RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2
(1 vote)
Lors de la nuit de Noël, dans un petit commissariat. Un inconnu se présente au bureau d'accueil et prétend vouloir soulager sa conscience d'un meurtre qu'il n'a pas encore commis. Pendant son interrogatoire, l'inconnu annonce à l'inspecteur présent sur les lieux que c'est en fait 6 meurtres qu'il va commettre. Fait étrange, en comptant l'inspecteur, les policiers de garde pour cette nuit sont au nombre de 6…



Le réalisateur Sud-Africain Michael Oblowitz s'est lancé dans la réalisation dès 1983 avant de disparaître pour revenir en 1997 avec le thriller "Liens secrets". En 2001, il réalise "Vampire World" avec Adrian Paul puis place Steven Seagal devant sa caméra pour "Ultime Vengeance" et "L'affaire Van Haken" en 2003. Après avoir réalisé un documentaire et deux téléfilms, il revient au long-métrage en 2010 avec ce The Traveler, un thriller surnaturel qui met en vedette Val Kilmer. Après avoir visionné le film, on pense à deux choses : ou il aurait dû ne rien faire, ou il aurait dû choisir un autre acteur que Kilmer.



Mais qu'est-il arrivé à Val Kilmer ?? Le beau gosse de "Top Gun", l'acteur parfait incarnant un Jim Morrison plus que crédible dans "Les Doors" s'est transformé en un être bouffi, sans aucune expression, qui ne dégage absolument rien. Si le point de départ de The Traveler s'avère sympathique et intrigant, avec cet inconnu qui annonce qu'il va tuer six personnes ce soir et qui se trouve dans un commissariat où il y a justement six personnes présentes, la (non)prestation de Val Kilmer a tôt fait de plomber le métrage et d'entraîner le spectateur dans un ennui assez profond. Si on comprend assez rapidement qui est réellement le personnage joué par Val Kilmer, c'est à dire un esprit revanchard qui, tel Brandon Lee dans "The Crow", est revenu pour punir les coupables responsables de sa mort, à savoir les six policiers, dont on découvrira le secret inavoué lors de flashbacks situés vers le milieu du film, on imagine vite d'autres acteurs pour personnifier ce personnage et lui donner une réelle consistance, à mille lieues de l'être monolithique, sans charisme aucun, qu'on a devant nos yeux ébahis. Si l'expression "faire le minimum syndical" n'existait pas, il aurait fallu l'inventer pour la prestation de Kilmer dans ce film.



Le reste du casting s'en sort nettement mieux mais c'est trop tard. L'ennui nous a déjà gagnés et on va suivre avec un intérêt limité le fil de l'histoire, qui, malgré le savoir-faire du réalisateur qui tente d'instaurer un climat angoissant, ne parviendra pas réellement à nous intéresser. Le thriller surnaturel laisse alors place à une sorte de slasher lambda en huis clos, les murs du commissariat constituant le décor principal, avec quelques sorties sur les toits et une en extérieur. On attend donc que chaque policier présent en cette nuit de Noël se fasse occire par l'entité incarnée par Val Kilmer. Les meurtres s'enchaînent les uns après les autres, sans qu'on puisse voir le tueur parfaire ses crimes. Point négatif, le réalisateur en rajoute des tonnes dans l'aspect "gore" mais l'effet escompté n'est guère réussi, tels ces morceaux de tripes qui plan après plan viennent éclabousser un mur déjà bien ensanglanté mais qui, au final, nous apparaît comme superflu et bien inutile. Point positif, chaque personnage meurt en fonction des sévices qu'il a fait subir à Val Kilmer de son vivant. Un procédé classique, déjà vu, mais qui reste efficace.



Bien plus réussi, certains dialogues du film qui "jouent" avec le nom de l'inconnu, qui se fait appeler Monsieur "Personne". Ce qui nous vaut des "mais qui as-tu vu sur le toit ??" ayant pour réponse "personne", ce qui finira par mettre la puce à l'oreille des protagonistes encore vivants sur qui peut bien s'amuser à les envoyer ad patres. Amusant et bien vu. Hormis cela, The Traveler ne parvient guère à convaincre, se montre poussif et particulièrement ennuyeux dès que Val Kilmer est à l'écran et ouvre la bouche pour réciter ses dialogues de façon monocorde. L'aura diabolique qu'il est censé dégager est proche du zéro absolu. Décevant et dommageable pour le film qui aurait mérité mieux.








Du même réalisateur :