RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2.4
(8 votes)
La Petite ville de Rivertown, 16 ans après la mort d'un tueur en série, essaie toujours de tourner la page. Les jeunes adolescents du coin participent à un rite initiatique consistant à commémorer au bord d'une rivière la fin de ce tueur. Mais voilà que l'intervention des forces de police empêche, pour la première fois, le rituel d'aller jusqu'au bout et des disparitions commencent dans les environs. Ceux qui semblent concernés sont les sept enfants nés la nuit où le tueur est mort. Celui-ci est-il de retour ? S'est-il réincarné la nuit de son décès ?



My soul to take est le premier film tiré d'un scénario original de Wes Craven depuis "Freddy sort de la nuit" en 1994. Ce qui est en soi un événement. Mais le film est-il à la hauteur des attentes ? Après tout, le célèbre cinéaste âgé maintenant de 71 ans a connu tellement de déboires dernièrement ("Cursed") que toutes les craintes étaient permises. Si l'on est rassuré quant au savoir-faire technique de Craven qui sait encore faire illusion (on est loin du désastreux "Giallo" d'Argento), le scénario à tendance teenager est loin d'être convaincant. On se rassurera comme on peut en se disant que les thèmes chers au réalisateur se retrouvent dans cette production anonyme certes mais bien moins crétine que "Le Pacte du sang" de Renny Harlin.



Réalisateur inégal, on est peu surpris de voir Wes Craven à la tête d'un film mineur mais qui est loin d'être la bouse tant décriée. Car soyons franc, il a fait bien pire dans le passé. Mais là où c'est peut-être le plus embarrassant, c'est qu'on a l'impression d'assister à un best of de l'œuvre du cinéaste. Tout y passe : "Les Griffes de la nuit", "Shocker", "Scream"...
Sur un scénario peu ambitieux, il recycle ce qui a fait sa gloire passée. Adolescents en désarroi, absence de repères parentaux (morts, absents ou menteurs), humour venant désarçonner le spectateur, etc., tout y est. Dommage que l'ensemble du long-métrage ne soit pas à la hauteur de la scène d'introduction avec son tueur schizo et une scène de meurtre plutôt marquante avec une jeune fille échappant de peu à la mort donnée par les mains paternelles. Il ressort un petit côté poétique du corps de la mère assassinée alors qu'elle était enceinte. Par la suite, le réalisateur se contentera d'une mise en scène fonctionnelle.

Nous suivons les traces du jeune Adam Heller alias Bug (Max Thierot) en proie aux moqueries de ses petits camarades. Cette partie se déroulant au lycée est malheureusement trop dans l'air du temps, et la seule idée originale qui en ressort est celle où l'on aborde le Condor (l'occasion de balancer sur les origines indiennes des USA) lors d'un exposé aux relents moqueurs. Pas très finaud néanmoins dans son approche des émois adolescents, l'histoire de My soul to take se veut une approche renouvelée de la malédiction familiale (et jusqu'à quel point, les enfants sont les héritiers de leurs parents, même jusque dans leurs crimes ?).



Sans être un déluge de scènes gore, les meurtres ne sont pas particulièrement édulcorés, il flotte dessus sur tout cela comme un parfum du "Scream" du pauvre auquel la dernière partie fait immanquablement penser avec des allers-retours par les fenêtres à guillotine (la touche Williamson mais sans le scénariste cette fois-ci). Quelques séquences avec un Adam schizo se parlant tout seul donnent un aspect étrange à ce slasher qui ne dit pas son nom. Car il s'agit bien d'un équarrissage en règle de toute une bande de jeunes qui constitue la cheville ouvrière de cette vengeance post-mortem, avec toujours la volonté de surprendre par l'identité du tueur. Mais sans jamais réussir à nous effrayer.



Pas toujours crédible (l'aveugle qui grimpe aussi par la fenêtre reste un grand moment ?!!!!!), le scénario s'avère amusant avec des retournements de situation et une recomposition familiale/révélation plutôt bien placée même si le caractère roublard de l'entreprise ne fera guère illusion lors d'une seconde vision et pourra même irriter. My soul to take fait office de prélude à "Scream 4" qui nous fait osciller entre craintes et espoirs. En espérant que le scénario soit mieux ficelé qu'il ne l'a été ici et qu'il ne s'agisse pas d'une ultime descente aux enfers pour le créateur de Freddy !

Anciennement connu sous le nom 25/8 (date de la mort du tueur)

Reconverti en 3D