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Réalisation
Martin Weisz

Scénariste
T.S. Faull

Date de sortie
2006

Genre
cannibales

Tagline


Cast
Keri Russell
Thomas Kretschmann
Thomas Huber


Pays
Allemagne

Production


Musique
Steven Gutheinz

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 1.8
(4 votes)
Katie Armstrong est fascinée par le cannibalisme, et en particulier par l'affaire Oliver Hartwin, qui a dévoré un homme, consentant, suite à une petite annonce passée sur le net. Dans le cadre de sa thèse, elle approfondit ses recherches, voulant en savoir toujours plus sur ce fait divers sordide. Mais sa quête se transforme bientôt en obsession...



Connaissez-vous Armin Meiwes ? Cet informaticien allemand né en 1961 s'est fait connaître en 2001 pour le meurtre de Bernd Jürgen Brandes. Si l'affaire a fait tant de bruit, c'est parce que la victime était consentante pour se faire tuer et dévorer par son meurtrier, désormais connu sous les surnoms de Metzgermeister ("maître boucher") ou de Cannibale de Rotenburg. D'abord condamné à 8 ans et demi de prison pour "homicide sur demande", Armin Meiwes fut finalement condamné en 2006 à la réclusion criminelle à perpétuité. On notera finalement qu'il prétend depuis être végétarien (!).

Une telle histoire ne pouvait évidemment pas laisser le cinéma indifférent. Aussi dès 2006, l'allemand Martin Weisz réalise un film sur le sujet, et se heurte rapidement à une interdiction qui empêchera le film d'être diffusé sur grand écran jusqu'en 2009 outre-Rhin, alors que le film est distribué dans le reste du monde, remportant même quelques prix ça et là, comme ceux du meilleur réalisateur et des meilleurs acteurs au Festival international du film de Catalogne. Un sujet sulfureux donc, qui devrait permettre d'aborder de manière frontale le cannibalisme, loin des jungles des antipodes ou du raffinement d'un Hannibal Lecter, et propice à faire naître un sentiment mêlant dégout et fascination. Et pourtant...



Qu'est-il donc passé par la tête du scénariste lorsqu'il a décidé que le film serait sans doute plus intéressant si on découvrait les événements par le biais d'une étudiante américaine venue étudier en Allemagne sur cette affaire ? Franchement, c'était sans doute la pire idée possible. Car non contente d'introduire les différents éléments de l'histoire à grands renforts de généralités, elle va surtout détruire chacune des tentatives d'incursion dans la psyché des deux hommes en intervenant d'une façon aussi opportune qu'un poil pubien dans la soupe. Si le but était de la rendre si irritante qu'on a envie qu'elle se fasse dévorer par le premier venu, c'est réussi, sinon c'est complètement loupé. Bref, la présence de ce personnage, interprété par Keri Russell (que je ne connaissais que pour avoir joué dans le dispensable Mission : Impossible 3) est le principal point noir du film. Mais ce n'est pas le seul.



Car franchement, sur les 90 minutes de film, je me suis franchement ennuyé pendant une bonne heure. Soixante minutes où l'on suit donc la jeune étudiante menant mollement une enquête inintéressante, l'occasion pour le réalisateur de nous proposer différents flash-backs concernant les deux protagonistes de l'affaire de Rotenburg. On découvrira ainsi les personnages pendant leur enfance, mais aussi à l'âge adulte tandis qu'ils s'acheminent peu à peu vers le repas final. Si l'idée n'est pas mauvaise sur le papier, c'est tout autre chose à l'écran. S'articulant autour d'événements fidèles de la vie de Meiwes et Brandes (renommés ici Oliver Hartwin et Simon Grombeck), le film accumule tous les poncifs possibles : la mère castratrice, la solitude, les masturbations devant l'écran d'ordinateur...On n'échappe à rien. Oh, on pourra évidemment me dire qu'il ne s'agit que d'éléments biographiques. Il n'empêche que c'est passablement chiant de toujours se voir servir les mêmes éléments psychologiques dans ce genre de film. Et qu'on aurait franchement gagné à voir le métrage s'en affranchir puisqu'il ne s'agit pas d'un documentaire...Un sentiment que n'arrange pas le rythme du film : c'est très lent, et comme il ne se passe strictement rien en dehors d'éléments vus des dizaines fois, c'est rapidement l'ennui qui l'emporte.



Et quand arrive finalement la dernière partie, et qu'on pense qu'enfin !!! il va se passer quelquechose, c'est une sacrée déception : il ne s'en passe pas beaucoup plus. Dès lors, difficile de ressentir cette fascination et cette répulsion qu'évoque pourtant plusieurs fois le personnage féminin, dont le parcours culmine par la découverte de la vidéo du meurtre tournée par le cannibale. Meurtre dont on ne verra finalement pas grand chose, d'ailleurs, et dont on ne ressent que rarement l'impact émotionnel qui aurait dû être présent. C'est d'autant plus dommage que le duo d'acteurs principaux est vraiment convaincant et méritait bien mieux. Oliver Hartwin est interprété par Thomas Kretschmann, acteur souvent présent dans des films ayant pour cadre la Seconde Guerre Mondiale (Stalingrad, U-571, Le Pianiste, La Chute, Valkyrie) et qui sera d'autant plus familier pour l'amateur de cinéma horrifique et fantastique qu'il a participé à de nombreux films de genre : "Le Syndrome de Stendhal", "Blade II", "Immortel, ad vitam", "Resident Evil : Apocalypse" ou encore le remake de "King Kong". A ses côtés, c'est Thomas Huber, habitué des séries allemandes, qui revêt le rôle de Simon Grombeck.

L'interprétation des deux personnages masculins restera donc comme la principale qualité d'un film qui, en dehors de cet aspect, ne réussit pas grand chose. Handicapé par un scénario laissant trop de place au cheminement inintéressant d'une étudiante, cette "Confession d'un cannibale" ne touche jamais ce qui faisait le sel du fait divers qu'il reprend, à savoir ce mélange entre fascination et horreur, et préfère sombrer dans la psychologie de comptoir. Dommage.








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