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Sean hérite d'une ferme abandonnée au beau milieu de la Virginie de l'Ouest. Avec un groupe d'amis et son amie, il décide d'aller passer un peu de temps dans sa nouvelle seconde demeure. Mais ce qu'ils ignorent, c'est que l'ancêtre de Sean avait fait un pacte avec le Diable dans les années 30 afin que ses champs soient fertiles et donnent le maïs le plus savoureux de toute la région. Or, pour se faire, le chef de famille avait massacré sa femme et de nombreux voisins car seul le sang humain pouvait donner d'aussi belles récoltes… A peine arrivé à la ferme, Sean apprend les méfaits de son aïeul mais malheureusement trop tard : les épouvantails des environs, tout droit venus des Enfers, sont descendus de leurs perchoirs pour tuer quiconque pénétrant sur les terres maudites des ancêtres de Sean…



"Dark harvest", voici encore un de ces films nous plongeant dans un cadre rural parsemé de champs de maïs à perte de vue où les épouvantails semblent veiller sur les récoltes des agriculteurs. Un cadre idéal pour y tourner un film d'horreur car tous les éléments sont présents pour rendre les nuits frissonnantes et inquiétantes dans ce genre d'endroit : le calme de la campagne, l'isolement dû à ces hectares de champs, l'impossibilité de voir l'horizon à cause de ces hauts pieds de maïs, la sensation d'être toujours guetté par cette présence que l'on s'imagine à travers toute cette végétation, la chair de poule que vous donne ces épouvantails effrayants avec leurs bras en croix et leur visage caché par un chapeau…



Nombreux films de genre ont déjà à ce jour utilisé ce cadre rural, et plus particulièrement les champs de maïs, pour y instaurer une atmosphère menaçante et une ambiance inquiétante. On pourra notamment citer en exemples "jeepers creepers", "les démons du maïs" (alias "children of the corn") et ses nombreuses suites, "haute tension", "husk", "disciples of the crow"… Sans oublier que les épouvantails ont également droit à une saga rien qu'à eux avec les "scarecrow" (et maintenant les "dark harvest" dont il est question ici)!

Bref, c'est donc en terrain plutôt connu qu'un certain Paul Moore décide de venir planter son décor pour son "dark harvest", petit film de démons habitant le corps d'épouvantails. Un film partant sur des bases intéressantes, des idées ma fois plutôt sympathiques (un pacte avec le Diable pour fertiliser les terres, un fantôme qui met en garde Sean sur ce qui va se passer…) mais malheureusement plombées par une réalisation flirtant en tout point avec l'amateurisme pur et dur…



En effet, "dark harvest" n'est pas exempt de défauts et c'est bien le moins que l'on puisse dire à propos du métrage de Paul Moore. Passée une introduction pouvant laisser croire à une bonne petite série B (des policiers découvrent de véritables corps dissimulés sous les habits des épouvantails de l'aïeul de Sean), on se rend rapidement compte que ce film souffre d'une réalisation chaotique dont les causes sont malheureusement multiples.
Au programme donc : une façon de filmer très amateur et des choix pas forcément judicieux (les nombreux ralentis, les gros plans dégueulasses), un montage fait à la va-vite (avec ses plans de pleine lune identiques à chaque fois et ses changements de teintes et de grains au fur et à mesure que l'on avance dans le film), un casting plus que perfectible (ça joue mal du début à la fin), des dialogues idiots (textes récités, humour bas de gamme, conversations creuses et inutiles, doublage français parfois limite…), un scénario décousu et ne laissant pas suffisamment de place à un quelconque suspense (trop de dialogues, trop de semblant d'action, des flash-back pénibles…) et des effets spéciaux très (trop) limités (le sang de couleur orangée, les explosions loupées…).



Vous l'aurez compris, "dark harvest" aura bien du mal à vous convaincre (d'ailleurs il n'y parviendra probablement pas) et flirte plus volontiers avec le Z qu'avec le B. Un film d'horreur dont la seule scène intéressante s'avère être une séquence où l'on voit nos quatre actrices entièrement nues nager dans un étang, c'et maigre, trop maigre pour ce genre de production (malgré les jolies rondeurs de certaines actrices…).

Il y a certain films dont l'on regrette amèrement qu'ils ne durent que 45 minutes tellement le potentiel est présent, mais il y en a d'autres au contraire que l'on aurait préféré écourter et voir plutôt en court-métrage. Ce deuxième cas est malheureusement celui de ce "dark harvest" que l'on aurait peut-être plus apprécié en tant que segment d'un film à sketches comme l'était déjà par exemple le médiocre "disciples of the crow" (dans "contes macabres"), entièrement repompé sur le bon "children of the corn".

Un film à voir entre potes lors d'une soirée (trop) arrosée car seul l'alcool pourrait vous aider à trouver des qualités à ce pathétique long-métrage (où le terme "long" prend ici tout son sens…).

Dois-je en rajouter en vous mentionnant que le cauchemar ne s'arrête pas là... En effet, ce film est le premier volet d'une saga...






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