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Réalisation
Jorge Michel Grau

Scénariste
Jorge Michel Grau

Date de sortie
2010

Genre
cannibales

Tagline


Cast
Adrián Aguirre
Miriam Balderas
Francisco Barreiro
Paulina Gaitan


Pays
Mexique

Production


Musique
Enrico Chapela

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.8
(5 votes)
Quelque part au Mexique, dans une rue commerçante, un vieil homme succombe à une attaque et mord la poussière, avant d'être balayé comme n'importe quel autre déchet. Il laisse sa femme et ses trois enfants abandonnés à leur sort, eux qui comptaient sur le patriarche pour les protéger et les nourrir. Car cette petite famille pauvre, plutôt que de céder au larcin, s'est mise au cannibalisme voilà quelques années. L'une des trois progénitures - des adolescents aux caractères aussi trempés que différents - devra prendre le relais...



On croyait avoir tout vu au pays des mangeurs de bonne chair (humaine) : de la survie comme excuse aux sectes gourmandes, en passant par la farce gastronomique et les sauvages adeptes du barbecue rital : il fallait peut-être un regard moins focalisé sur le genre lui-même pour redécouvrir le fléau cannibale sur grand écran. Ne nous jugez pas (anciennement "Nous sommes ce que nous sommes") est une réponse à cela, comme le fut Les cannibales de Manuel de Oliveira en son temps.



De la même manière que les vampires de "Morse" ne faisait pas de l'œil à toute une nuée de vampires cinématographique, les cannibales de Ne nous jugez pas ont un ancrage social très fort qui les délestent (partiellement) de leur imagerie horrifique originelle : la structure même reprend celle de la série Six Feet Under, du patriarche fraîchement décédé en passant par la mère esseulée (au physique très proche de celui de Frances McRoy), et le trio d'enfants perturbés et perturbants : les deux frères (dont un homosexuel) et la sœur délaissée. Très surprenant.



Les fans de festins juteux seront pris de cours, dans une entreprise plus ‘auteurisante' qu'éprouvante, totalement dépressive et paradoxalement matinée d'un coulis d'humour noir parfois bien senti ("on fait les tacos, tu fais la sauce"). D'ailleurs, les violons du score musical ne trahissent pas l'entreprise : ce sera grinçant.
On regrette pourtant que le mode de vie de la famille ne soit pas plus éclairé, le jeune réalisateur se contentant parfois d'allonger des scènes plus anodines (le cache-cache entre Alfredo et son amant/victime) ou de faire jouer en parallèle une enquête policière – menée par deux loosers - forcément moins intéressante. C'est pourtant dans les non-dits (le parfum d'inceste ou les rituels étranges ouvrant la préparation des corps) que le film fait parfois mouche ainsi que dans sa mélancolie acide (la complainte d'une sdf cueillant une séquence d'un lyrisme inattendu).



Le cannibalisme, peu montré, se prend des airs équivoques : tout ce qui est dévoré semble se rapporter à un désir enfoui et sauvage, de la prostituée que tripote littéralement le turbulent Julian, au minet séduit par Alfredo, le quidam reluqué peu discrètement par la jolie Sabina ou le chauffeur de taxi sodomisant la mère de famille à l'arrière du véhicule. La chair appelle la chair.

Le sujet n'est pourtant jamais pris à bras le corps, sauf dans une dernière partie pressée d'en finir avec le potentiel horrifique qui lui est à charge : la tournure tragique amuse dans le chaos qu'elle distille (avec un peu de gore pour faire illusion), et fruste par d'autres aspects (incohérences et éléments précipités). Le résultat en est aussi fascinant qu'inabouti : trop cuite la viande ?

Disponible en DVD chez Wild Side Vidéo






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