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La psychiatre Cara Harding est spécialisée dans l'étude des tueurs en série. Son père, lui-même psychiatre de renom, lui soumet le cas étrange d'Adam, patient atteint de schizophrénie. Après sa première entrevue, son père décide de lui montrer qu'Adam a plusieurs personnalités dont David, Wesley, etc... Cara découvre plus tard que les nombreuses personnalités de David sont toutes des personnes mortes sauvagement assassinées. Elle veut alors résoudre ce grave cas clinique, ce qui va la mener dans un univers inimaginable.



La schyzophrénie. Un des thèmes les plus utilisés dans le cinéma, principalement dans les thrillers et les films d'horreur, et qui continue à inspirer régulièrement les scénaristes. Tenez, Michael Cooney par exemple. Le réalisateur des inénarrables "Jack Frost" et "Jack Frost 2 : Revenge of the mutant killer snowman" est également connu pour avoir signé le scénario "Identity" dont le climax reposait en grande partie sur la schyzophrénie. Eh bien c'est ce même Michael Cooney que l'on retrouve à l'écriture de ce "Shelter", semblant ainsi montrer un penchant particulier pour le thème.

Un thème qui ne servira pas ici de simple retournement de situation final, comme c'est trop souvent le cas, mais est au centre même de l'histoire. En effet, nous suivons le cas d'un patient qui semble présenter plusieurs personnalités bien distinctes. Face à lui, une psychiatre selon laquelle la schyzophrénie n'est qu'une ineptie destinée à alimenter les romans et de mauvais films hollywoodiens. Et devinez quoi ? Les convictions de cette dernière vont être mises à rude épreuve. Un postulat de départ d'une folle originalité, hein ? Etudiant donc le jeune homme, elle va peu à peu remarquer que ses changements de personnalités ont également des effets physiques : l'un d'eux est handicapé, l'autre est daltonien, des radios ne montrent pas les mêmes caractéristiques...Plus troublant encore, elle va découvrir que ces diverses identités sont celles de personnes décédées plusieurs années auparavant dans d'étranges circonstances, et que le patient connait de nombreuses choses que ne pouvaient savoir que ces hommes décédés.



Si l'enquête reste relativement banale, il faut bien reconnaître que le mystère est assez intriguant pour permettre de suivre le film sans ennui malgré un rythme souvent lent. Les nombreux dialogues sont ponctués de quelques rebondissements bienvenus, coincidant généralement avec la découverte d'une nouvelle personnalité ou du destin d'une des identités utilisées par Adam (ou Wesley, ou David, ou...) dans des passages généralement réussis, d'autant que le changement de personnalité du patient se fait dans d'impressionnantes convulsions. De plus, nous ne sommes jamais perdus dans cette multitude, le scénario ne cherchant pas à brouiller les pistes mais nous accompagnant au contraire doucement vers les révélations successives. Une simplicité que certains pourront regretter, mais que je classe parmi les bons points de ce "Silence des ombres". On pourra néanmoins regretter que le classicisme du fond se prolonge jusqu'à une opposition science / religion qui manque également cruellement d'originalité et dont le parti-pris donnant le mauvais rôles aux non croyants pourra même en rebuter pas mal...En revanche, quelques idées sont plutôt intéressantes, comme ce mystère autour d'une contamination qui, là encore, accouchera malheureusement d'une explication maladroite.



Dans le rôle de la psychiatre Cara Harding, on retrouve avec un plaisir toujours intact Julianne Moore ("Les Fils de l'homme", "Hannibal", "Jurassic Park 2 : Le Monde perdu"), comme souvent impeccable, opposée pour l'occasion à Jonathan Rhys-Meyers, principalement connu pour son rôle de la série "The Tudors", qui a malheureusement tendance à jouer toutes les personnalités de son personnage de la même façon. On notera également la présence de Jeffrey DeMunn, que l'on retrouve régulièrement dans les films de Frank Darabont ("Les évadés", "La Ligne verte", "The Mist") et qu'on aura pu voir dans "Le Blob (1988)" ou plus récemment dans la série "The Walking dead". Un joli casting donc, dirigé par un duo de réalisateurs suédois : Måns Mårlind et Björn Stein, déjà auteurs de "Storm" en 2005 et futurs réalisateurs du prochain "Underworld". Ils nous offrent un film dont la réalisation reste très classique et formatée, malgré quelques plans très réussis. Leur plus gros défaut est finalement de multiplier les artifices pour vainement tenter de faire sursauter le spectateur, estimant peut-être que leur film tenait trop du thriller et pas assez du film horrifique...Toutes ces tentatives étant cousues de fil blanc, elles ne sont à aucun moment efficaces, et lassent rapidement. Le film aurait même sans doute gagné à se concentrer sur l'aspect thriller et à éviter ces incursions surnaturelles...



Sans rien apporter de bien nouveau au thème de la schyzophrénie et ne s'engageant dans le fantastique que sur la pointe des pieds, "Le Silence des ombres" (non mais franchement, c'est quoi ce titre français ?) reste néanmoins un thriller qui se laisse suivre avec intérêt grâce à un mystère plutôt intriguant et une enquête qui tient en haleine du début à la fin, ce qui est finalement ce qu'on demande principalement à ce genre de film. Malheureusement, le film sombre dans une explication mystico-religieuse irritante dont on peut se demander le but et flingue ainsi un film dont les premières minutes laissaient envisager bien mieux...

Disponible chez Wild Side Vidéo






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