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Le Dr Hamilton, un psychiatre, fait d'étranges cauchemars ; il rêve que Zé do Caixão lui enlève sa femme. Ses collègues avec l'aide de José Mojica Marins lui-même, tentent de le convaincre que tout cela est un délire et que Zé do Caixão n'existe pas.



Dernière réalisation horrifique notable de Marins avant son grand retour trente ans plus tard en 2008, "Delirios de um Anormal" est un film structurellement bancal. Autour d'une histoire servant clairement de prétexte à une accumulations de scènes plus hallucinées les unes que les autres - scènes coupées, colorisées différemment ou censurées de ses précédents films - Marins réussit malgré tout à créer un ensemble relativement homogène en réalisant ce qui fera le lien entre elles. L'intérêt n'étant de toute façon pas dans le script, il faudra à nouveau se laisser emporter par les délires visuels chers à notre brésilien préféré, délires qui seront, là encore particulièrement insensés.



Un peu à la manière de l'enfer de "Esta Noite Encarnarei no Teu Cadáver", on est donc témoin, cette fois pendant 1h20, d'un énorme trip halluciné qui porte, du coup, bien son titre. Si le recyclage peut paraître vain et l'entreprise elle-même assez discutable, c'est pourtant l'occasion pour nous d'être au plus près de la psyché de Marins. Alors qu'il était systématiquement contraint par la censure de mettre de l'eau à son moulin, ou de créer des œuvres plus abordables, ici les limites sont totalement bannies. Rarement plus gore ou érotique, "Delirios de um anormal" est surtout particulièrement difficile d'approche et ressemble plus volontiers à de l'art vidéo sous acides qu'à un film à proprement parlé - quand bien même fantastique. Si de nombreuses scènes nous sont déjà connues, elles n'en sont par pour autant rébarbatives ou redondantes car ici, l'assemblage s'avère encore plus cohérent dans sa logique jusqu'au boutiste - l'unité visuelle n'étant même pas respectée, le montage révélant encore plus la qualité différente des extraits utilisés.



Le résultat - extrême - est à rapprocher de "O Ritual dos Sadicos", film qui, lui aussi, utilise la figure de Marins, réalisateur au sein même de la fiction. L'usage de la dualité Marins/Zé, en plus d'être narcissique, est toujours amusante d'autant que l'artiste est présent à chaque fois pour des raisons scientifiques. Quand bien même le personnage de Zé ne toucherait personne, il est toujours montré comme l'ultime source de cauchemars, de peur et Marins, du coup, comme la personne la mieux placée pour les analyser.

L'amateurisme et l'irrationalité d'une telle idée serait agaçante si elle n'était pas si sympathique. Au fond, Marins tente de nous convaincre encore une fois du pouvoir horrifique et de l'importance de l'avatar qu'il s'est crée, avatar qu'il ne peut plus développer depuis 10 ans et qui reste figé dans l'esthétique et les limites des années 60. On ne pourra donc reprocher à Marins de ne pas tout faire pour défendre et faire perdurer sa création en dépit de nouvelles idées.



Cette œuvre - ce montage - va donc au bout de l'idée même d'exploitation, tout en restant assez originale. Marins invente de fait le "best of cinématographique" ; un film qui n'innove en rien, mais permet de jouir des meilleurs moments de Zé, offrant à travers un angle nouveau, la vision d'une œuvre et d'un artiste iconoclaste. Un best of toutefois totalement indigeste pour les néophytes !








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