portrait d'une société malade, rongée par la solitude et le mal-être, et où les combats fratricides, représentés par les parasites qui s'entredévorent, semblent symboliser la concurrence quotidienne (et la frustration) que vivent les japonais et qui voit les plus faibles être mis à l'écart.
Car c'est bien de désespoir que le film parle, les dépressifs étant les hôtes préférés de ces mini extra-terrestres gluants ; toujours isolées, tristes et faibles, ces victimes sont donc les cibles idéales (le comble de l'ironie et du cynisme voulant qu'au final, les luttes s'avèrent plus intéressantes et jouissives lorsque ces combattants ont quelque chose à perdre ou une raison de se battre).



Pour autant, à l'instar du reste de la production de ce type, Meatball Machine souffre d'un budget ridicule franchement visible qui, s'il s'avère aussi l'un des atouts majeurs du v-cinema - son charme dirons-nous - permettant souvent tous les excès possibles et les délires pour aficionados du système D, empêche évidemment l'adhésion totale. Impossible donc, malgré l'intérêt que l'on éprouve pour les effets et trucages oldschool ainsi que pour le discours que l'on discerne derrière l'aspect divertissant, de ne pas serrer les dents face à un photographie qui ferait passer un film porno pour une œuvre graphique de 1ère catégorie, ainsi qu'une réalisation trop amateur qui masque le manque de rythme par des mouvements épileptiques.



Pourtant, de l'action il y en a beaucoup mais cela manque trop de fluidité pour être lisible et donc appréciable à sa juste valeur. On regrettera aussi le peu d'approfondissement de la thématique qui semblait pour une fois être un point important, bien que l'on soit habituellement peu exigeant en matière de message lors du visionnage d'un film de ce genre. Ambitieux sans aucun doute mais assurément inabouti.

Meatball Machine est cependant, malgré ces quelques déceptions, un intéressant métrage offrant une noirceur plutôt inédite et un fond suffisamment présent pour être noté - bien qu'il soit, du coup, bien moins jubilatoire que d'autres sanglantes réalisations venant d'Asie.








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