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Dix ans après la mort de leur petite camarade de jeu, quatre personnes partageant le même secret sont rattrapées par leur passé. Ils reçoivent une série de coups de téléphone menaçants pendant que dans le même temps, un innocent accusé du crime s'est évadé...



C'est sur une trame scénaristique marchant sur les traces du mètre-étalon du genre "Halloween, la nuit des masques" qu'est conçu ce projet en pleine période de ce que l'on peut appeler "l'âge d'or du slasher canadien". En effet, pour des raisons de coûts budgétaires, beaucoup de slashers de cette époque y sont tournés ("Le monstre du train", "Happy Birthday", "Meurtres à la St Valentin"). Tournés à la chaîne, ils finissent par devenir interchangeables mais si certains d'entre eux font des efforts en matière de terreur et de gore, on ne peut pas dire que ce Prom Night de facture très télévisuelle sorte du lot. Il aurait même tendance à être dans le fond du panier. Confié à un débutant, Paul Lynch (qui par la suite préférera aller réaliser des épisodes de série télé comme "Star Trek", "La belle et la bête" ou encore "Poltergeist, les aventuriers du surnaturel"), il en faudrait du talent pour créer de la tension. Là où un Carpenter avec trois fois rien et une composition musicale adéquate arrivait à nous faire attendre les attaques du tueur, ce Bal de l'horreur est amorphe. Tout débute pourtant de manière classique avec un accident fatal qui amène des enfants à garder le secret (comme quoi "Souviens-toi...l'été dernier" n'a rien inventé mais gageons qu'en bon cinéphile Kevin Williamson y a pioché quelques idées).



Pour attirer les investisseurs, il est fait appel à la scream-queen de l'époque en tête d'affiche. Engluée dans le monde des slashers, la pauvre Jamie Lee Curtis aura bien du mal à s'en défaire, de même que de l'usage de certaines substances illicites. Il suffit de bien observer certaines scènes où elle a les pupilles dilatées pour s'apercevoir que la jeune comédienne n'est pas dans son état normal. Amorphe, elle se promène dans le film en paraissant égarée. Mieux vaut pour elle d'ailleurs car en plus d'être mou du genou avec son "deux de tension", le film est d'un kitsch total. Car en plein boom du disco, l'équipe du film s'est dit qu'il fallait utiliser cette musique. Quelle bonne idée!!! Ce qui nous vaut des scènes de bal sur le dance-floor à pleurer de rire. Accoutrés dans des tenues d'époque les acteurs n'en ressortent pas à leur avantage. Comme quoi, tout le monde n'a pas le talent d'un De Palma qui avec "Carrie au bal du diable" a réussi un classique indémodable. Le bal de l'horreur en est loin et avant d'arriver à l'équarrissage en douceur du casting, il faut se farcir une heure de néant. Durant laquelle, le réalisateur se croit obligé de faire des zooms sur les téléphones en train de sonner. Ceux-ci étant devenus des objets de menace, mais ce recours technique tombe à plat. Tant pis, on se dit qu'on va se rattraper avec les suspects (naïfs que nous sommes). Pour faire bonne mesure, ceux-ci sont multipliés à loisir, jusqu'à avoir recours au grand absent, le soi disant suspect qui s'est évadé de l'asile : Cf. Halloween.




Parmi les potentiels coupables, se trouve un acteur bien connu du grand public mais pour ses rôles de comique, à savoir Leslie Nielsen (1926-2010) qui a connu son heure de gloire dans la série des "Y a-t-il un pilote dans l'avion ? "Un flic pour sauver le président/la reine ?" mais aussi dans toute une série de pastiches "L'exorciste en folie", "Scary Movie 3", "Scary Movie 4", etc. mais ça serait oublier à quel point ce grand monsieur à œuvrer aussi dans des films nettement plus sérieux ("Planète interdite", "L'aventure du Poséidon", "Creepshow"). Donc si son interprétation peut donner le sourire aux lèvres aux jeunes générations, il hérite pourtant ici dans la peau du proviseur, d'un rôle qui ne prête pas à rire. Et dans ce maelström de médiocrité, il tire même son épingle du jeu. On n'en dira pas autant des jeunes comédiens qui doivent se coltiner des scènes dites de terreur toutes plus cocasses les unes que les autres. A commencer par une attaque dans un van et l'apparition du tueur visiblement en manque d'inspiration et qui était plutôt accoutré pour aller braquer une banque dans sa tenue de camouflage !



Avec des meurtres édulcorés (ici pas besoin de censure) et son manque de surprise, voyons ce que l'on peut sauver. Deux choses au moins me viennent à l'esprit : une course-poursuite dans les couloirs d'un bahut désert et une magnifique décapitation sur la scène de danse. Pour le reste, rien de spécial à retenir car "Le Bal de l'horreur" va même jusqu'à foirer le whodunit...vous savez, le moment de la révélation du tueur et de la raison de ses agissements. Un final médiocre aux allures de chant du cygne pour sa comédienne principale qui bientôt tournera la page de l'horreur et restera longtemps fâchée avec le genre. Personne ne saurait l'en blâmer à la vision de ce Bal de l'horreur qui héritera de fausses suites dont le très réussi "Hello Mary Lou: Prom Night II" qui fera basculer la série dans la vengeance fantastique.

Réputé culte, le film de Paul Lynch est pourtant l'un des pires rejetons de son époque (on lui préférera "Carnage", "Meurtres à la St-Valentin", "Rosemary's killer" entre autres). Sa réputation, il ne le doit qu'à la présence de Jamie Lee Curtis. Guère étonnant que l'odieux remake destiné aux moins de 12 ans soit une sombre purge, quand le matériau de base se révèle aussi médiocre. Très mauvais slasher, Le bal de l'horreur n'est destiné qu'à une poignée de fans nostalgiques comme l'auteur de ces lignes, mais sinon il ne vaut pas la peine d'être vu.








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