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Une voiture est retrouvée sur le bord de la route, abandonnée de ses passagers. Un policier se rend sur place et découvre une jeune femme, une pioche à la main, tétanisée et abattue. Cette dernière est alors amenée à l'hôpital du coin où elle raconte à la police l'horreur à laquelle elle a survécu : un individu sorti de nulle part s'en est pris à eux, massacrant ses amis un par un sans la moindre pitié. L'établissement de santé, qui est sur le point de fermer définitivement, n'accueille plus que quelques patients et le service de soin est réduit à son strict minimum. Quand la jeune femme apprend que l'on vient de ramener les corps de ses amis ainsi que celui de leur bourreau à la morgue de l'hôpital, elle est loin d'imaginer que le monstre sanguinaire qu'elle a affronté n'en a pas fini avec elle…



On parle beaucoup depuis le début du siècle du renouveau du cinéma de genre en Grande-Bretagne, des prouesses techniques et des films de tension espagnols ainsi que de cette flopée de films sanglants et violents venue de France. Mais une quatrième contrée européenne commence progressivement à se dévoiler, c'est le cas de la Scandinavie qui nous fait part de bons films de genre depuis quelques temps, à l'image des "morse" et "tale of vampires" suédois, des "dead snow", "cold prey" et "manhunt" norvégiens ou encore de certains thrillers tels que "millénium" et "next door" en provenance du Danemark et de la Suède.

Sorti en 2006, "cold prey" faisait partie de ces slashers qui ne tombaient pas dans la routine contemporaine mais qui au contraire nous gratifiaient de bien bonnes choses (ambiance pesante, tueur nerveux et sanguinaire, casting quasi impeccable, rythme fort bien maintenu, paysage hivernal à perte de vue faisant parfois froid dans le dos et renforçant ce sentiment de solitude et de détresse…). C'est donc avec beaucoup d'impatience que nombreux sont ceux qui attendaient la suite de ce slasher scandinave. Heureusement pour eux, ils n'auront pas à attendre longtemps car c'est deux ans plus tard qu'arrive le second volet tant attendu, intitulé sans surprise "cold prey 2" ("fritt vilt 2" chez nos amis du Nord).

Arrêtons-nous quelques instants sur cette suite (qui ne sera d'ailleurs pas la dernière…) et voyons si celle-ci réussira à nous enthousiasmer autant que le premier opus.




Niveau scénario, "Cold prey 2" est une suite directe du premier opus, en effet le film de Mats Stenberg (Roar Uthang n'étant plus aux commandes mais uniquement au scénario) commence là où son aîné s'est arrêté : la police arrive sur les lieux des crimes et découvre la jeune Jannicke perdue au milieu de nulle part, choquée par tout ce qu'elle vient de vivre durant ce week-end de snowboard sanglant.
On reprend donc les mêmes ficelles qui ont fait le succès du premier volet et on redémarre. Voilà en quelque sorte la façon de penser de l'équipe du film et cela n'a rien de surprenant : quitte à faire une suite, autant garder les bons éléments du premier opus qui ont fait son petit succès et tenter de construire quelque chose qui tient la route et ne risque pas de trop souffrir de la comparaison avec son aîné.

Mais malheureusement, la comparaison entre les deux œuvres montre bel et bien des différences ne plaidant pas en la faveur du deuxième opus, ce dernier reprenant bien les ficelles de son aîné mais n'arrivant cependant pas à atteindre un niveau similaire.

En effet, la chose la plus flagrante est ce manque d'originalité, cette sensation de vivre là un slasher plutôt routinier, classique, une œuvre comme qui dirait "pré-machée". Le film demeure assez prévisible et les quelques rebondissements que l'on se surprend à imaginer n'arrivent jamais, le fil conducteur étant des plus basiques et ne cherchant pas à surprendre un public pourtant friand de nouvelles perspectives, d'innovation (juste pour l'anecdote, je pense à ce passage dans la première partie du film où l'on nous montre d'autres cadavres dans la crevasse et non pas seulement ceux des personnages du premier opus : je me suis alors surpris à penser "et si le tueur avait en fait un complice nécrophage et cannibale au fond de la crevasse à qui il envoyait de la viande fraiche ou quelque chose de ce genre…" Mais non il n'en est rien, le tueur est bien le même que celui du premier volet, rien de bien nouveau donc).

La crédibilité n'est d'ailleurs pas toujours au rendez-vous dans cet opus, certains passages en étant totalement dépourvus. On citera notamment le fait que le tueur, bien qu'il soit tombé dans une crevasse et se soit fracassé la nuque contre le sol gelé, n'est pas mort : au contraire, il semble bien plus costaud que dans le premier volet! Une sorte de Myers ou Voorhees qui ne meurt jamais en quelque sorte… L'une des essences même des grosses sagas slasheresques : le tueur ne meurt pas et revient toujours dans un prochain épisode!
Il en est de même pour certaines réactions des personnages manquant cruellement de réflexion (pour exemple, notre héroïne a à sa portée un tueur inanimé au sol, mais qui a tout de même survécu auparavant à une chute dans une crevasse et qui a fracassé une ribambelle de policiers juste après, mais cette dernière ne cherche même pas à s'assurer que ce dernier est bien mort alors qu'il n'a reçu qu'une seule balle auparavant…) ainsi que pour la toute fin du métrage que l'on pourra trouver un peu expéditive et peu crédible…



Niveau rythme et ambiance, "cold prey 2" reste très acceptable. L'ambiance est bien pesante (concernant ce nouveau huit-clos, on troque cette fois-ci l'hôtel lugubre et abandonné par un hôpital en fin de vie avec ses longs couloirs sombres, nous rappelant alors sans hésitation l'excellent "halloween 2" de Rick Rosenthal), et l'isolement, malgré qu'il soit un peu moins bien ressenti ici (la présence de deux fois plus de personnages et le fait que l'on ne soit plus perdu au milieu des montagnes dans un hôtel abandonné rendent l'atmosphère un peu moins oppressante), demeure toutefois l'un des ingrédient faisant la force de cette saga scandinave.

Pour ce qui est du rythme, là aussi nous n'arrivons pas à atteindre cette pression omniprésente qui nous tenait en haleine tout au long du premier volet, la faute à quelques longueurs à certains moments du film. Cependant, "cold prey 2" a toutefois l'avantage de proposer quelques passages bien nerveux mettant en scène un tueur des plus redoutables (il faut le voir faire voltiger ses victime d'un coin à l'autre d'une pièce) où combats, course-poursuites dans les longs couloirs de l'hôpital et gunfights sont de la partie (la scène de combat finale est d'ailleurs assez intense).

Pour ce qui est du casting, on ne pourra pas reprocher grand-chose à "cold prey 2" (comme c'était déjà le cas du volet précédent où seule la blonde très gamine nous tapait sur les nerfs) qui s'en sort peut-être même encore mieux que son aîné.

Notre tueur est toujours aussi coriace et donnera beaucoup de fil à retorde à nos héroïnes, ce dernier se montrant encore plus hargneux et se permettant même de faire des pièges à ses victimes (contrairement au premier opus où c'était plutôt lui qui tombait dans les pièges…).
On retrouve notamment, parmi nos héroïnes, Ingrid Bolso Berdal dans le rôle de Jannicke, une jeune femme farouche et intrépide qui n'hésitera pas à affronter en face à face notre imposant tueur à la pioche. Une actrice remarquable.
Enfin, pour détendre un peu l'atmosphère, signalons le petit zest d'humour (que nous avions déjà dans le premier volet avec Morten) ajouté par le personnage de la grand-mère atteinte d'Alzheimer qui cherche tout le temps les toilettes (d'ailleurs, on s'amuse à voir que cette petite vieille ne rencontre à aucun moment notre homme à la pioche!)



Finissons comme il se doit cette critique par l'aspect visuel du film. Là encore, on reste scotchés par l'esthétisme et le soin apportés à la photographie. Certes, les pays scandinaves offrent de bien beaux panoramas (les plaines enneigés, les montagnes blanches à perte de vue…) mais même les intérieurs sont soignés : à la manière d'un "halloween 2", notre tueur rôde dans les longs couloirs parfois sombres d'un hôpital où nombreuses sont les pièces et chambres communiquant et semblant se refermer sur nos malheureuses victimes comme un piège labyrinthique.

Les effets gores sont également soignés et, malgré que ces derniers soient assez peu nombreux, semblent plus saignants que dans le volet précédent.
On retrouve ici les bonnes vieilles manies de notre tueur (coups de pioche, arme de prédilection sans hésitation, et le fameux coup des cervicales) mais ce dernier tente également d'innover un petit peu le temps de 10-15 secondes en nous gratifiant d'un massacre éclair à coup d'extincteur (certes, la scène demeure plus poignante et longue dans "irréversible" mais bon…) mais là encore le manque d'innovation se fait tout de même ressentir…
Par contre, notre tueur semble plus déterminé ici : ce dernier, à la façon d'un Jason Voorhees, ne cherche plus à comprendre et élimine illico presto quiconque se présente face à lui (dans le premier opus, à deux reprises il avait laissé vivre des victimes pour les tuer un peu plus tard).

Au final, ce deuxième opus de "cold prey" demeure une suite plutôt sympathique, reprenant les éléments ayant fait le succès du premier volet mais ne réussissant cependant pas à égaler la qualité de son aîné, la faute principalement à un manque d'originalité, un rythme et une ambiance vues un peu à la baisse et quelques passages manquant cruellement de crédibilité. Restent cependant des scènes bien nerveuses (notre tueur étant bien plus hargneux et décidé à en découdre que dans l'opus précédent) et un casting de très bonne facture.








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